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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Saria (équarissage) > Saria : plus d’odeurs dans deux ans

Saria : plus d’odeurs dans deux ans

Ecrit le 3 octobre 2007

 La farine de plumes et de sang nourrira vos rosiers et vos chats

Opération de communication ? Sûrement. Opération d’information ? Certain. Mais indispensable ! L’usine SARIA à Issé a ouvert ses portes au public le 23 septembre 2007 et plus de 1600 personnes se sont déplacées. La visite était très bien organisée avec de grands panneaux explicatifs et, dans les différents ateliers, des affichettes sur les principales machines. Les ateliers étaient bien balayés. Chiche qu’ils avaient mis du déodorant en plus ! Le public avait le droit de se promener librement et de prendre des photos.

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En arrivant à la Saria
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Saria-Vue intérieure
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Saria, circuit de visite

 Un peu d’histoire

Vers 1885 M. Salmon a créé une tannerie à Issé, qui s’est complétée en 1893 par un hangar d’équarissage.. Par la suite les Éts Salmon ont été repris par Française Maritime (1972) puis par « Sanofi » (1985). L’actuelle usine SARIA d’Issé, appartient au groupe Saria-bio-industries qui est une filiale du groupe Rethmann depuis 1995.

Le groupe Saria-bio-industries, qui a plusieurs usines en France (Concarneau, Vitré, Issé, Guer, Mulhouse etc), traite les sous-produits et les co-produits.

Les sous-produits viennent du service public de l’équarissage (les vaches mortes par exemple).

Les co-produits sont issus d’animaux sains (sang, os, plumes, graisses, etc). Depuis la crise de la vache folle, il y a une séparation absolue des sous-produits et des co-produits. L’usine d’Issé a une cinquantaine de camions de collecte, spécialisés : le sang d’un côté, les os et débris de viande de l’autre, les plumes dans un troisième. Elle ramasse dans un rayon de 200 à 250 km autour d’issé.

En ce qui concerne les viscères, elles sont ramassées par un autre camion du groupe Saria (usine de Guer), mais pas envoyées à Issé. De même les peaux sont collectées à part.

Le groupe Saria-bio-industries collecte toutes les matières non-consommables. Evitant de les laisser pourrir n’importe où. « Notre premier travail est d’empêcher la pollution » dit M. Marin directeur de l’usine d’Issé (celle-ci peut traiter 230 000 tonnes de matières par an).

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Lavage et désinfection des camions

Dans cette usine travaillent 108 personnes auxquelles s’ajoutent 2 personnes au centre de transfert d’Ecommoy et 4 personnes au centre de transfert de Brest.
Brûler la graisse

Dans le cochon, tout est bon, dit-on .... En réalité seulement 38 % du cochon est consommable par l’homme, le reste est réutilisable autrement. La part non consommable de l’animal, est de 32 % pour la volaille, Elle est de 40 à 50 % pour le poisson, 46 % pour les bovins et 48 % pour les ovins.

L’usine d’Issé ne collecte que des produits sains , contrôlés par vétérinaire, puis elle les déshydrate pour les rendre stables et valorisables. Elle a besoin, pour cela, de beaucoup d’énergie : autant que pour chauffer 6000 maisons !

Naguère, elle utilisait du fuel. Maintenant c’est la graisse des animaux qui sert de combustible ! En effet les sous-produits, traités ailleurs qu’à Issé, sont transformés en graisse. Celle-ci brûle aussi bien que le pétrole mais, contenant moins de carbone, elle permet de diminuer l’émission de CO2. « En remplaçant le fuel par la graisse, nous avons diminué nos émissions de CO2 de 96,5 % entre 2000 et 2005 » dit M. Pelissier.

Par ailleurs toutes les calories produites dans la chaîne de production sont réutilisées. « De ce fait notre consommation d’énergie a diminué de 7 % en deux ans ».

 Odeurs

Le traitement des co-produits génère automatiquement des odeurs, d’une part au déchargement, d’autre part dans les hydrolyseurs : la vapeur d’eau est chargée de molécules odorantes . « Nous recevons environ 1000 tonnes de matières par jour. Il s’en évapore la moitié. Ca ne sent pas bon ! L’air du hall de déchargement, et les buées sont pris en charge par deux procédés » dit M. Pelissier.

Premier procédé : les buées sont dirigées vers un oxydeur thermique qui les brûle à plus de 800 degrés. Ce procédé coûte cher, 3000 €/jour et renvoie 21 tonnes d’eau évaporée par heure.

Le deuxième procédé se fait en trois étapes :

1) des aérocondenseurs réfrigèrent les buées. Une partie se condense alors et est envoyée à la station d’épuration.
2) ce qui ne s’est pas condensé passe par des laveurs chimiques qui capturent les molécules odorantes grâce au passage dans un rideau d’eau.

3) l’air chargé de molécules odorantes passe ensuite à travers trois biofiltres : trois grandes caisses remplies de pierres calcaires (autrefois c’était des coquilles d’huitres) : des bactéries s’accrochent sur ces pierres et mangent les mauvaises odeurs, en particulier le soufre produit par le traitement de la plume.

Ce deuxième procédé traite 80 000 m3 par heure et permet un abattement de 95 % de la charge olfactive. « Des fois il faut arroser un peu les bactéries car elles ont besoin d’une certaine humidité » dit M. Pelissier.

Il reste cependant des odeurs dans l’usine Saria et aux alentours, qui peuvent être désagréables mais non toxiques « Mais dans deux ans nous espérons avoir résolu le problème ».

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Dessin de Eliby - 06 23 789 305

 Farines

L’usine Saria dispose de trois ateliers distincts pour le sang, les plumes et les produits carnés (viandes + os). La valorisation permet d’en faire des PAT (protéines animales transformées) et des graisses.

Le sang est composé de 88 % d’eau. L’usine Saria d’Issé en a traité 34 000 tonnes en 2006 avec un rendement de 12 %. Le sang passe d’abord dans un dégrilleur puis dans un coagulateur qui, grâce à la chaleur, sépare le sang en deux parties : liquide et solide. La partie liquide est envoyée à la station d’épuration. La partie solide est séchée, broyée, tamisée et donne une farine rouge-sang qui sert d’engrais azoté (pour les rosiers) et de protéines pour les animaux carnivores (chiens et chats).

Les plumes contiennent de la kératine (comme nos cheveux). Elles sont traitées par hydrolyse thermique. On obtient une pâte brune qu’il faut sécher, broyer et tamiser et cela donne une farine de plume qui sert d’engrais bio et d’aliments en aquaculture. Issé a traité 34 000 tonnes en 2006, avec un rendement de 30 % (soit environ 10 000 tonnes de farine)

Les produits carnés sont concassés en morceaux de 30 mm de diamètre, puis passent dans quatre cuiseurs où ils sont cuits « à cœur ». Ils entrent avec 60 % d’humidité et ressortent à 3 % d’humidité en une pâte grasse qui est dirigée vers l’atelier de pressage. Celui-ci sépare la matière solide de la matière liquide.

– La matière solide est stérilisée, broyée, tamisée. Cette farine de viande sert pour faire des croquettes pour chiens et chats et sert aussi d’engrais azoté et phosphoré. Si par hasard il y avait un problème d’infection dans une viande, cela ne présenterait pas de risque puisque la farine de viande est consommée par les chiens et chats et puisque que l’être humain ne bouffe pas ses animaux domestiques.

– La matière liquide obtenue après le pressage est filtrée et centrifugée. Ces graisses servent à la fabrication des savons et lessives.

– Les gaz et la vapeur d’eau produits par la cuisson des produits carnés passent ensuite à travers un rideau d’eau (laveur chimique) et des biofiltres. Tout ce transit d’air chargé de molécules odorantes explique en partie la quantité de tuyaux qu’on trouve dans l’usine.

L’usine Saria d’Issé a traité 114 000 tonnes de produits carnés en 2006 avec un rendement de 33 % pour les PAT et de 12 % pour les graisses.

 Epuration

La station d’épuration de l’usine traite les différents liquides de l’usine (et notamment les eaux de lavage des installations). Elle est conditionnée comme pour une ville de 100 000 habitants. C’est sans doute le point le plus faible de l’entreprise. Les eaux épurées sont déversées dans le Don quand le débit de celui-ci le permet. Elles sont utilisées aussi en irrigation par les agriculteurs voisins.

« La station d’épuration est liée au travail des bactéries. Mais c’est tout un réglage. L’hiver elles souffrent du froid, il faut donc tiédir les eaux et apporter de l’oxygène. L’été elles crèvent de chaud : il faut donc rafraichir les eaux » dit M. Pelissier de façon imagée.

 Contrôle

L’usine Saria est contrôlée en permanence, et de façon inopinée, par les services vétérinaires et par un laboratoire extérieur. Mais elle a aussi un laboratoire interne qui fait 3000 analyses par an pour contrôler la teneur en protéines, l’acidité, la couleur, l’humidité etc

Dans l’avenir, la SARIA compte investir dans une usine de bio-carburants (à partir de graisses animales), dans une usine de méthanisation, et dans un processus de valorisation de la bio-masse

 

B.Poiraud

 

Site : http://www.saria.fr/index.php?id=5
Et http://www.saria.fr/index.php?id=100 pour ce qui concerne plus particulièrement l’usine d’Issé



Ecrit le 4 avril 2011

 Plume plume, tra la la ..

Du fait de son bas prix et de son goût qui plaît à tous, le poulet est l’une des viandes les plus consommées dans le monde. Ce ne sont donc pas les plumes qui manquent ! Des scientifiques américains ont eu la bonne idée de valoriser ce déchet et en ont fait … du plastique ! Et pas n’importe quel plastique : un « thermoplastique », une matière qui peut être rendue malléable en la chauffant, et qui redevient solide lorsqu’elle retrouve sa température initiale. La forme peut alors être modelée à volonté, par simple chauffage. En plus de son origine écologique, c’est un plastique réutilisable, recyclable.

Farines animales

Projet de méthanisation à Issé - Une usine de biogaz (méthanisation) à Issé