_ ?crit le 3 juillet 2002)
Noy ?s dans du lait
L’entreprise agro-alimentaire « Biolait » ? Saffr ?, premier collecteur de lait biologique en France.
Les chiffres de Biolait
– 320 producteurs de lait de vache, soit 50 millions de litres collect ?s sur toute la France,
– 20 producteurs de lait de ch ?vre et 10 producteurs de lait de brebis
– Une centaine de transformateurs livr ?s,
– 70 emplois cr ??s,
– 20 camions de collecte et un local administratif .
Vu la zone g ?ographique couverte par le groupement, tout producteur nouveau qui engage une reconversion en bio est assur ? de valoriser son lait bio en le faisant collecter ou mutualiser par BIOLAIT.
En effet, si un producteur de lait livre son lait en bio, il le verra transform ? en produits bio (fromages, yaourts, lait UHT) et identifi ? comme tel par le consommateur (d’o ? reconnaissance de son travail) et il sera pay ? ? un prix sup ?rieur ? celui qu’il aurait dans le syst ?me conventionnel.
Difficult ?s
Depuis quelques mois, la fili ?re « lait biologique » conna ?t un contexte difficile du fait de deux ?l ?ments essentiels :
– un tassement des volumes transform ?s alors que les distributeurs (Grandes et Moyennes Surfaces comme les super-march ?s et hypermarch ?s, et sp ?cialis ?s) affirment que le march ? bio est toujours porteur et croissant,
– une augmentation de la part des volumes de lait bio import ?s.
Cette situation a un double d ?savantage :
– elle touche les producteurs de lait, qui ne peuvent pas vendre tout leur lait par BIOLAIT et voient donc leur r ?mun ?ration baisser (puisque le prix pay ? par Biolait est sup ?rieur au prix du lait pay ? par les laiteries conventionnelles).
– elle touche aussi les 70 salari ?s de Biolait dont le volume d’activit ? se r ?duit.
Les exploitations laiti ?res biologiques fran ?aises en p ?ril
La consommation de produits laitiers bio toujours en augmentation : toutes les ?tudes s’accordent pour constater qu’on manque de production bio en France pour satisfaire le march ?, notamment en produits laitiers. On comprend donc mal que les exploitations laiti ?res biologiques soient en p ?ril ! En fait, elles ont ? affronter l’attitude des industriels de lait.
Les trois principaux industriels qui commercialisent les grandes marques de lait UHT et produits frais font des choix :
– d’une part ils limitent au maximum leur approvisionnement aupr ?s de BIOLAIT en important d’Allemagne ou d’Autriche,
– et d’autre part ils cr ?ent artificiellement une stagnation du volume transform ? et limitent le volume mis en rayons alors que celui-ci pourrait s’accro ?tre pour r ?pondre ? la demande.
Les ma ?tres
L’objectif de ces industriels est de ma ?triser directement leur approvisionnement :
– pour n ?gocier le prix d’achat individuellement producteur par producteur,
– pour g ?rer leur « parc » de producteurs de fa ?on ? faire profiter les uns des sous-r ?alisations de quotas des autres (certains producteurs de lait ne produisent pas la totalit ? du quota qui leur est attribu ?. La laiterie peut alors attribuer un quota suppl ?mentaire provisoire ? d’autres producteurs).
En outre ces transformateurs, en choisissant d’importer du lait bio alors qu’il y en a sur le march ? fran ?ais, ne respectent pas la demande des consommateurs bio, qui souhaitent un produit local (cela augmente en outre le risque de fraudes).
Cette logique a cependant ses limites qui repr ?sentent en m ?me temps les raisons d’exister d’un groupement comme BIOLAIT :
Les transformateurs n’ont pas vocation ? collecter tous les producteurs de lait bio sur l’ensemble du territoire fran ?ais. Leur logique ?conomique est de collecter le volume dont ils ont besoin dans une aire g ?ographique la plus limit ?e possible (20 km autour de la laiterie). C’est pour r ?pondre ? cette limite que BIOLAIT s’est cr ??e, pour permettre ? tout producteur, quels que soient sa localisation g ?ographique et son volume de production, de voir son lait valoris ? en bio.
D’autre part, en collectant tous les deux jours, les industriels doivent transformer tous les deux jours (si ce n’est pas le cas, une partie du lait bio collect ? va en conventionnel) avec des quantit ?s collect ?es ne correspondant pas en g ?n ?ral au volume dont ils ont r ?ellement besoin.
En revanche, en regroupant l’offre de lait bio, BIOLAIT peut livrer le volume dont le transformateur a besoin le jour qui lui convient. Le syst ?me de collecte-livraison de BIOLAIT permet ainsi de rationaliser ? la fois les co ?ts de transport du lait et de mise en transformation (sachant qu’une fabrication bio n ?cessite un lavage complet des installations avant et apr ?s pour ?viter tout m ?lange avec le conventionnel).
« Nous permettons ainsi ? plusieurs transformateurs de toutes tailles de se diversifier en produits laitiers bio et m ?me pour certains de d ?velopper une activit ? exclusivement bio. Ceci touche notamment des transformateurs ayant un fort savoir-faire fromager traditionnel, qui peuvent ainsi d ?velopper une activit ? ?conomique dans des zones rurales d ?favoris ?es et y cr ?er des emplois » dit l’entreprise Biolait.
BIOLAIT, acteur de l’am ?nagement du territoire
Ainsi BIOLAIT permet aujourd’hui ? 350 exploitations agricoles (soit environ plus de 1000 actifs) d’exister ?conomiquement et cr ?e une plus-value par son syst ?me de collecte-livraison g ?n ?rant 70 emplois directs, auxquels il faut ajouter les emplois indirects chez les transformateurs livr ?s.
Si BIOLAIT devait dispara ?tre, personne n’y serait gagnant : ni les salari ?s de l’entreprise, ni les producteurs de lait biologique, ni les consommateurs, ni m ?me les salari ?s des laiteries. Seuls les transformateurs seraient susceptibles d’y gagner dans leurs op ?rations boursi ?res, mais ce serait contraire ? la logique d’un d ?veloppement durable.
Biolait est un syst ?me d’organisation de producteurs
Sans celle-ci chacun vend son lait ? un prix diff ?rent suivant le transformateur qui le collecte et il est tr ?s difficile pour le producteur de n ?gocier quand il n’a pas le choix de son d ?bouch ?.
De plus, tous les producteurs dont le lait n’int ?resse pas les transformateurs (trop loin, trop co ?teux ? collecter) ne seraient, eux, pay ?s qu’au prix conventionnel, ce qui n’est pas viable pour les exploitations. Avec BIOLAIT tous les producteurs fran ?ais sont assur ?s de recevoir un prix correspondant ? leurs co ?ts de production. De plus Biolait a fait le choix de distribuer le m ?me prix ? tous ses adh ?rents, ce qui permet d’envisager le d ?veloppement d’exploitations agrobiologiques sur tout le territoire.
Note du 5 novembre 2008 : Biolait va bien, elle construitun nouveau b ?timent, avec l’aide du Conseil g ?n ?ral

