Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Pays (international) > Bénin > Bénin (03)

Bénin (03)

(écrit le 16 octobre 2002)

 Deux Béninois à Châteaubriant

Dans le cadre de la coopération entre le Bénin et l’association Arcade, deux personnes sont venues à Châteaubriant le vendredi 11 octobre 2002. M. Léon AGOSSOU est animateur communautaire à la sous-préfecture de SO-AVA près de Cotonou. Il fait l’intermédiaire entre l’Etat du Bénin et la communauté du lac Nokoué (75 000 habitants). Il est responsable des Tontines : caisses de mini-crédit qui prêtent des sommes allant de 150 à 450 euros, sur 3 mois, à un taux de 18 %, le plus bas du pays, essentiellement à des femmes « car elles constituent les poches de pauvreté. Si on les aide à se développer, cela entraîne des répercussions importantes sur les enfants, sur leur scolarité, c’est un gage de réduction de la pauvreté et d’un début de développement » a-t-il expliqué, en précisant que les prêts actuellement concernent 1 homme et 165 femmes, pour des petits ateliers de transformation des produits locaux que ces femmes vont vendre à Cotonou et sur les marchés périphériques. M. Agossou, qui venait en France pour la première fois, est venu visiter la sous-préfecture de Châteaubriant où il dit avoir été très bien reçu par le nouveau secrétaire général.

André TODJE est correspondant Arcade pour le lac Nokoué depuis 1987. Il est distributeur de l’eau depuis 1986 et jusqu’à ces derniers temps il s’occupait de l’association Aurore qui regroupe des gens du lac Nokoué sur des questions éducatives et sociales : réseau de biblio-pirogues, mise en place de latrines publiques, etc.

80 élèves par classe

Sur le lac Nokoué, 75 000 habitants, il y a 27 écoles primaires (9000 élèves), et un collège de 800 élèves. « Il y a environ 80 élèves par classe et nous manquons de tout : de salles de classes, de professeurs, de cahiers, de crayons, de dictionnaires, d’ardoises, etc ». C’est d’ailleurs pourquoi des retraités de l’ORPAC   continuent à peindre des ardoises pour les envoyer là-bas. Un container partira en novembre à Cotonou, il contiendra notamment une centaine de vélos donnés par la Poste, des ordinateurs (qui ne peuvent être installés que dans les grandes villes car ailleurs il n’y a pas d’électricité) et des livres techniques très appréciés par le centre de formation Steinmetz. Le lycée Etienne Lenoir de Châteaubriant continue à collecter toutes sortes de matériels que les retraités d’Arcade s’emploient à remettre en état.

Depuis l’an dernier l’école est gratuite au Bénin mais les parents doivent encore acheter les fournitures et payer des moniteurs en supplément des rares instituteurs.

Côte d’Ivoire

Le conflit en côte d’Ivoire inquiète les Béninois qui regrettent qu’on n’ait pas pu encore trouver un consensus entre le gouvernement et les rebelles.

La Côte d’Ivoire est « le géant de l’Afrique » et 300 000 Béninois y travaillent .

Rens. sur Arcade : 02 40 81 12 61


Ecrit le 29 octobre 2003 :

 Arcade

L’association Arcade, avec laquelle travaillent l’ORPAC   (office des retraités de Châteaubriant) et le Lycée Professionnel Etienne Lenoir, accueillait, le 17 octobre dernier, deux représentants du Bénin : M. Michel AKILOCHO (ancien directeur d’école primaire à Porto Novo) et Mme Bernadette BOKPE (retraitée de la Poste au Bénin). Ils étaient les yeux et les oreilles des 53 Béninois, retraités de toutes catégories (y compris un ancien Sous-Préfet) qui travaillent au développement de leur région, avec l’aide, notamment, de Châteaubriant qui a envoyé récemment à Cotonou un « container-atelier » pour toutes les réparations artisanales. Arcade n’envoie pas d’argent, mais du matériel, récupéré et réparé, et fournit du savoir-faire.

Ces deux personnes, qui souhaitaient voir une école primaire, sont allées rencontrer la classe de CM2 d’Yves Blais (Claude Monet).

« Jusqu’à quelle âge va-t-on à l’école ? Combien avez-vous d’élèves par classe ? Les enfants regardent-ils la télévision ? ».

Michel AKILOCHO a expliqué qu’il y a 60 à 80 élèves par classe dans les écoles publiques (moins dans les écoles privées, mais elles sont réservées aux familles qui ont de l’argent). Il y a une pénurie de livres et de cahiers, et aussi d’enseignants. Appel est lancé aux familles castelbriantaises qui pourraient donner un vieux dictionnaire (téléphoner au 02 40 81 12 61 ou à l’ORPAC   au 02 40 81 06 22)

Les enfants, dans la région du lac Nokoué, font souvent une heure de pirogue et une heure de bicyclette le matin (et autant le soir), pour se rendre à l’école. Pas de télévision à l’école, ni d’ordinateur, car ... pas d’électricité. Il n’y a pas d’électricité non plus dans les maisons, sauf lorsque les familles ont les moyens de faire fonctionner un groupe électrogène.

Un terrain a été donné à Arcade pour y construire un centre de santé à Porto Novo avec médecin, infirmier sage femme. Le financement est presque assuré, il manque encore l’accord de l’ambassade de France.

Le Bénin ne connaît guère d’amélioration économique, d’autant plus qu’il est tributaire du coton, principale richesse à l’exportation, qui se heurte aux exigences commerciales des USA (au point que le chiffre d’affaires à l’exportation a diminué de moitié). Le pays n’a pas d’industrie porteuse. Les habitants se débrouillent de façon artisanale, non sans de grandes difficultés : Porto Novo avait quatre huileries. Elles ont toutes fermé.

Le chômage est permanent. Le pays reste très sous-développé. Pour autant les Béninois gardent le sourire et le sens de l’accueil.


Ecrit le 4 mai 2005 :

 La République du Bénin

Un petit pays, tout en longueur, coincé entre le Togo et le Nigéria : c’est la République du Bénin (autrefois : Dahomey).

Un pays cinq fois plus petit que la France et 10 fois moins peuplé.

A l’ouest du Bénin, le fleuve Sô se jette dans le lac Nokoué qui traverse Cotonou avant de rejoindre l’Océan Atlantique.

Benin-container
Le container-atelier fabriqué par le lycée Etienne Lenoir.
Au centre : André Roul

Au confluent de la Rivière Sô et du lac se trouve la commune de Sô-Ava, peuplée de 76 000 habitants répartis en 42 villages. C’est une commune lacustre, c’est-à-dire bâtie sur un lac. Les habitations, sur pilotis, sont construites en rondins d’ébène « rouge » et couvertes de chaume. Il y a cependant quelques constructions en « dur » : tôle et parpaings.

Premières élections

Des élections municipales ont eu lieu pour la première fois à la fin de l’année 2002.

Le maire est M. André Todje, entouré de deux adjoints MM. Thomas Dossa et Maurice Kokpe, sept chefs d’arrondissement et cinq conseillers.

André ROUL et son épouse Monique sont allés passer 15 jours à Sô-Ava en ce mois d’avril 2005.

André Roul est bien connu là-bas, en tant que membre d’Arcade (association de retraités pour la coopération et l’aide au développement). Il a contribué à l’envoi d’un container aménagé en atelier par le lycée Etienne Lenoir, et à la construction de classes en dur : « la devise d’Arcade est : faire ensemble » dit-il. Nous avons apporté les fonds, et le ciment. Les Béninois ont pêché le sable dans le lac, fait les parpaings et réalisé 4 classes. Les années suivantes ils ont fait, tout seuls, quatre autres classes ».

Arcade

L’association Arcade a un réseau d’une centaine de Béninois très actifs sur place, souvent des retraités fonctionnaires, un ancien Sous-Préfet, un retraité gendarmerie, etc...

Le peuple du lac (Toffinou) s’est constitué au XVIIe siècle : en butte aux persécutions des troupes des rois d’Abomey et aux raids de peuples venus du Nigéria, les Toffinou se sont réfugiés sur les rives exondées du Lac Nokoué, puis sont allés habiter sur l’eau malgré la croyance africaine : « les mauvais esprits sont dans l’eau ».

Ainsi, paysans-chasseurs à l’origine, les villageois sont devenus paysans-pêcheurs puis simplement pêcheurs. Ils pêchent des crabes, des crevettes, du poisson ... et du sable.

Le poisson est auto consommé, ou vendu à l’état frais, ou transformé (fumage et friture). Le sable est apporté à Cotonou et déchargé par les femmes qui, de l’eau jusqu’à la ceinture, et parfois l’enfant sur le dos, transportent de lourdes charges sur leur tête (pour un salaire de misère !)

Depuis l’indépendance de ce qui était le Dahomey, le Bénin a connu une République marxiste très dure. Un soulèvement des forces vives a porté à sa tête (malgré lui), M. de Souza, archevêque de Cotonou. Puis des élections ont été organisées.

Incertitude ?

« Et le dictateur, Mathieu Kerekou, élu et réélu, est devenu quasiment démocrate » dit André Roul. Il sera atteint par la limite d’âge en 2007.
« Cela ouvrira-t-il une période d’incertitude ? ».

En ce mois d’avril, André Roul est allé à Sô-Ava pour discuter avec les élus communaux en pleine préparation du budget. « J’ai noté des changements : par exemple il y a davantage de filles dans les écoles ».

Le maire André Todjé est très sensible aux problèmes de l’eau. Les villages n’ont pas de latrines : l’urine et les excréments, en plus des cochons qui pataugent, polluent le lac. Les morts par choléra ne sont pas rares et des maladies nouvelles apparaissent (notamment une sorte d’ulcère).

Des progrès

« Imaginer qu’il puisse y avoir des latrines publiques, c’est toute une mentalité à changer, quand les habitants n’ont encore qu’un trou percé dans un coin de l’habitation, au-dessus du lac ». « Des progrès sont faits aussi grâce aux centres de santé ».

Le mirage de la France

« Quand nous allons là-bas, nous sommes assaillis de questions. Les jeunes voudraient venir travailler en France. Ils ne nous croient pas quand nous disons qu’en France il y a des gens misérables ».

Des besoins importants

Équipement des écoles, aide au développement, coopératives de production, réfection des pistes routières : il reste beaucoup à faire. Mais les moyens financiers manquent : il est difficile de convaincre les habitants de la nécessité de payer des impôts pour faire des réalisations collectives ».

Benin_vie_quodienne
Vie quotidienne au Bénin. A droite : Monique Roul

« Nous continuons à envoyer du matériel : récemment, des photocopieurs généreusement donnés par un commerçant castelbriantais. Nous cherchons aussi des moteurs de hors bord, du matériel de jardinage, de la layette et même des ardoises pour les écoliers ».

Pour plus de renseignements :

André et Monique ROUL
02 40 81 12 61


Ecrit le 26 mars 2008

 Arcade-Châteaubriant

L’équipe castelbriantaise de ARCADE (Association de Retraités pour la coopération et l’aide au développement) poursuit son action en Afrique, notamment au Bénin, depuis 20 ans. Elle a expédié ces jours-ci :
– Pour les hôpitaux et centres de santé : fauteuils roulants, cannes anglaises, lunettes, etc.....
– Pour les écoles, collèges et lycées : dictionnaires, ardoises, livres techniques, de bibliothèque,
– Pour les centres de formation : machines à écrire, à coudre, laine, etc,,,,
– Pour les coopératives et centres de développement : vélos, outillages de mécanique, de jardinage etc,,,,
– Pour les maternités : layettes ( tricotées par des Castelbriantaises) etc,

Certains de ces matériels sont révisés dans l’atelier de bricolage de l’Orpac  . La collecte se poursuit. Contacter le 02 40 81 12 61 ou le 06 85 14 95 17 .

Solange Leroy au Bénin