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Bénin (02) : histoire+Arcade

 Histoire du Bénin

Dès le XVIe siècle, le littoral du Royaume du Dahomey est le lieu privilégié de la traite des Noirs. C’est à Ouidah qu’on trouve la « Porte du non-retour », point de départ des esclaves vers le Brésil.

La France, qui y avait autrefois des comptoirs pour le commerce, reconquiert le pays en 1894 après une lutte contre Béhanzin, roi d’Abomey, célèbre par sa troupe d’Amazones. En 1960 le pays obtient son indépendance. Il prend le nom de Bénin en 1975. Le Chef de l’Etat est actuellement M. Mathieu Kérékou.

Avec 6 millions d’habitants, le territoire est dix fois moins peuplé que la France. L’inflation y est faible (3 %) et la croissance a atteint 5 % en 1999, mais ces bons indicateurs cachent mal la situation de sous-développement, la misère des populations et les faiblesses de l’économie béninoise, toujours dépendante de son agriculture, en particulier du coton. De plus le pays connaît une corruption généralisée : le montant de la fraude aurait atteint 100 millions de francs français en 1999.


ARCADE

 Au Bénin : Faire ensemble

ARCADE c’est l’association des retraités pour la coopération et l’aide au développement. Cette association compte 300 adhérents en Loire-Atlantique et a une antenne à Châteaubriant. Elle dispose de deux ateliers de réparation à Orvault et Bouguenais où 60 retraités mettent leurs compétences à disposition à raison d’une demi-journée par semaine.

ARCADE a trois secteurs d’intervention au Bénin : l’enseignement (construction de l’école de Houédo-Ghadji, mise en place d’une biblio-pirogue entre les 24 écoles du lac Nokoué), la santé, et les coopératives de production. En tout, 55 projets en cours, par exemple autour de la culture du riz et de la production de sel (les paludiers de Guérande ont apporté leur expérience)

Son principe : faire ensemble. Les retraités Béninois travaillent de leur côté à la réalisation de ces projets. Le 16 octobre dernier étaient présents à Châteaubriant M. Eustache GOMEZ qui s’occupe de la formation des jeunes en mécanique auto, et M. André TODJé qui travaille à la construction de latrines dans la région de Sô-Ava (7 communes, 42 villages construits sur le lac Nokoué). Dans ces villages sur pilotis, où les habitants ne se déplacent qu’avec des pirogues, il y a 70 000 habitants (relire La Mée du 10 mai 2000), aucun système sanitaire : les eaux usées se déversent directement dans le lac. Un prototype de latrines spécialement adaptées à cette situation, a été proposé aux habitants, à des emplacements choisis par eux. Le financement est assuré par le CCFD (Comité Catholique contre la faim et pour le développement) et les travaux sont faits par les habitants eux-mêmes . Par ailleurs le lycée Etienne Lenoir de Châteaubriant, à l’instigation de l’Education Nationale, a un partenariat avec l’institut Steinmetz à Ouidah, qui prépare des jeunes à un niveau BTS. Envoi de matériels, projet d’échanges par Internet ; etc.

Enfin l’ORPAC   (office des retraités de Châteaubriant) a l’intention de tisser des liens « inter-générations » avec le sud du Bénin, par l’intermédiaire d’Arcade.


(écrit le 25 juin 2002) :

 Arcade-Bénin

Depuis 3 ans, le partenariat Nord/Sud fait partie du Projet d’établissement du Lycée Etienne Lenoir à Châteaubriant, le projet étant de réaliser un conteneur-atelier « en travaux inter-générations, le mercredi après-midi, avec des élèves volontaires, l’Office des retraités de Châteaubriant et l’association ARCADE d’Orvault ». En réalité, la société Euri-Schelter de Rennes a fait don de deux conteneurs. Ceux-ci ont été équipés l’un comme magasin de matériels de location, l’autre comme atelier de maintenance doté de matériels performants. Outre les premiers partenaires, se sont associés : la mairie de Châteaubriant, la Région Pays de Loire, les industriels locaux Juret, Atélec, SDI, Eurofilinox, Crédit Mutuel, Cana, Acimm, Bmg, Team-Plastique. Le matériel destiné à la location est d’abord parti pour Cotonou (Bénin, Afrique) et est géré par trois équipes de Béninois en retraite, qui suivent, sur place, une école et une coopérative de production pour définir leurs besoins. Le matériel qui va partir début juillet pour Cotonou, comporte des perceuses, meuleuses, postes à souder, tour, et tout le petit outillage manuel destiné à l’entretien du matériel du magasin de location. Ainsi se terminent les trois ans de coopération du Lycée Etienne Lenoir avec l’Afrique. « Pour la suite nous avons l’intention d’accueillir en stage 10 à 15 élèves de Porto Novo, pendant une dizaine de jours » dit le directeur du Lycée.

Par ailleurs l’association ARCADE suit les projets lancés à Cotonou : projet d’un Centre de Santé, projet d’installation, pour 75 000 habitants, de latrines publiques (selon un modèle chinois) pour la ville construite sur le lac.

Contacts : André Roul : 02 40 81 12 61


Ecrit le 13 mars 2002

 Des jeunes au Bénin

Ils ont 16 ans et 18 ans, et même 70 ans, ils sont partis ensemble, à 19, pour le Bénin, les jeunes et les vieux (pardon ! les retraités), pour voir, sur place, la situation dans ce pays d’Afrique où les castelbriantais envoient du matériel par conteneurs entiers de 60 m3 (25 000 F de transports et 10 000 F de frais pour dédouaner).

Mathieu, Jérémie, Alexandre, Jonathan, Benoît : ils font partie de ces jeunes généreux, élèves du Lycée Etienne Lenoir, qui, deux fois par mois, pendant un an et demi, sont venus aider les retraités de Châteaubriant à remettre en état de vieux vélos ou vélomoteurs, des tondeuses, machines à coudre, motoculteurs. Elèves préparant le Baccalauréat Productique ou Mécanique Poids Lourds, ils ont à la fois utilisé leurs connaissances et appris beaucoup de choses dans ce contact inter-générations.

Et puis ils sont allés voir, sur place, les centres de formation, les centres de santé, les petites coopératives de production.

Stupéfaction

Et ce fut la stupéfaction : « on n’imaginait pas l’Afrique comme cela, ce fut pour nous un dépaysement total, les hautes températures et la chaleur de l’accueil des gens »

– « Nous sommes allés au village de Houédo-Gbadji, une île sur laquelle vit toute une population, sans eau courante, sans système de répurgation. Ce sont les cochons qui assurent la dépollution »

– « Là nous avons vu l’école, jusqu’à 100 élèves par classe. C’était la récréation, 300-400 gosses voulaient nous voir, nous toucher, ils chantaient, ils dansaient » -

– « Nous avons vu le marché à Cotonou, des milliers de petits commerçants sur 20 hectares, chacun disposant de 2 m2 de surface de vente, des ruelles étroites de 50 cm environ. On y trouve tout, tout, du tissu, du charbon, des têtes de singe, des potions magiques, quelques bidons d’essence en guise de station-service, des fruits savoureux, de la viande exposée en plein soleil, et l’implacable et permanente fumée des 40 000 vélomoteurs-taxis. Finalement nous avons eu un peu peur ».

– « De gros cafards noirs, des lézards noirs à tête rouge qui montaient sur les tables et sur le bas de nos jambes à la recherche d’une miette de pain, des installations sanitaires rudimentaires ou inexistantes, une alimentation qui n’est pas la même que la nôtre (ils ont même mangé du rat musqué)... nous ne pensions pas trouver de telles différences sociales ».

Notre bonheur

Cette confrontation fut difficile sur certains points « Nous n’avons pas envie d’y retourner ». Mais elle fut enrichissante sur d’autres points. « Nous avons trouvé des gens pauvres mais très accueillants, très gais, très généreux ». « on peut dire bonjour à n’importe qui dans la rue et on nous répond, sans que, comme ici, l’autre se dise : qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? »

Au centre de formation, le forum entre les 5 jeunes castelbriantais et les élèves du centre Steinmetz, s’est bien passé. « Ils sont très posés, très polis, commençant toujours leurs questions en nous disant : je vous remercie d’être là ». Les questions ont roulé sur la formation, sur les ordinateurs, sur les machines à commandes numériques.

– « Ils n’ont presque rien là-bas, comme machines, mais ils apprennent beaucoup dans les livres, nous avons mesuré l’ampleur de leurs connaissances. De ce fait, ils s’adapteront vite aux machines s’ils ont la chance de venir ici ».

– « Manifestement ils travaillent plus que nous, ils s’investissent à fond dans l’étude » Venir en France, en Occident, c’est un rêve pour tous les Africains. Car en France, pays riche, il ne peut pas y avoir des gens pauvres : cela les Africains ne peuvent l’admettre. (1)

– « Nous, nous avons compris que nous ne connaissions pas notre bonheur de vivre et d’étudier en France. Là-bas une antique machine à coudre à pédales fait vivre toute une famille » (2) « Là-bas nous avons vu des femmes extraire des graviers d’une carrière, laver ce gravier pour faire du béton, pour un salaire de 7 francs par jour (un euro) »


Ecrit le 24 juin 2009

 Arcade et solidarités

L’équipe castelbriantaise d’ARCADE (association des retraités pour la coopération et l’aide au développement) intervient depuis plus de 20 ans au Bénin, en récupérant du matériel expédié en Afrique par conteneurs maritimes. Un envoi est fait ces jours-ci :
– Pour les écoles : papiers, livres, dictionnaires, machines à coudre, etc.
– Pour les centres de santé : déambulateurs, fauteuils roulants, etc...
– Pour des coopératives maraichères : divers outils de matériel agricole.
ainsi que des vélos, des layettes, tricotées par des retraitées castelbriantaises, etc.

La collecte va se pousuivre après l’été. Contact : 06 85 14 95 17


NOTES:

(1) Le lycée Etienne Lenoir à Châteaubriant est le seul lycée de l’Académie de Nantes à avoir établi des relations suivies avec un pays d’Afrique. Le projet pour l’an prochain c’est de faire venir quelques élèves de Porto Novo, de les loger à l’internat et de leur donner une formation sur les machines à commandes numériques, sur l’informatique en général et sur Internet.

(2) Le lycée Etienne Lenoir recherche encore des machines à coudre à pédales. Ces engins, une fois réparés, sont envoyés dans des écoles qui accueillent des jeunes filles ayant fui leur domicile pour éviter un mariage forcé. Quand elles reviennent au village, avec leur machine à coudre, les filles sont bien acceptées car leur savoir faire représente une source de richesse. S’adresser à Guy Terrien ou Emile Hamon, au lycée Etienne Lenoir -
Tél 02 40 28 00 90