Écrit le 30 octobre 2002 – Précédente
(Écrit le 25 décembre 2002)
Lettre du PDG
Ce qu’en pense la CGT
Les salariés de chez FOCAST ont reçu à la mi-décembre une lettre de Ronald HOBBS (président du Conseil d’Administration), datée du 12 décembre 2002, qui annonce – ce qu’on savait déjà – que le groupe Valfond a cédé sa branche Fonderie et Usinage à Messieurs Perronet et Migeon, qui ont formé l’ensemble industriel APM Group.
Pour le pôle « Fonderie sous pression », des discussions sont en cours avec APM Group « afin de pérenniser et de redynamiser les sites de Bléré et de Laval ».
Pour Ronald Hobbs, les sites importants de l’ancienne division Industrie, à savoir Sadefa (Fumel), Focast (Châteaubriant), Saint-Dizier, Mersch (Pays-Bas) et Nieuw Vennep (Pays-Bas), « ont plus que jamais vocation à travailler ensemble », et un rapprochement rapide de ces sites est prévu, pour rationaliser les achats, l’informatique et les finances.
L’organisation du groupe Valfond sera désormais la suivante :
Pôle Vulcain
Constitué de Sadefa, Focast, Saint-Dizier, Mersch et Nieuw Vennep, il sera sous la responsabilité directe de Ronald Hobbs et de Patrick Adolf. Le directeur financier sera Thierry Rivez (celui qui est venu à Châteaubriant présenter le dossier à la presse et aux élus). Le directeur commercial du pôle sera Matthias Cescousse. Le directeur industriel du pôle est Alain Deval (également directeur de Sadefa). Le comité de direction, à partir du 1er janvier 2003, sera présidé par Ronald Hobbs et composé de Messieurs Adolf, Rivez, Cescousse, Deval, Petit (directeur de Saint-Dizier) et Lebret (directeur de Focast).
Il y aura encore deux divisions :
La division FSP (Fonderie sous pression)
La division Bléré/Laval
150 licenciements
Dans la lettre précédente, Ron Hobbs ne dit pas tout à ses salariés ! Heureusement qu’il existe des journalistes d’investigation. Ainsi, dans la lettre d’API (presse économique spécialisée) du 20 décembre 2002, on apprend que :
Valfond Bléré-Laval, qui réunit les établissements de Laval (Mayenne, 220 salariés) et de Bléré (Indre-et-Loire, 310 salariés), devrait intégrer APM, à condition que soit acceptée la suppression de 150 emplois à Bléré. Valfond a présenté en ce sens un plan « amiante » et attend la réponse du ministère.
Malgré une activité en chute libre (45,4 M€ de chiffre d’affaires en 2001 contre 59,9 M€ en 2000 et 64,1 M€ en 1999), Valfond Bléré-Laval intéresse APM pour son savoir-faire dans la fonte en acier (corps et supports de pompes, carters centraux, collecteurs).
Enfin, APM envisage de vendre le site de Chassieu (Rhône, 250 salariés, 70 licenciements prévus) à Ferdinand Termoz avec une recapitalisation de 5 M€, ainsi que celui de Thaon-les-Vosges (Vosges, 106 salariés), où deux candidats sont en lice.
La position de la CGT :
Contrôler les fonds publics
Jean-Pierre Boucher, Didier Poulain et Béatrice Gobbé, syndiqués CGT de la Fonderie Focast, assistés des responsables métallurgie de l’union départementale et de l’union locale CGT, ont donné leur avis sur Focast, le 18 décembre 2002.
Pour eux : « Pendant 20 ans, nous avons fait la une de l’actualité sociale : la fonderie allait-elle fermer ou non ? Aujourd’hui, nous nous réjouissons de voir le projet industriel aboutir et nous ne regrettons pas d’avoir posé publiquement le problème au président du Conseil Général à la dernière Foire de Béré. »
La CGT se dit décidée à contrôler l’affectation des aides publiques pour avoir la certitude que ces aides assurent l’emploi et contribuent au développement de l’entreprise, puisque « au plan national, l’activité fonderie n’est pas en difficulté ».
[NDLR : Malheureusement, ce contrôle des aides publiques est compromis : l’Assemblée nationale a accepté le projet de François Fillon, et le Sénat a abrogé, le 17 décembre 2002, la loi « Hue » du 4 janvier 2001, qui prévoyait la mise en place d’une commission nationale et de 22 commissions régionales pour contrôler les aides publiques accordées aux entreprises.]
Social, le compte n’y est pas
« En matière sociale, le compte n’y est pas : la CGT et la CFDT vont demander que les salaires de Focast soient alignés sur ceux de Sadefa (usine située à Fumel), puisque nous faisons partie du même pôle industriel. Nous allons demander aussi que les préretraites progressives s’appliquent aux salariés de Focast comme c’est le cas à Sadefa. Il n’y a pas de raison pour que les salariés continuent à faire des sacrifices et paient les fautes des dirigeants de Valfond. »
Bureau d’études supprimé ?
En outre, la CGT s’inquiète de voir le groupe allemand de fonderie, MAN, supprimer le bureau d’études de l’entreprise SEMT Pielstick (Saint-Nazaire), qui a un grand savoir-faire en matière de moteurs diesels utilisables dans les constructions navales. « Focast fabrique des culasses pour la SEMT. Nous craignons que la suppression du bureau d’études ne soit un prélude à un rapatriement, en Allemagne, de la fabrication des moteurs diesel. Auquel cas, Focast en subirait directement les conséquences. »
Cela étant, la CGT se réjouit du projet industriel actuel en espérant qu’il réinstaure la confiance avec les clients et alimente le carnet de commandes de l’entreprise.
(Écrit le 15 janvier 2003)
Sables au phénol
Une enquête publique se déroule jusqu’au 31 janvier 2003 concernant le stockage de sables de fonderie (sable de nettoyage, excès de sable, résidus de grenailleuses) et de co-produits minéraux (casse de fusion, réfractaires), de faible teneur en phénol (moins de 5 mg par kg). Le terrain retenu se situe dans la zone industrielle du Val Fleury, du côté du foirail, entre la nationale 178 et la voie ferrée, sur un terrain de 16 800 m2, pour remplacer le site de « la Fromière », ancienne carrière de schiste située sur Fercé.
D’après le dossier présenté au public, le terrain serait de faible perméabilité, le site est éloigné du réseau hydrographique majeur, aucun ruisseau ne se situe dans un rayon de 500 mètres. Les maisons les plus proches sont à 200 m (sur Rougé).
L’espace existant est en partie clos par un écran végétal, une haie bocagère sera plantée en limite ouest pour améliorer l’insertion paysagère du site. Une clôture grillagée sera posée en périphérie avec un portail fermant à clé.
Huit alvéoles de 1 280 m2 maximum seront aménagées sur le site ; chaque alvéole pourra recevoir au maximum 6 600 m³ de résidus de fonderie, pour une durée de remplissage de 18 à 27 mois. Au total, le site pourra accueillir 46 635 m³ de résidus de fonderie, sur une durée de 16 ans.
Les eaux de pluie seront drainées et collectées dans une cheminée-puisard, puis évacuées dans un bassin tampon pour leur permettre de décanter avant de rejoindre le milieu naturel. Ce bassin recueillera également les eaux de ruissellement captées par le bassin qui sera aménagé en bordure de la piste d’accès.

