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Brésil (04) : Lula président

Ecrit le 8 janvier 2003

Pourquoi la France a-t-elle ignoré Lula ?

Réponse :

En n’envoyant que son secrétaire d’Etat au Tourisme  , la France a manqué l’occasion de saluer l’arrivée à la tête du Brésil de Lula da Silva, un homme porteur d’un immense espoir pour son peuple mais aussi pour tous ceux d’Amérique latine et, au-delà, pour le Sud.

Dix-huit chefs d’Etat étaient présents à Brasilia auprès de cet ancien ouvrier métallurgiste , qui entend chercher une autre voie que la dictature et le populisme contre la pauvreté et la faim qui ravagent son pays.

L’absence française rappelle celle des autorités nationales, il y a un an, lors des obsèques de Léopold Sédar Senghor, ancien président du Sénégal, ancien député et écrivain français. D’un côté la France multiplie les discours sur la solidarité avec les pays du Sud. De l’autre elle ignore superbement ceux qui y incarnent l’espérance démocratique et prônent l’universalisme : le dialogue des cultures, le métissage, la farouche volonté d’indépendance.


(écrit le 29 janvier 2003) :

Lula da Silva

Du journal O estado de Sao Paulo, 23 janvier 2003

Lula da Silva, un des critiques les plus virulents, dans le passé, du Forum de Davos, s’y rendra cette année comme chef d’Etat de la République Brésilienne. « Il y exprimera sans doute son hostilité de principe à l’économie de marché. Sa présence à Davos sera le symbole d’un refus du système économique mondial : contre le déséquilibre qui existe entre les nations prospères et les autres, contre la « liberté du commerce » qui n’est en fait que le protectionnisme des sociétés puissantes contre les pays pauvres, contre la politique des subventions agricoles qui favorisent les pays riches et détruisent les productions de pays pauvres, contre l’arrogante hyper puissance américaine qui envisage sereinement une guerre mondiale favorable à ses propres intérêts »

Au moment de « boucler » ce numéro de La Mée nous ne savons pas encore ce qu’a dit Lula da Silva, au forum de Davos. A Porto Alegre il a promis de dire qu’il est inconcevable de « perpétuer un système qui fait que certains mangent cinq fois par jour et que d’autres passent cinq jours sans manger » ; que « les enfants noirs ont autant le droit de se nourrir que ceux aux yeux bleus des pays nordiques » ; que « le monde n’a pas besoin de guerre mais de paix » et qu’il « serait plus heureux si les dépenses d’armements servaient à « tuer » la faim ».

Lula da Silva représente un espoir pour les peuples latino-américains. Aura-t-il la possibilité d’aller au delà des grands principes ? Aura-t-il les moyens de sa politique ou sera-t-il affronté aux puissances économiques et financières ? Déjà le real, monnaie brésilienne, est au plus bas face au dollar. Le passé a montré que les puissances ne reculent devant rien, même pas le crime, pour se débarrasser de ceux qui se dressent sur leur route.

Les années à venir, dans le monde, sont des années de grave incertitude.