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Messianisme

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Messianisme

Le récit du génocide des Indiens lors de la conquête de l’Amérique, écrit entre 1527 et 1561, par le religieux dominicain Bartolomé de Las Casas, est traduit pour la première fois en français et vient d’être édité
Il propose une réflexion salutaire en ces temps troublés.

Il s’agit de l’œuvre d’un témoin direct de la conquête de l’Amérique par les Espagnols, qui choisit résolument le camp des victimes et devient l’infatigable « défenseur des Indiens ».

Dans l’Histoire des Indes, Las Casas a accumulé des informations de 1492 à 1520, il cite intégralement des pièces de valeur inestimable dont on ne possède aucune autre trace (tel le journal de bord de Christophe Colomb au cours de son premier voyage).

Las Casas est aussi un redoutable polémiste, qui sait accumuler des arguments tirés des autorités religieuses ou des philosophes de l’Antiquité. Car ce à quoi assiste Las Casas en ces premières années de la conquête est un déchaînement de bruit et de fureur. Les Espagnols, mieux armés et plus habiles que les Indiens, découvrent la possibilité de s’enrichir rapidement : en se procurant de l’or, de l’argent et des perles, ou, à défaut, en s’emparant des Indiens pour les réduire en esclavage. Las Casas montre des hommes découvrant le « plaisir » de disposer du droit de vie et de mort sur d’autres hommes, comme dans cet épisode se déroulant dans la bourgade de Caonao, en 1512, où témoin oculaire, il vit les soldats espagnols tailler en pièces (littéralement), des Indiens sans défense, ni volonté belliqueuse, simplement pour le « plaisir » de constater que leurs épées, bien aiguisées, pouvaient aisément couper un homme en deux. A la fin, « il sortait de là un ruisseau de sang tel qu’on eût dit qu’on venait de tuer un troupeau de vaches » dit Las Casas.

« Las Casas ne défend pas les droits de l’homme, comme on pourrait l’imaginer, il n’est pas un humaniste ; il se contente de prendre la religion chrétienne au sérieux : tous les peuples sont égaux devant Dieu, et notre devoir est d’aider les faibles et les souffrants » commente Tzvetan Todorov qui présente cet ouvrage dans « Le Monde des Livres »

Las Casas, est persuadé que la religion chrétienne est la meilleure de toutes, « mais cela n’autorise nullement ses représentants de l’imposer par la force aux peuples lointains. La supériorité du christianisme est en ce qu’il déclare tous les hommes égaux et qu’il met l’amour au sommet des vertus. Si les chrétiens décident à la place des autres de ce qui leur convient, ils les traitent en êtres inférieurs ; s’ils imposent ce « bon choix » par la force, ils font l’éloge du glaive, non de l’amour. Le moyen tue la fin »


HISTOIRE DES INDES (Historia de las Indas) de Bartolomé de Las Casas. Traduit de l’espagnol par Jean-Pierre Clément et Jean-Marie Saint-Lu, Seuil, vol. 1 : 1 088 p., 35 € ; vol. 2 : 368 p, 25€ ; vol. 3 : 896 p., 35 €.

(1) on parle en particulier des « e.bombs », armes de guerre électronique dont l’explosion peut réduire à néant tous les systèmes de communication, radars, ordinateurs, éteindre les lumières, couper les dispositifs de chauffage, les feux de signalisation sur les routes, etc.