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Irak (02)

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mis en ligne le 18 août 2002

Pourquoi faire la guerre ?

A des Américains venus passer quelques temps à Châteaubriant cet été, nous avons demandé : pourquoi voulez-vous faire la guerre à l’Irak ? Choqués, ils ont répondu : ne confondez pas Bush avec le peuple américain.

C’est bien Georges Bush qui veut faire la guerre à l’Irak. On se demande pourquoi. Saddam Hussein est un dictateur, d’accord. N’y en a-t-il pas d’autres comme lui dans le monde ? L’Amérique doit-elle être « le gendarme » du monde ? Pourquoi ici et pas ailleurs ? Pour détourner l’attention des Américains sur les problèmes de leurs entreprises ?

Plusieurs personnalités républicaines expriment heureusement des réserves sur une éventuelle intervention militaire pour renverser Saddam Hussein et demandent au président George W. Bush d’expliquer le danger présenté par l’Irak et les conséquences d’une telle attaque.

Tour à tour, des parlementaires importants comme Chuck Hagel ou Dick Armey, et d’anciens responsables comme Brent Scowcroft et Henry Kissinger se sont interrogés, chacun à sa manière, sur l’urgence d’une attaque, et demandé des éclaircissements préalables.

Parmi les questions posées : quelle est la vraie menace du programme militaire irakien ? Quels sont les liens entre Bagdad et les terroristes du 11 septembre ? Quels sont les risques pour la stabilité pour le Proche-Orient ? L’Amérique est-elle prête à reconstruire l’Irak « après Saddam » ? Quels alliés sont prêts à suivre ? L’opinion est-elle prête à accepter des pertes américaines importantes ?

Le président Bush se contente de dire qu’il veut « protéger l’Amérique » et ses alliés contre un homme dangereux pour la paix dans le monde, tout en garantissant « une décision réfléchie » fondée sur les évaluations des services de renseignement.

« N’attaquez pas l’Irak » maintenant, car cela « mettrait sérieusement en danger, voire détruirait la campagne mondiale antiterroriste que nous avons entreprise », lui a lancé Brent Scowcroft, conseiller pour la sécurité nationale des présidents Gerald Ford et George Bush père, et spécialiste écouté des problèmes du renseignement. « Même s’il est menaçant, rien ne prouve que Saddam veuille agresser les Etats-Unis, et une intervention solitaire risquerait de déstabiliser tout le Proche-Orient », estime-t-il.

Le général Colin Powell, actuel secrétaire d’Etat, est aussi notoirement réservé contre une guerre du Golfe bis, surtout si l’Amérique va seule au combat et sans perspectives claires pour l’avenir.

George Bush, celui qui dit, à propos de Saddam Hussein, « personne ne devrait mettre en doute que cet homme fait un pied de nez au monde », est le même homme qui demande l’impunité totale pour ses soldats, en refusant que les Etats-Unis soient soumis aux règles du Tribunal Pénal International.

Quand un mégalomane rencontre un mégalomane, qu’est-ce que cela donne ? Sans doute pas grand chose de bon pour le monde !


(écrit le 16 septembre 2002)

Le chant des esclaves

Ce mercredi 11 septembre 2002, au cour d’un New York vacillant de souvenirs, un chant a subitement troué le silence d’une impressionnante commémoration. La mélodie d’Amazing Grace, le chant des esclaves, s’éleva, hymne d’espérance dans le noir des malheurs...

Un an après la tragédie des attentats, notre regard de Français sur ce peuple américain n’en finit pas d’osciller.

Double question : est-elle vraiment si solide, cette Amérique de l’administration Bush, avec derrière elle ces millions d’hommes et de femmes benoîtement patriotes ? Et sont-ils si isolés, cette poignée d’Américains qui refusent l’idée même d’un monde unipolaire guidé par leur propre Maison-Blanche, en osant, eux, s’interroger sur leur pays, sa posture internationale, ses responsabilités, son histoire ? Allez savoir...

Va-t-en-guerre

Ce qui apparaît plus sûrement, en tous les cas, c’est bien l’ambition de George W. Bush et de ses proches.

Depuis un an, jamais l’humanité tout entière, sous toutes formes, ne s’est autant questionnée sur son avenir. Et pourtant. Alors que la porte de la raison s’était entrouverte, toutes les décisions des Etats-Unis continuent d’être prises à l’aune du seul critère de son hyper-puissance, et pas seulement de ses intérêts, parfois légitimes, parmi lesquels se place en premier lieu la sécurité de ceux qui y vivent.

Il n’est donc pas étonnant de constater l’ampleur de la déception de l’opinion publique mondiale, de plus en plus rétive à cet hégémonisme US brutal. Car Bush lui-même, jeudi 12 septembre, à la tribune des Nations unies, a confirmé ce que l’on savait depuis des semaines : après avoir laissé planer pendant tout l’été la menace d’une intervention de son seul pays contre l’Irak, le président américain a lancé un ultimatum à l’ONU (rien de moins), sommée de prendre ses responsabilités !

Osons le dire : Bush vient d’opérer une OPA radicale sur l’organisme mondial. Ou ce dernier emboîte le pas, ou les Etats-Unis s’engageront unilatéralement. Les décisions américaines sont prises et le mécanisme onusien, détourné de son sens, entre dans le compte à rebours. La déraison semble donc gagner du terrain parmi les cercles dirigeants américains et l’on n’ose imaginer les conséquences effroyables d’une (nouvelle) aventure guerrière en Irak.

Cette fin de semaine, en se projetant dans l’après « deuxième » 11 septembre qui aurait pu être celui de l’intelligence, on en reste pour l’instant au grondement des armes et à l’incertitude du lendemain. La vie continue. Tant bien que mal. Partout.

Et l’humanité est plus grande que les Etats-Unis.

(édito de l’Humanité du 14 septembre 2002)


écrit le 2 octobre 2002

Ils ont du pétrole, Ils auront la guerre

Bruits de bottes, bruit des armes, mais pourquoi donc l’Amérique veut-elle faire la guerre à l’Irak ? Pour une histoire d’inspection des armes que détient ce pays ? Mais pourquoi le monde ne demande-t-il pas à inspecter les armes que détiennent les USA ? En tout cas, en annonçant officiellement, le 17 septembre 2002, son intention de permettre « sans condition » le retour sur son sol d’inspecteurs en désarmement, l’Irak a embarrassé George W. Bush. Mais très provisoirement seulement.

Privé de l’alibi des armes de destruction massive que le régime de Saddam Hussein continuerait de produire, le président américain tentera bientôt d’expliquer au monde qu’il veut voler au secours d’une population opprimée par le dictateur de Bagdad, et promouvoir la démocratie. Seuls les gogos et quelques escrocs de la pensée médiatique pourront croire ou faire semblant de croire à cette fable.

Restera ce que tout le monde sait déjà. Le principal objectif des États-Unis dans cette affaire est d’achever de mettre la main sur une région gorgée de pétrole et de maîtriser les coûts de l’or noir. Les réserves pétrolières irakiennes sont estimées à 115 milliards de barils, soit au deuxième rang mondial après l’Arabie saoudite. Laquelle a déjà plus que partie liée avec Washington (qui estime sans doute qu’il n’y a pas dans ce pays de problème démocratique majeur !).

Pour mener sa guerre, George W. Bush, à vrai dire, n’a pas besoin de prétexte. Son discours devant l’assemblée générale des Nations unies, le 12 septembre, avait de ce point de vue, le mérite de la clarté.

Contrairement à ce que les diplomaties européennes ont feint de croire, l’Amérique n’est pas rentrée ce jour-là dans le giron des Nations unies. Elle a, tout au contraire, enjoint à l’ONU d’obtempérer. Le président américain n’a pas proposé une délibération. Il n’a pas indiqué que son pays se soumettrait à une décision de l’organisation internationale. Il a confirmé sa volonté de faire la guerre, et il a laissé le temps à la communauté internationale de se plier à cette volonté. Le discours américain ne nous a pas rapprochés de la légalité internationale. Il nous en a éloignés.

Le pétrole ! N’oublions pas que les USA sont très dépendants de cette source d’énergie, que Georges W.Bush est issu du monde des pétroliers et a solidement été soutenu par celui-ci lors de sa campagne électorale. Alors, la légalité, il s’en fout.

Que vont faire les pays européens ? Suivre l’Amérique de MM. Bush et Cheney dans leurs errements, et abdiquer de toute indépendance, ou entrer en conflit diplomatique avec l’hyperpuissance ? Telle pourrait être l’alternative. L’Europe résisterait-elle à une semblable épreuve ? Sans même parler de l’ONU. C’est en cela que l’on peut parler de conflit planétaire. Les bombes seront pour l’Irak. Mais les tensions internationales, les haines et le terrorisme seront pour tout le monde.

D’après Denis Sieffert,
Politis du 19 septembre 2002


écrit le 16 octobre 2002

Non à la guerre
Oui à un monde de justice, de paix et de démocratie !

A une très large majorité, le congrès américain puis le Sénat viennent d’autoriser le Président Bush à user de la force contre l’Irak. Jour après jour, tant d’un point de vue diplomatique que militaire, Bush poursuit son forcing guerrier. Seule aujourd’hui la mobilisation des citoyens et des peuples peut y faire obstacle pour imposer à nos dirigeants qu’ils se mettent en travers de cette volonté guerrière et notamment que la France oppose son veto à toute nouvelle résolution américaine au Conseil de Sécurité. C’est le sens des manifestations qui se sont déroulées samedi 12 octobre dans toutes les grandes villes de France, et notamment à Nantes

Les associations appelantes ont déclaré : « Nous sommes totalement opposés à toute intervention militaire en Irak voulue par les Etats-Unis. Nous ne cautionnons en aucune façon la dictature en Irak et ses atteintes répétées aux droits et aux libertés et à la légalité internationale. Mais nous savons que cette guerre serait synonyme de véritable désastre pour les peuples Irakien et Kurde et pour l’ensemble des populations du Moyen-Orient. Nous sommes convaincus que cette guerre ne résoudrait aucun problème. Elle porte au contraire en elle le germe d’une catastrophe généralisée en fragilisant encore plus le dispositif de sécurité mondiale. Loin de s’attaquer au problème du terrorisme international, cette déstabilisation de toute la région ne pourrait qu’aviver les tensions de la planète.

Nous n’acceptons pas la notion de « guerre préventive » avancée par les Etats-Unis, qui est absolument contraire à la Charte des Nations Unies. Il est plus que jamais indispensable de donner la primauté aux solutions politiques négociées, dans le cadre du droit international et de la Charte de l’ONU pour construire une paix durable au Proche et Moyen-Orient. L’acceptation par le régime de Bagdad du retour des inspections lève tout prétexte à cette guerre.

La France doit s’opposer à cette guerre. Elle peut et doit utiliser son droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Elle doit aussi agir avec ses partenaires européens pour une solution politique négociée. Celle-ci passe par la levée de l’embargo et des sanctions pénalisant le peuple irakien.

Nous considérons comme très important dans ce cadre la relance des processus de désarmement mondiaux et régionaux en particulier au Moyen-Orient et la résolution politique des conflits existants, en particulier la reconnaissance d’un Etat palestinien, aux côtés de l’Etat d’Israël.

Nous appelons à la mobilisation pour dire « Ensemble, Non à la guerre contre l’Irak, Oui à un monde de justice, de paix et de démocratie !.


(écrit le 20 novembre 2002)

Drapeaux blancs contre la guerre !

Une action militante et personnelle, et mondiale, contre la guerre en Irak est proposée de façon simple : il s’agit tout simplement de placer un tissu blanc à nos fenêtres :

« A partir du 15 novembre et jusqu’à la fin de l’année nous voulons signaler notre NON à cette guerre avec des tissus blancs fixés aux fenêtres de nos appartements dans tous nos villages et villes et dans tous les pays du monde. Cette action facile à réaliser n’a pas de centre et ne se base sur aucune idéologie et n’adhère à aucun parti politique. Elle montrera le désaccord profond de la plus grande partie de l’humanité avec cette guerre »

Relayé par F. Nicol