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Décentralisation

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écrit le 4 décembre 2002

Ce qu’on vous cache :
Cachez le Conseil d’Etat

Lu dans Bastille-République-Nation du 18 novembre 2002 : « L’avis du Conseil d’Etat ? je m’en fous ! Cette élégante sentence n’a pas pour auteur un nostalgique des barricades. Elle émane du Président du Conseil Régional de Bretagne JOSSELIN de ROHAN, qui préside également le groupe U.M.P. au Sénat. Le Conseil d’Etat considère que l’article prévoyant que « l’organisation de la république est décentralisée » n’a pas sa place parmi les principes énoncés à l’article 1 de la Constitution (égalité, unité, indivisibilité) puisqu’il fait référence à une notion d’organisation administrative et rappelle que la libre administration des collectivités est déjà inscrite dans la Constitution (art. 34 et 72). Par ailleurs le Conseil constate que le principe d’expérimentation ne peut que déroger au principe d’égalité entre les Citoyens. Par ailleurs DEVEDJAN précisera lors du débat sénatorial : il n’est pas question de communiquer l’avis du Conseil d’Etat qui doit être tenu secret ».

Etrange débat républicain qui augure de funeste façon le technocratique Etat fédéral Européen qu’on est en train de nous fabriquer, Etat basé sur les régions, les nations ne demeurant qu’à titre de sinécures provisoires.

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Du même journal (sous la plume de Jean-Yves AUTEXIER, Sénateur de Paris) : « Il est piquant d’observer que ce gouvernement, qui propose d’organiser des référendums régionaux en tronçonnant le Peuple français en vingt-deux peuples régionaux, en créant un bien commun régional distinct du bien commun national, a eu tôt fait d’oublier sa promesse de consulter par référendum les Français sur son projet . On comprend bien pourquoi : ce n’est pas une décentralisation, c’est une régionalisation ». On pourrait peut-être envisager le retour d’un dispositif de suzerain et de vassaux qui permettrait de maintenir une apparence d’état féodal et en cas de péril grave on pourrait faire appel à Christine BOUTIN pour figurer les Jehanne d’Arc.

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Du même journal (et sous la même plume) : « Dans ce grand bazar organisé, on propose d’ouvrir un supermarché des compétences où chaque région viendra prendre ce qui lui convient. Ce qui effraie le Républicain, ce n’est pas la diversité, c’est la fin de l’égalité Une étude récente des inégalités régionales en Europe avait montré que c’était en France qu’elles étaient les plus faibles. C’est le résultat de politiques volontaristes de péréquation, d’aménagement du territoire. Comment mener de grandes politiques nationales d’équipement, de transport, dans un territoire fragmenté en 22 entités autonomes ? On y renoncera donc. Cela réjouira les libéraux, mais affligera les habitants pauvres ». Mais on ne sait jamais, RAFFARIN a peut-être pour son projet une foi « à déplacer les montagnes » qui lui permettra, selon la formule du regretté Pierre DAC, de déplacer les villes à la campagne, d’échanger la Corrèze avec le Bas-Rhin et le Morbihan avec le Rhône, sans compter les vertus du marché qui permettra aux régions riches d’être de plus en plus riches et aux régions pauvres d’être de plus en plus pauvres comme il est juste, sain et moral, dans une nation qui a pour devise Liberté, Egalité, Fraternité.

J. Gilois


Service public en danger

Mardi 26 novembre 2002, partout en France, des manifestants ont défilé pour sauvegarder le service public. Il s’agissait surtout d’agents d’EDF-GDF, premiers concernés, mais aussi de cheminots et d’agents de l’Education Nationale.

Si une partie de l’opinion est favorable à ces mouvements, certains journalistes et hommes politiques ne se privent pas pour dénigrer ces « privilégiés » qui bénéficient, disent-ils, de la sécurité de l’emploi, d’avantages en tout genre, salaires intéressants, retraites précoces, etc. Et de jouer sur la mise en place d’une pseudo-égalité avec le privé

Mais cette égalité ne doit se faire que par une amélioration du privé vers le public, sinon nous nous orienterions vers une régression sociale.

C’est ainsi que certains préconisent, pour dénouer les contradictions de notre société, pour sortir, disent-ils, de l’emprise des corporatismes, d’avoir recours à l’usage du referendum, notamment pour l’harmonisation des retraites, moyen qui, selon eux, débloquerait la société française. Hum ! Philippe de Villiers a estimé que la rue était occupée par une « privilé-giature » et que le gouvernement devrait faire preuve de courage, et d’esprit de justice face à ces services publics monopolistes.

Hélas tous ces matraquages des cerveaux recueillent des échos favorables parmi les plus défavorisés de notre société qui ne s’aperçoivent pas que ces inégalités sont dictées par le système capitaliste. Diviser pour régner, telle est la devise. Il n’est hélas pas rare d’entendre des absurdités telles que : « ils n’en foutent pas lourd, toujours en vacances ou en grève, forcément, ils sont payés pareil ». Chaque corporation a ses avantages et ses inconvénients et là-dessus, il y aurait beaucoup à dire, les exemples ne manquent pas.

Il est certain que les petites entreprises sont souvent défavorisées sur le plan social vis-à-vis des grandes et c’est là qu’il y aurait des améliorations à apporter.

En conclusion je crois que la population dans son ensemble a une bonne opinion des services publics qui, depuis un demi-siècle, ont montré leurs compétences, leur sérieux et leur dévouement. Il serait donc hasardeux et sans doute regrettable de les voir disparaître. Certains passages au privé ne se sont-ils pas avérés désastreux (voir le cas des chemins de fer en Angleterre par exemple).

Ne nous trompons pas de cible. La solution n’est pas de rogner quelques modestes acquis mais plutôt de réformer cette société pourrie, basée uniquement sur les profits et l’ARGENT. Mais là, nous abordons un tout autre problème et les mentalités sont loin d’être mûres pour sauter le pas.

Paul Chazé.


Ecrit le 15 avril 2004
après les élections régionales de mars 2004

“Ce texte est à chier ...”

M. Raffarin refuse de voir enterrer le projet qui, depuis deux ans, lui tient tant à cœur. Mais les principaux dirigeants de l’UMP, Alain Juppé en tête, savent que la décentralisation est devenue, après la déroute électorale, un véritable repoussoir chez les élus UMP qui protestent contre le maintien du vote sur la décentralisation imposé par M. Raffarin pour le 14 avril 2004.

Les plus anciens gaullistes demandent carrément le retrait du texte, « paré » de tous les maux. Les plus violents sont les battus des récentes élections, qui accusent le chef du gouvernement de les avoir « menés à l’échafaud » avec ce projet. Ils parlent d’un « projet mal ficelé ». « Ce texte est à chier » dit même Pascal Clément, président de la commission des lois, qui ajoute cependant : « Sacrifier la décentralisation, c’est sacrifier Raffarin ». Et voilà comment sera voté un texte dont personne ne veut, ni la Droite, ni la Gauche.

La démocratie trouve là ses limites.