Ecrit le 19 mars 2014
Les ch ?meurs, les malades, les ?trangers, les vieux ... tous des inutiles aux yeux d’une certaine frange de la population. De qui ?? De ceux qui travaillent dur ?? M ?me pas.
En ce moment c’est le r ?gime des intermittents du spectacle qui est mis en accusation par le patronat, appuy ? en cela par la Cour des Comptes qui pointe le d ?ficit de ce r ?gime. En septembre 2013, ?un r ?f ?r ??de la Cour des Comptes dit deux choses ? : 1) il admet pour la ?premi ?re fois que ?« ?l’ ?volution du march ??du travail, marqu ??par ?une ?augmentation de la part des emplois courts et une diminution des ?emplois ?longs, exerce de ce fait un effet d ?favorable ?sur l’ ?quilibre ? global du ?syst ?me d’indemnisation ? ». 2) il affirme que les r ?gimes sp ?cifiques (contrats courts ?CDD, activit ??r ?duite, ?int ?rimaires, intermittents) sont ?responsables du d ?ficit ?global ?de l’UNEDIC, et pr ?conise de r ?duire les droits des plus pr ?caires et ?remettre en cause ?la solidarit ??interprofessionnelle. Cette deuxi ?me partie a ?t ? r ?dig ?e Michel ?de Virville - ?ancien pr ?sident de l’UNEDIC au nom du MEDEF (tiens ?! du MEDEF). Selon la Cour des Comptes le d ?ficit serait d’un milliard, selon l’UNEDIC il serait trois fois moindre ?!
Ce n’est donc pas ?tonnant si le MEDEF met la pression sur les intermittents du spectacle, en oubliant d’inciter ses adh ?rents ? privil ?gier les emplois longs ?!
« ?Nous ?voulons une ? expertise des comptes de l’UNEDIC pour faire toute la transparence ?sur l’organisation de l’indemnisation des ch ?meurs ? » a demand ? une coordination d’intermittents et de pr ?caires, en occupant symboliquement la Cour des Comptes, le 13 mars 2014..
Il faut maintenant expliquer que les intermittents ne sont pas les privil ?gi ?s que l’on croit. Certes, ils ont la chance de faire un m ?tier qui leur pla ?t ... et qui pla ?t ? leur public. Mais leurs r ?gles d’indemnisation sont draconiennes ? : il leur faut en effet obtenir 43 contrats en 10 mois et demi, Mais pour obtenir 43 cachets en 10 mois et demi, il faut se bouger, d ?marcher sans cesse, passer des coups de fil et ceci de nombreuses fois. Il faut aussi se faire conna ?tre des organisateurs et du public en tournant des clips, en enregistrant des albums, en faisant des affiches...
Les r ?gles exigent 507 heures de travail sur cette p ?riode de 10 mois et demi. Quoi ?? 507 heures ?? Scandale ?! En fait les 507 heures sont des heures de spectacle, le r ?sultat visible d’un travail qui a ?t ? effectu ? en amont (cr ?ation, r ?p ?titions, r ?glage des lumi ?res, du son, etc ...). Tous ceux qui, amateurs, ont jou ? dans les spectacles dirig ?s par le th ??tre Messidor ? Ch ?teaubriant, savent le temps qu’il faut passer pour qu’un spectacle soit au point.
Sans le r ?gime de l’intermittence, il n’y aurait plus de cr ?ation par manque d’argent et parce que les intermittents devraient trouver un autre travail pour pouvoir vivre.
Alors il n’y aurait plus de spectacle au th ??tre de Verre ou au Grand T, plus de spectacles dans les ?coles, plus de spectacle ? la Sabli ?re en octobre.
A c ?t ? des quelques artistes qui vivent (tr ?s) bien, et n’ont pas besoin du r ?gime des intermittents, il y a ?norm ?ment d’artistes qui « ?tirent le diable par la queue ? » (beau spectacle !) ? : leur salaire m ?dian est de 13 500 ?/an.
Mais il y a aussi des profiteurs du syst ?me ? : des soci ?t ?s de production qui sous-paient les artistes et les techniciens en les d ?clarant comme intermittents. C’est cela qu’il faudrait r ?former.
B.Poiraud

