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Santé : responsabiliser aussi les praticiens

Ecrit le 17 octobre 2007

 Responsabiliser les patients mais aussi les praticiens

La santé est le bien de tous ; de nombreuses réformes ont été engagées pour préserver le système de santé auquel les Français restent très attachés. Pourtant celui-ci est menacé et des mesures importantes s’avèrent nécessaires.

La France « championne du monde
de la consommation de soins »

Quelques chiffres :
– Les dépenses de santé par habitant sont de l’ordre de 2600 € par an, chaque ordonnance en moyenne coûte 450 €.

– Le déficit 2007 sera de l’ordre de 6.4 milliards d’euros ( en 2006 : 6 milliards d’euros ) ; les différentes mesures prises antérieurement n’ont pas permis de réduire sensiblement le déficit. Au mieux elles l’ont stabilisé.

– Le régime de base couvre environ 77% des dépenses, les mutuelles complémentaires et autres 14% (sociétés d’assurance, prévoyance, collectivités territoriales ) ; pour le reste c’est la participation des familles pour 9%. Ce dernier chiffre a tendance à diminuer, c’est peut être la conséquence d’un renoncement aux soins, notamment pour les familles n’ayant pas de complémentaire.

– Depuis la CMU (couverture maladie universelle), il reste encore 3 millions de Français sans aucune complémentaire et 150 000 personnes échappant totalement à la couverture de base de la sécurité sociale.

 Des efforts ...

Pour préserver notre système de santé, l’assurance maladie a connu plusieurs réformes qui à chaque fois cherchent à responsabiliser les patients, et pourtant ceux-ci n’ont pratiquement aucune prise sur le système et de surcroît ne disposent que de très rares informations.

Le prochain plan de redressement va mettre à contribution à nouveau les porte- monnaies : sur 1,2 milliard d’euros d’économies prévu, environ 350 millions seraient à payer par les patients sans parler du risque de voir les complémentaires augmenter leurs tarifs.

 ... mal partagés

Autre sujet qui fait partie de préoccupations, ce sont les dépassements d’honoraires de moins en moins lisibles, avec pour conséquence l’exclusion des patients les plus vulnérables.

Dans le même temps, on accorde 1 euro supplémentaire sur les consultations de généralistes au 01/07/2007 pour un coût total de 500 millions d’euros.

De même les revalorisations tarifaires (majorations liées au parcours de soins, forfait ALD [affection de longue durée], financement de la permanence des soins...) ont permis d’augmenter la rémunération des médecins généralistes de 4% pour l’année 2006.

Nous constatons donc que les efforts sont mal partagés. Les praticiens ont un rôle important à jouer dans l’information des patients. Pour cela, ils devraient s’investir davantage dans l’économie de la santé.

 Paiement à l’acte

Le déficit cumulé de 45 milliards d’euros depuis 2002, est un report inévitable sur les générations futures (enfants et petits enfants). La France a un système de soins structurellement coûteux, elle se situe au delà de la moyenne des pays de l’OCDE. Il faudra bien faire des réformes : paiement à l’acte, couverture médicale, prévention.

Paiement à l’acte : Comment arriver à résoudre le problème du paiement à l’acte et en maîtriser le nombre, simplement en comptant sur la bonne volonté des praticiens pour prescrire moins, ça laisse perplexe quant au résultat ! Nous sommes dans l’obligation de constater que ce levier est loin d’être efficace...

Nous devons regarder au delà de nos frontières, des systèmes maîtrisés existent, il faudra bien s’en inspirer avant qu’il ne soit trop tard. Or aujourd’hui il est difficile de réformer face au corporatisme médical...

Couverture médicale : en France, nous avons 3,4 médecins par millier d’habitants, un chiffre plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE qui est de 3. Nous évoquons souvent le manque de médecins, le problème est leur répartition sur le territoire et pourtant une prime à l’installation a été mise en place dans les régions où il y a un déficit mais les effets ne sont pas à la hauteur des espérances.

Il faudra prendre des mesures plus coercitives, par exemple ne plus conventionner les médecins qui s’installent dans les régions où la densité médicale est suffisante (un vœu a été émis en ce sens lors de l’assemblée générale de la MSA  ) mais aussi faire preuve d’imagination sur l’organisation collective à travers des maisons médicales où pourraient être regroupés les para-médicaux, kiné, infirmières... Une meilleure complémentarité dans l’exercice médical permettrait de mieux répondre aux attentes de la population sur la permanence de soins et de conserver des services de proximité.

Prévention : Par ailleurs il faut travailler davantage le volet prévention quasi inexistant dans le fonctionnement actuel et réfléchir à un mixage entre un paiement à l’acte et une capitation (dotation par médecin en fonction d’un volume d’activités potentiel).

 Les enjeux de demain

Notre système d’assurance maladie a comme base la solidarité. Jusqu’à maintenant, les différentes réformes vont toujours dans le même sens, laissant place à plus d’individualisme et moins de mutualisme. Il est donc important de bien mesurer les enjeux pour les usagers, les patients mais aussi les professionnels. Il est grand temps d’intégrer les problématiques de l’économie de la santé dans la formation des professionnels de santé mais aussi des citoyens que nous sommes.

Gérard Haulbert
Administrateur UDAF , Vice-Président MSA  

Selon un sondage IPSOS paru le 10 octobre, 70% des Français ne souhaitent pas l’application d’un système de franchises pour répondre aux problèmes de financement de notre système de santé. Assez logiquement, leur hostilité aux franchises est d’autant plus forte que leur niveau de revenus est limité.

Ecrit le 17 octobre 2007

 Témoignage

Une Castelbriantaise, confrontée au non-remboursement de médicaments, écrit :

« Après avoir subi une néphrolithotomie percutanée pour une volumineuse lithiase coraliforme (=calcul) puis trois autres interventions qui ont occasionné trois mois d’arrêt de travail, j’ai recommencé mon activité professionnelle tout en continuant à voir le médecin pour qu’il me suive de près étant donné les épreuves que j’ai traversées.

Le médecin me prescrit des préparations homéopathiques et quelle ne fut pas ma surprise lorsque le pharmacien m’a prévenue, avant de commander, que les préparations ne sont plus remboursées ! Il m’a fait le compte : « Il va rester 54 € à votre charge » m’a-t-il dit.

Etant une très grande fervente de l’homéopathie j’ai cependant décidé de commander mais je suis très en colère contre la Sécurité Sociale qui fait le choix de non rembourser des produits n’apportant pas d’effets secondaires. Je sais ce dont je parle car cela fait 25 ans que, ma famille et moi, nous sommes soignés en homéopathie.

Mais il faut s’accrocher lorsqu’on voit cette façon de traiter une médecine qui a fait ses preuves et je suis en colère contre le laboratoire Boiron qui double et même triple ses prix à partir du moment où les médicaments ne sont plus remboursés.

Une semaine plus tard j’avais rendez-vous avec le chirurgien qui m’avait opérée. Il m’a prescrit des comprimés à base de plantes, pour 6 mois. Là encore pas remboursés.

Vers quelle médecine allons-nous ? Pourrons-nous continuer à nous soigner dans ces conditions ?

D’avoir pu écrire cet article m’a fait du bien et il y a sûrement d’autres personnes qui sont dans mon cas . »

Annie M.