Ecrit le 4 juin 2008
Le bl ? br ?le
Selon Les Echos du 30 mai 2008, la flamb ?e actuelle des prix agricoles mondiaux, qui a d ?j ?? suscit ? des ?meutes de la faim dans plusieurs villes d’Afrique et d’Asie, est un ph ?nom ?ne durable. Dans un rapport conjoint sur les perspectives agricoles 2008-2017, l’OCDE et la FAO estiment que, pendant la d ?cennie ? venir, les prix resteront hauts pour des raisons structurelles.
Entre 2005 et 2007, les cours du ma ?s, du bl ? et des ol ?agineux ont quasi doubl ? et poursuivent leur envol ?e. Les projections tablent sur une hausse - par rapport ? la moyenne des dix derni ?res ann ?es - de 20 % des prix nominaux de la viande bovine et porcine, de 30 % pour le sucre, de 40 % ? 60 % pour le bl ?, le ma ?s et le lait en poudre, de plus de 60 % pour le beurre et les ol ?agineux et de plus de 80 % pour les huiles v ?g ?tales.
La raison ? Des facteurs structurels comme la demande croissante et la modification des habitudes alimentaires des pays ?mergents, mais aussi l’explosion de la production de biocarburants. Selon Loek Boonekamp, expert ? l’OCDE, « les biocarburants seront responsables pour un tiers de la hausse des prix alimentaires dans les dix ans ? venir ». La production mondiale d’ ?thanol devrait ainsi encore doubler ? 125 milliards de litres ? l’horizon 2017.
Autre pr ?diction : une instabilit ? durable des prix, notamment parce que les stocks « ne devraient pas remonter sensiblement », mais aussi en raison des d ?r ?glements climatiques et de la hausse de la sp ?culation.
Le rapport souligne aussi que, dans les pays pauvres importateurs nets, la situation risque de s’aggraver et que l’aide alimentaire doit s’accro ?tre. Il est urgent d’investir dans l’agriculture rurale pour pouvoir nourrir les populations.
Ecrit le 11 f ?vrier 2009
Quand ?a baisse ... ?a baisse pas !
L’UFC-Que Choisir a publi ?, fin janvier 2009, son ?tude sur le prix de la viande pour trois grandes fili ?res : bœuf, porc et volaille. Cette ?tude d ?montre que depuis 1990 de nombreux ?carts injustifi ?s sont apparus entre les prix agricoles et les prix au consommateur.
Le prix du bœuf en rayon a augment ? de 50 % entre 1990 et 2008, alors que dans le m ?me temps, le prix de l’animal subissait une baisse de 15 %. Les surco ?ts avanc ?s par les professionnels n’expliquent que 1,1 euros/kg ? 1,5 euros/kg sur les 6 euros/kg d’augmentation. Le reste de cet ?cart s’est surtout constitu ? ? la faveur des deux crises de la vache folle, o ? les fortes baisses du prix de l’animal n’ont jamais ?t ? r ?percut ?es sur les prix aux consommateurs.
Des m ?canismes analogues expliquent que, sur la m ?me p ?riode, le prix de d ?tail de la viande de porc a progress ? de + 26 % (?chine) et que celui de la volaille a flamb ? de + 40%, alors que les prix agricoles baissaient respectivement de 30 % et 7 %.
Les professionnels de l’industrie et ceux de la distribution tendent en fait ? r ?percuter les hausses de prix agricoles, mais « ?oublient » de r ?percuter les baisses, notamment lorsque surviennent des crises sanitaires.
L’alimentation fait partie des premiers postes de d ?pense des m ?nages, l’UFC-Que Choisir demande :
– aux op ?rateurs de s’expliquer sur ces divergences entre les prix agricoles et les prix ? la consommation,
– ? l’Observatoire des Prix et des Marges de publier le montant des marges brutes et nettes des op ?rateurs pour les grandes familles de produits alimentaires,
– aux autorit ?s en charge de la concurrence de renforcer leur vigilance sur les secteurs industriels tr ?s concentr ?s et de v ?rifier que les crises sanitaires n’induisent pas un effet d’aubaine pour les professionnels,
– aux pouvoirs publics de donner ? l’Autorit ? de la Concurrence le pouvoir de r ?tablir la concurrence dans les zones de chalandise.

