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Autriche

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Date à préciser

Autriche :
demi-tour à droite, droite !

Sauf retournement de situation de dernière minute, en Autriche, pays natal d’un certain caporal Adolf HITLER, les néo-nazis du F.P.ö de JöRG HAIDER s’apprêtent à investir le pouvoir en entrant dans un gouvernement de coalition avec la droite du öVP. Il faut dire que le parti néo-nazi en obtenant 26,9 % des voix aux élections législatives d’octobre 1999, devançant ainsi la droite de l’öVP, et obtenant la deuxième position derrière les socialistes du SPö (qui ne disposent eux-mêmes que d’une majorité relative), détient la clef de l’accès au gouvernement de l’Autriche : c’est ainsi que jadis le parti nazi d’Adolf HITLER fit son entrée dans le gouvernement en janvier 1933 ; on connaît la suite.

C’est ainsi, aussi, que les néofascistes italiens de Gian-franco FINI firent en 1994 leur entrée dans le gouvernement du douteux BERLUSCONI, après l’effondrement sous les scandales et la corruption de la Démocratie Chrétienne italienne qui avait gouverné l’Italie pendant 50 ans avec la complicité active du Vatican. Fort heureusement la déconfiture rapide du même BERLUSCONI n’a pas permis aux néo-fascistes italiens de s’installer durablement au pouvoir, une coalition de gauche (plurielle) ayant permis à la jeune démocratie italienne de reprendre les affaires en main avec Romano PRODI puis avec Massimo d’ALEMA

Risque KOHL-OSSAL

Mais cette fois-ci, il y a plus grave encore Si l’on en croit Heribert PRANTI de Der Spiegel dans un article sélectionné par le Courrier International, c’est en Allemagne même que risque de surgir un nouvel « HAIDER » allemand dans la foulée de la désintégration accélérée de la démocratie chrétienne allemande (C.D.U.) sous le poids des énormes scandales financiers qui éclatent et des révélations du « système KOHL »

Héribert PRANTI écrit notamment : « En Italie, lorsque la révolution des juges a débuté, tout le système étatique était fondé sur la corruption. La corruption existe aussi en Allemagne, mais elle est l’exception, non la règle. En Italie, la classe politique tout entière avait fait main basse sur l’Etat.

En Allemagne KOHL et consorts se sont emparés de la C.D.U.. Cependant un pourrissement partiel de la C.D.U. est plus dangereux pour l’Allemagne que ne l’était pour l’Italie le naufrage de la Démocratie Chrétienne. L’Italie, après guerre, selon le politologue Peter LÖSCHE, était sous la coupe de quelque 200 hommes politiques, alors qu’en Allemagne, le pouvoir était tenu par les partis, dont la C.D.U. était le plus important. C’est à celle-ci, en effet que l’Allemagne doit l’économie sociale (sic) de marché, l’ancrage à l’Ouest, la réconciliation avec la France, l’unification européenne, et l’arrimage d’une grande partie du pays à la démocratie »

Place nette

au Führer

Or, ajoute-t-il, « Il n’est pas question seulement des millions que KOHL a détournés vers les caisses noires.

KOHL a ruiné la démocratie interne de la C.D.U. et sa respectabilité. Sous sa tutelle, le parti s’est rongé de l’intérieur. Des conventions pernicieuses se sont instaurées, tant sur le plan financier que politique.(…) La plupart des responsables du parti, qui apprennent chaque jour de nouveaux éléments sur les sources et les canaux financiers du système KOHL, n’avaient pas bronché. Ils se sont tus, ils ont filé droit : KOKL a brisé les reins de la C.D.U. »

La conclusion est évidente : « Pour la première fois dans l’histoire politique allemande avec la CDU/CSU, un conglomérat politique, à la fois conservateur et national, chrétien et social, bourgeois et libéral, s’était constitué en un grand parti solidement établi dans la société ; le danger est la désintégration du parti : Car les éléments issus de cette scission risqueraient fort de céder aux tendances nationalistes et autoritaires actuelles. Certes, il n’existe pas encore de « HAIDER » allemand, mais il peut en émerger un à tout instant, peut-être même dans les rangs des hommes politiques aujourd’hui établis ! »

Précision utile : L’Autriche a environ 7 millions et demi d’habitants, l’Italie près de 58 millions et l’Allemagne pèse près de 80 millions d’habitants

Jean GILOIS