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Religions : Nous irons tous au paradis

Ecrit à l’été 2002

 Canoniser le tsar

Savez-vous la meilleure de l’été ? L’église orthodoxe russe a canonisé le tsar Nicolas II, c’est-à-dire le dernier tyran en place avant la révolution bolchevique de 1917.

Canoniser, ça veut dire « reconnaître comme un saint » . Est-il reconnu comme un saint pour ses bonnes actions personnelles, pour sa vie exemplaire, pour les services qu’il a rendus aux autres ? Ou pour les 270 grévistes des mines de la Lena, en Sibérie, morts sous les coups de feu des troupes royales ? Ou pour les 2 500 000 morts à la guerre déclenchée en 1914 par le tsar qui espérait restaurer le prestige de son régime par une guerre victorieuse . Pendant le règne de Nicolas II, les villes souffraient de la hausse des prix et de la famine, et 40 % des terres appartenaient à la noblesse ou à la couronne. Le prolétariat était particulièrement misérable : les révolutionnaires y trouvèrent leurs meilleures troupes.

A l’époque, le peuple était très hostile au tsar et à sa famille. Maintenant le tsar est canonisé comme ... « martyr du communisme » ! C’est comme si, chez nous, on voulait canoniser Louis XVI, comme victime de la révolution française ! (c’est d’ailleurs ce que propose l’archevêque orthodoxe de la diaspora russe à Paris !)

On en a raspoutine !

Cette canonisation marque le retour en force de l’église orthodoxe en Russie. Le clergé orthodoxe est omniprésent dans les cérémonies officielles et à la télévision. Tout en appelant à plusieurs reprises à la fin des combats en Tchetchénie, le patriarche Alexis II (recruté par le KGB en 1958 en Estonie) soutient l’effort de guerre. L’Eglise orthodoxe a restauré ses deux académies de formation du haut clergé, une vingtaine de séminaires ou écoles théologiques. Elle ouvre des lieux de culte dans les casernes et les prisons. Elle espère étendre son influence dans la société, obtenir des cours de religion à l’école, continuer à bénéficier d’exemptions fiscales ou de dons qui lui viennent de banques, de grandes entreprises, d’anciens communistes, voire de mafieux qui, pour s’acheter une bonne conscience, sollicitent une bénédiction (d’un local, d’une Mercedes...) ou versent leur obole à la restauration d’une église !

Selon Le Monde du 28 juillet, à propos de l’église orthodoxe : « Les personnalités réformatrices sont sanctionnées, ou disqualifiées dans des journaux et radios orthodoxes, comme Radio-Radonège, qui relaient des thèses antisémites et anti-occidentales. Celles qui font dire que les juifs sont coupables de l’assassinat des tsars. Elles sont diffusées par des moines du monastère de la Trinité Saint-Serge, par des prêtres influents de Moscou, par tout un jeune clergé formé dans l’urgence d’une société brutalement sortie de l’athéisme, attirée par les positions extrêmes et les discours simplificateurs. »

Alors pour faire bonne mesure, l’église orthodoxe russe a décidé de ne pas lésiner sur la canonisation : depuis lundi 14 août, la Russie peut prier d’un coup saint Tasr (Nicolas II) et toute sa famille : sainte Tsarine (Alexandra), saint Tsarévitch (Alexeï) et saintes Tatiane, Olga et Maria, les filles du couple impérial.

On en a Raspoutine ! comme on dirait en Russie dans les milieux contestataires.

Bienheureux

Du côté de l’église catholique, il y a aussi de la « béatification » (c’est une marche vers la canonisation) dans l’air, notamment celle du pape Pie IX, connu pour sa rigidité et sa politique antijuive. Un enfant juif illustre bien cette rigidité : le petit Edgardo Levi-Mortara, fils de parents juifs résidant à Bologne, est secrètement baptisé par une servante catholique. L’enfant est élevé dans le judaïsme mais la police ecclésiastique de Bologne entend parler de son baptême et prévient le Saint-Office à Rome. Le pape Pie IX décide alors d’enlever l’enfant à sa famille pour l’élever chrétiennement. C’est ainsi que le 28 juin 1858 le jeune Edgardo, âgé de 7 ans, est arrêté par les gendarmes et conduit jusqu’au pape en personne qui en fera son enfant adoptif, malgré les protestations des parents, malgré les pétitions suppliantes des synagogues, malgré les interventions de Napoléon III et de l’empereur d’Autriche. Pie IX n’a rien voulu entendre appliquant la loi canonique dans toute son absurdité : l’Eglise interdit de baptiser un enfant juif sauf en cas de danger de mort immédiate. Mais s’il survit, il doit être retiré de sa famille juive pour le protéger d’une apostasie et d’un retour à sa religion primaire.

Dans tout ça, une seule chose nous rassure : si Nicolas II (avec toute sa famille) est reconnu comme un saint, si Pie IX est en voie de canonisation, c’est qu’il y a place dans la liste des saints pour chacun de nous !

« Nous irons tous au paradis, même moi ... » dit la chanson.


(écrit le 2 octobre 2002)

 Jean Cardonnel : un dominicain à la porte

La « mise au pas » que l’on constate actuellement en France, avec Sarkozy et consorts, touche aussi l’église.

Selon un article du journal Le Monde, du 6 octobre 2002, Jean Cardonnel, le « dominicain rouge », chef de file d’un catholicisme nourri à la sève de Vatican II et de mai 1968, pourfendeur des hypocrisies de son Eglise, « fidèle rebelle » comme il se qualifiait lui-même, a été « mis à la porte » de son couvent de Montpellier.

De retour d’un voyage à la Réunion, en septembre, il a retrouvé sa cellule vide et une partie de ses affaires dans des sacs-poubelle. On a tenté de le convaincre de déménager à Quillan (Aude) chez des religieuses qui accueillent des « cas sociaux » !

Agé de 82 ans, il ne décolère pas et veut porter plainte contre ses supérieurs pour violation de domicile. Depuis 44 ans, Jean Cardonnel avait fait du couvent de Montpellier son quartier général. C’est là qu’il travaillait, priait, professait la réforme d’un christianisme qui ne s’agenouille devant aucun système.

Il brocardait les adorateurs de Jean Paul II - la « wojtylâtrie » - et résumait sa théologie en deux traits : « dé-romaniser l’Eglise » et « évangéliser Dieu ».

Cet homme, qui avait « épousé la parole du tribun Jésus », protesta toute sa vie : contre la condamnation par Rome des prêtres-ouvriers, contre la torture en Algérie. Il fut de tous les combats pacifistes, féministes, tiers-mondistes des cinquante dernières années. Jean Cardonnel avait accepté de quitter ce couvent où l’atmosphère était devenue pour lui irrespirable. Mais le procédé employé pour le mettre à la porte est pour le moins cavalier.D’autres frères âgés ont été invités à partir. Le couvent a choisi de vivre une « année sabbatique », et le prieur se défend de tout « oukase idéologique » et de « repli » sur un catholicisme traditionnel étranger à la tradition dominicaine. L’affaire n’en restera pas là. Un comité de défense des « héritiers de Jean Cardonnel » s’est constitué pour répliquer au prieur de Montpellier, qui a déclaré à la presse locale que l’« ère Cardonnel est révolue ».

(d’après Henri Tincq, Le Monde)


écrit le 30 octobre 2002

 Religion et Politique

Un forum sur les liaisons entre la religion et le politique s’est tenu au Mans les 25-26 octobre 2002.

« Les hommes ne font jamais le mal si complètement et joyeusement que lorsqu’ils le font par conviction religieuse » disait PASCAL. « En s’alliant à un pouvoir politique, la religion augmente sa puissance sur quelques-uns, et perd l’espérance de régner sur tous » disait TOCQUEVILLE

Alors que le temps de la guerre froide était celui des grands affrontements idéologiques, les multiples conflits qui déchirent le monde de l’après-communisme ressemblent plutôt à des guerres de religion. Les événements de ces dernières années apportent une justification nouvelle à la prophétie de Jésus, qui pourrait s’appliquer à toutes les religions : « Pensez-vous que je sois venu apporter la paix à la terre ? Non, plutôt la division » (Luc, 12,51). Les attentats du 11 septembre 2001 ont porté à son paroxysme la montée en puissance d’un islamisme qui s’était déjà manifesté, au cours des années précédentes, sous des formes plus ou moins meurtrières. L’échec du processus de paix engagé au Proche-Orient a ravivé les tensions entre juifs et musulmans. L’hindouisme a suscité de fortes mobilisations dans son aire d’influence. Partout les revendications identitaires se sont enveloppées du manteau de la croyance religieuse (en Irlande par exemple). L’Amérique protestante, par la voix de son président, a proclamé la « croisade » contre les infidèles. L’Europe elle-même, dans sa Charte des droits fondamentaux, n’a pas hésité à revendiquer ses valeurs chrétiennes, même si, par précaution de langage, elle a choisi de ne se référer qu’à son commun « patrimoine spirituel et moral ». Au-delà des religions établies, enfin, se développent des sectes et des communautés qui attestent d’un besoin de religiosité et d’une recherche de croyances collectives.

La République s’est construite en grande partie sur le rejet des Églises et nul ne songe à remettre en cause cet acquis. Mais la religion n’est plus absente du terrain de la politique. Faut-il tenir cette nouvelle complicité pour une « liaison dangereuse » ?

D’après Thomas FERENCZI
Directeur adjoint du Monde


Ecrit le 10 septembre 2003 :

Comment la Sainte Vierge a-t-elle fait vendre l’Eclaireur ?

Réponse :

Dans l’Eclaireur, comme dans Presse-Océan, est paru, à la mi-août, un article expliquant que l’Assomption de la Vierge Marie, que célèbrent les catholiques le 15 août, était à l’origine une fête païenne qui, comme bien d’autres, fut christianisée par l’Eglise. Gros scandale. Articles de réponse dans les deux journaux. Prêche à l’église. Du coup, les « fidèles » se sont précipités sur l’Eclaireur pour juger, par eux-mêmes, du contenu du dit article. Ils ne font donc pas confiance à ce qu’on leur dit en « sermon » ? Catholiques, votre sens critique vous fera perdre la félicité éternelle.


Ecrit le 27 septembre 2006

  Histoire de Pape ... et d’islam

Le pape Benoît XVI a provoqué une grosse colère dans le monde musulman, en tenant des propos imprudents, le 12 septembre 2006. Dans un discours sur « foi et raison », il a cité une partie d’un dialogue réalisé entre l’Empereur byzantin Manuel II et un savant persan, en 1391, « sur le christianisme et l’islam, et sur leur vérité respective » en disant ceci :

Dans le 7e dialogue édité par le professeur Khoury l’Empereur Manuel II en arrive parler du thème du ‘djihâd’ (guerre sainte). L’Empereur savait certainement que dans la sourate 2, 256, il est écrit : « Pas de contrainte en matière de foi ». Mais l’Empereur (...) déclare : « Montre-moi donc ce que Mohammed a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d’inhumain, par exemple le fait qu’il a prescrit que la foi qu’il prêchait, il fallait la répandre par le glaive. »

L’empereur Manuel II commente « Pour convaincre une âme raisonnable, on n’a besoin ni de son bras, ni d’un fouet pour frapper, ni d’aucun autre moyen avec lequel menacer quelqu’un de mort. »

lire ici le texte intégral

Dans cette histoire le Pape a été pour le moins maladroit. Comme dit le journal Témoignage Chrétien : « on peut se poser la question de savoir s’il n’y avait pas d’autres exemples disponibles pour illustrer ce thème des rapports entre foi et raison ».

« Témoignage Chrétien » continue :

« Le pape était-il obligé, au moment même des commémorations du 11 septembre 2001, et quelques mois après la crise des caricatures, d’aller chercher ce texte du XIVe siècle et d’en extraire cette citation qui, diffusée sans précautions, risquait de déclencher l’orage ? »

« Imagine-t-on Benoît XVI citer dans un discours quelque théologien médiéval pestant contre les juifs déicides ou un polémiste de la Contre-Réforme dénonçant les protestants hérétiques et, ensuite, passer à autre chose comme si de rien n’était ? »

Le pape aurait pu, en effet, se contenter de citer la phrase « Pour convaincre une âme raisonnable, on n’a besoin ni de son bras, ni d’un fouet pour frapper, ni d’aucun autre moyen avec lequel menacer quelqu’un de mort. ». Il aurait eu alors une réflexion de portée générale, englobant toutes les dérives de l’église catholique. Aussi bien
– les Croisades (neuf croisades entre 1096 et 1272),
– l’épisode des Cathares (le pape lança en 1209 la Croisade des Albigeois contre la religion cathare)
– l’Inquisition créée en 1231, (qui se poursuivit par l’inquisition espagnole en 1478 et l’inquisition portugaise en 1531), qui laisse de très mauvais souvenirs (tortures, bûchers, etc)
– les conversions forcées à la religion catholique, accompagnant toutes les colonisations (par exemple au Pérou, à partir de 1526, où la religion catholique fut imposée aux populations autochtones sous la contrainte, au nom de « l’extirpation de l’idolâtrie »)
– La persécution des Protestants et les guerres de religion (1562-1598 en France)
– et bien sûr la persécution des Juifs.

Le Pape avait certainement des choses à dire en matière de foi et de raison mais son propos, ciblé inutilement sur l’Islam, a provoqué des colères compréhensibles dans une partie du monde qui se sent rejetée.

B.Poiraud

Voir : la guerreu des cult-tureux


Note du 27 novembre 2009

 L’Eglise catholique irlandaise et la pédophilie

L’émotion prévaut après la reconnaissance par les autorités catholiques irlandaises d’abus sexuels et de violences systématiques perpétrées durant trente ans par le clergé sur des enfants.

Le quotidien anglais The Guardian revient sur les détails d’un rapport, mettant en cause des connivences au sein du haut clergé irlandais pour étouffer les plaintes des enfants maltraités.
L’une des victimes se dit soulagée que sa parole soit enfin entendue et reconnue.

Quatre archevêques sont notamment accusés d’avoir couvert les faits en facilitant les mutations de prêtres pédophiles d’une paroisse   à une autre, explique le Times.

Une dissimulation rendue possible grâce à des complicités qui remontent jusqu’au Vatican, qui a d’ailleurs refusé jusqu’à présent de se soumettre à des investigations sur le sujet, souligne The Irish Times.

Un éditorial du même journal dénonce la loi du silence et le recours du clergé au droit canon pour s’exempter de crimes « non exceptionnels ». Des crimes rendus possibles par la collusion de l’Eglise et de l’Etat, rappelle The Irish Independent