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Burkina Faso (03) : Issaogo

Ecrit le 7 janvier 2004 -

 L’eau manque à Issaogo

Pour beaucoup de jeunes, la découverte de l’Afrique Noire est un objectif à réaliser. Deux jeunes filles (dont Alexandra Tessier, d’Erbray), pour mettre à profit leurs études, sont allées au Burkina Faso réaliser leur mémoire de fin d’études en agronomie et protection de l’environnement. Elles font partager leur expérience et appellent à votre solidarité.

 Pourquoi le Burkina Faso ?

Parmi tous les pays Africains, nous avons choisi le Burkina Faso car c’est en effet un des pays les plus pauvres au monde, néanmoins, il est très dynamique dans ses actions de développement agricole et sanitaire. Ce pays, sahélien et continental, se situe au cœur de l’Afrique Occidentale. Il est limité au nord et l’ouest par le Mali, à l’est par le Niger, et au sud par le Bénin, le Togo, le Ghana, et la Côte d’Ivoire.

Ce pays a longtemps souffert d’une mauvaise politique de développement principalement dirigée par les pays du Nord. Les acteurs principaux (la population locale), étaient peu sollicités dans les prises de décisions pour les projets, affectant ainsi la durabilité de chaque action. Ces échecs ont permis de définir une nouvelle politique de développement désormais basée sur la participation villageoise.

Aujourd’hui, tout projet prend naissance grâce à l’initiative   locale et se concrétise avec le soutien de partenaires financiers et techniques. C’est à travers notre expérience au sein du village de Issaogo que vous pourrez vous rendre compte du dynamisme et du courage des villageois burkinabés.

 Issaogo en difficulté

Issaogo est un village du Burkina Faso situé dans la région Centre Nord du pays. Cette région fait partie de la zone la plus touchée par le phénomène de désertification, qui se traduit par une dégradation des sols agricoles. Issaogo est caractérisé par un enclavement, il ne possède en effet aucun accès routier et très peu d’infrastructures. La difficile accessibilité représente un handicap pour les villageois car ils ne sont pas prioritaires sur la plupart des projets existants dans le pays (par exemple celui de la politique nationale qui permet 1 forage d’eau pour 300 habitants alors qu’Issaogo n’en possède que 4 pour 6000 habitants ou encore les programmes touchant le développement des écoles...).

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Enfant

De plus, le village d’Issaogo connaît de multiples difficultés liées au contexte économique et aux contraintes physiques (climat aride caractérisé par de longues sécheresses et des pluies torrentielles). Ainsi l’économie du village s’inscrit dans un contexte de subsistance marqué par des famines de plus en plus fréquentes.

Le manque de nourriture s’accompagne aussi d’un manque d’eau : l’eau est une denrée rare pour le village. L’accès à l’eau au village est limité aux quatre forages, insuffisants pour la population, et aux points d’eau qui tarissent dès le mois de janvier. Aussi, les villageois sont-ils confrontés à des problèmes d’hygiène (les habitants sont contraints de boire l’eau des marigots), d’épuisement (les femmes doivent parcourir plus de 10 km à pied pour trouver de l’eau pendant la saison sèche) et des difficultés concernant l’abreuvage des animaux (l’année dernière les éleveurs ont perdu la moitié de leur cheptel). Malgré cela, ils ont entrepris beaucoup d’actions dans le domaine de l’agriculture (protection des cultures contre l’érosion par la confection de diguettes en pierres) et de la préservation de l’environnement (reboisement et mis en défend).

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Forage

 Soutien et Initiatives

Il existe aussi des initiatives culturelles avec la mise en place d’un centre culturel formant des troupes de danse et organisant un festival départemental tous les trois ans.

Ces efforts se font grâce au soutien de l’association villageoise pour développement local (Association Nong b Zanga).

Notre étude au sein du village consistait à améliorer l’approvisionnement en eau par la création d’un barrage et valoriser celui-ci par la mise en place de périmètres irrigués. Les villageois se sont engagés physiquement et financièrement depuis la conception jusqu’à la réalisation du barrage. Les dossiers de financement étant en cours, le projet devrait être réalisé d’ici un an. Cette première collaboration a permis d’établir une relation de confiance entre les villageois et nous. C’est pourquoi, ils nous ont aussi confié leur projet de construction d’un dispensaire auquel ils travaillent depuis plusieurs années. L’accès aux soins demeure inexistant à Issaogo. En effet, le dispensaire le plus proche se situe à plus de 25 km, sachant qu’en saison des pluies pour réaliser une telle distance, cela peut prendre plus de trois heures avec les moyens de locomotion locaux. La situation est souvent malheureuse pour les villageois : plusieurs femmes sont mortes en couches car elles n’ont pas pu se rendre au dispensaire à temps. Face à cette situation alarmante, la population d’Issaogo a pris l’initiative   de la construction d’un dispensaire.

Ce projet existe depuis longtemps, l’autorisation de construction d’un dispensaire est obtenue et l’Etat s’est engagé à mettre à disposition deux infirmiers une fois le dispensaire construit. Dès le début de 2004, une cotisation sera mise en place par les habitants afin de commencer les fondations du dispensaire.

 « lafi, la vie »

L’Etat Burkinabais ne finance pas ce type de projet, aussi le village d’Issaogo est dépendant de l’aide extérieure. C’est pourquoi nous avons créé l’association « lafi, la vie », lafi signifiant la santé en Moore, la langue locale. Notre objectif est de récolter des fonds pour la construction du dispensaire par l’organisation d’événements culturels au sein des écoles (contes et conférences) et des communes. Ces événements prendront forme dès le mois de mars 2004. Nous espérons vous voir nombreux à ces occasions.

Le dynamisme de ce village est très fort mais la santé reste un problème majeur car elle demande des moyens financiers importants auxquels les habitants ne peuvent pas faire face. La construction d’un dispensaire est une étape indispensable dans la vie d’un village pour accéder à un développement durable.

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Ecrit le 4 janvier 2006 :

L’association Lafilavie (Laafi veut dire : la vie, au Burkina) a été créée en mars 2004 par trois jeunes filles qui, dans le cadre de leurs études agronomiques, ont fait un stage de découverte au Burkina Faso pendant 4 mois.

L’une des jeunes filles, par exemple, était chargée de réaliser l’étude d’impact d’un projet de construction d’un barrage pour le village de Issaogo.

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Première pierre - juin

La rencontre avec l’association villageoise Nongbzanga (Association pour le Développement Communautaire), qui se mobilise pour le développement du village, l’a incitée à créer une association partenaire pour soutenir leurs actions. Ainsi est née l’association « Lafilavie » dont le siège social est à Erbray.(On peut trouver toutes sortes d’explications sur le site http://lafilavie.free.fr.)

L’association Lafilavie a dressé le bilan de ses actions depuis une vingtaine de mois.

 Partenariat

Lafilavie, en France, recherche des partenaires techniques et financiers.

Nongbzanga, à Issaogo, s’occupe de la gestion opérationnelle des projets en créant des équipes de villageois pour la mise en œuvre des actions et en cherchant des partenaires locaux.

L’implication des villageois est également financière, leur association ayant mis en place un système de cotisations.

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Fondations

 Deux projets en cours

1). la création d’un Centre de Santé et de Promotion Sociale (dispensaire, dépôt pharmaceutique, maternité, sensibilisation à l’hygiène).

La pose de la première pierre du dispensaire a été faite en juin 2004. Les travaux sont en cours. Le terrassement, la maçonnerie et la première partie de la couverture ont coûté 4650 € (dont 4000 € de Lafilavie et 650 € de cotisations villageoises). Pour 2005-2006, les travaux sont prévus à hauteur de 16 800 €.. (fin de la couverture, plomberie-sanitaire, peinture, électricité, toilettes, etc).

De plus, le local pharmaceutique devrait coûter 2270 €. (terrassement, maçonnerie, couverture, peintures).

2). la création d’un barrage à échelle villageoise : un bassin artificiel pour retenir les eaux pluviales, la création d’une rizière pluviale, de deux hectares de maraîchage et la plantation d’arbustes.

Il s’agit de construire une digue de 400 m de long, pour créer un bassin de 100 000 m3. L’étude socio-économique et écologique est faite, de même que l’étude de faisabilité. Il reste à passer à la réalisation : 110 000 € sur 3 ans.

L’association Lafilavie, vient de nouer un partenariat avec l’ONG « Hydraulique Sans Frontières » et de recevoir le partenariat d’étudiantes en médecine de Paris (Lariboisière).

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Le coeur à l’ouvrage

En juin 2005 Lafilavie a reçu le label alimentation 2004 décerné par la ville de Lille dans le cadre de l’axe : « l’alimentation : un droit à la qualité pour tous à défendre ».

Une association locale qui se démène avec succès !

Pour tout renseignement contactez Alexandra Tessier et Caroline Thibaut.

Courriel : lafilavie@yahoo.fr

Pour des photos et davantage d’explications : http://lafilavie.free.fr


Ecrit le 4 janvier 2012

 Association KOOM : Une carte d’identité pour les femmes

Côté soleil, voici le site du journal burkinabé « Le Nord » avec lequel La Mée est en relation. Un des articles raconte : venue du village de Réko, Alimata Sawadogo est âgée de 53 ans. Elle n’a jamais possédé ni un acte de naissance, ni une carte d’identité depuis sa naissance. Elle raconte : « c’est l’association Koom qui m’a offert mon acte de naissance en 2008. Et cette année, elle m’offre encore une Carte Nationale d’identité. Je ne saurai comment remercier ». Posant la main sur la fiche d’inscription pour la prise des empreintes digitales elle poursuit « Maintenant si je quitte mon village pour une autre localité, même si la mort m’emporte en route, je sais que les passants pourront connaître mes origines. Je n’ai plus besoin de quelqu’un pour ouvrir un compte, ni toucher de l’argent si besoin en était. ». Ce n’est pas le cas pour certaines femmes vivant en milieu rural. Elles sont encore des centaines de milliers ne disposant toujours pas d’un document d’identification, une entorse à leur droit élémentaire.

Une action de l’association Koom va permettre à plus de 500 personnes de 22 villages de la province du Yatenga de posséder désormais leur carte nationale d’identité. L’un des objectifs de l’association KOOM est la promotion des droits humains surtout ceux de la femme en milieu rural.

Journal le Nord - Association KOOM

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