Ecrit le 18 mars 2009
Le micro cr ?dit social en milieu rural
Le vendredi 6 f ?vrier 2009 s’est tenu, ? Ch ?teaubriant, une rencontre organis ?e par l’association Comptoir de vie.
Dans le cadre du Grenelle de l’Insertion, une recherche est men ?e ? l’Universit ? d’Angers sur le micro-cr ?dit social dans l’Ouest, dans la perspective d’une extension de cette exp ?rience vers le milieu rural.
Pascal Gl ?main (Universit ? d’Angers), chercheur en ?conomie a pr ?sent ? l’exp ?rimentation men ?e par Comptoir de Vie sur les pays de Ch ?teaubriant et Ancenis.
Le micro cr ?dit est un pr ?t personnel destin ? aux personnes en situation d’exclusion bancaire. Ce pr ?t ne peut d ?passer 3000 euros, le taux d’int ?r ?t est tr ?s faible. Il est remboursable sur 36 mois maximum.
Le Cr ?dit Municipal de Nantes est le partenaire bancaire de cette exp ?rimentation. Son repr ?sentant, Tanneguy Martin Lauzer, a rappel ? les missions du Cr ?dit Municipal et son r ?le historique dans ce type de pr ?t.
Anne Fran ?oise Oger, r ?f ?rente de l’action micro cr ?dit ? Comptoir de vie, a expliqu ? le r ?le de l’association dans l’accueil, la formulation du projet personnel du demandeur, le montage du dossier bancaire et, le suivi des demandeurs de micro cr ?dit.
A ce jour, l’association a rencontr ? 21 personnes : 12 dossiers ont ?t ? finalis ?s ; d’autres sont en cours. 80% des micro cr ?dits r ?alis ?s sur Ch ?teaubriant concernent la mobilit ? (permis, achat ou r ?paration de v ?hicule), les autres portent sur l’am ?lioration de l’habitat et la consolidation des finances personnelles.
Les temps d’accompagnements sont indissociables de l’acte de pr ?t. Les choix de la personne s’en trouvent renforc ?s. « ?Pour moi, c’est la possibilit ? de ne pas m’enliser, de me ressaisir, de mettre la t ?te hors de l’eau, d’aller chercher un travail » dit une personne. Pour une autre la d ?marche permet d’oser « J’ai os ? contacter un employeur qui m’a propos ? de financer une formation, de faire des d ?marches pour me faire d ?ficher de la Banque de France. ». Pour une troisi ?me : « ?On ’m’a fait confiance, j’ai pu rembourser et retrouver confiance en moi ? »
Les chercheurs de l’Universit ? d’Angers ont relev ? l’importance de ces accompagnements et de l’ensemble des dispositifs dans l’Ouest
Argent chaud, argent froid
Une personne manquant d’argent peut toujours tenter d’en emprunter ? la famille et aux amis, envers lesquels elle contracte alors une dette morale, en plus de la dette financi ?re. c’est en quelque sorte de l’argent « ?chaud ? ».
l’argent « ?froid ? » est celui qu’on peut emprunter ? un organisme bancaire. Mais comment faire quand on n’a qu’un emploi int ?rimaire ? Ou un CDD de 3 mois ou qu’on est au ch ?mage ? La banque ne pr ?te qu’aux riches !
De tout temps les banques ont pratiqu ? des pr ?ts ? taux ?lev ? (voire usuriers).
En 1462, un moine italien, Barnab ? de Terni cherche un moyen de combattre les taux d’int ?r ?ts abusifs pratiqu ?s ? l’ ?poque. Il cr ?e un organisme, ? p ?rouse en Italie, o ? l’on pratique des « ?cr ?dits de pi ?t ?? ». Il s’agit alors d’un ?tablissement proposant un syst ?me de pr ?t sur gage ? faible int ?r ?t ou gratuit.
Ah ! ma tante !
Devant le succ ?s de l’op ?ration, le pape l ?on X officialise les Monts de Pi ?t ? en 1515 et des initiatives semblables voient le jour dans d’autres villes d’Italie. En France, le premier Mont de Pi ?t ? est fond ? en 1610 ? Avignon, cit ? papale. S’inspirant de cette exp ?rience, le m ?decin et journaliste Th ?ophraste Renaudot, ouvre ? Paris en 1637 le premier Mont de Pi ?t ?, non affili ? ? la papaut ?. Cinq ans plus tard, le roi Louis XIII autorise plusieurs autres villes du royaume ? ?tablir des Monts de Pi ?t ?, mais ? sa mort les usuriers parviennent ? faire pression et ? mettre fin ? la pratique. Il faut attendre une ordonnance du roi Louis XVI, en 1777, pour qu’il soit r ?ouvert.
On l’appelle aussi « ma tante » depuis que le Prince de Joinville, troisi ?me fils de Louis-Philippe, pour honorer ses dettes de jeu, avait d ? d ?poser sa montre au Mont-de-Pi ?t ?. Trop honteux, il n’avait pas os ? l’avouer ? sa m ?re et il avait pr ?text ? avoir oubli ? l’objet chez sa tante.
Le Cr ?dit Municipal ? Nantes joue le r ?le de Mont-de-Pi ?t ?. Il est difficilement accessible aux habitants du monde rural. d’o ? l’int ?r ?t de l’exp ?rience actuelle men ?e avec Comptoirs de Vie : quelqu’un re ?oit les personnes, r ?unit une commission d’attribution sur place et transmet les dossiers au Cr ?dit Municipal de Nantes. « ?c’est un ?l ?ment de lutte contre la pauvret ?. Rien ? voir avec la charit ?? ». c’est pr ?f ?rable au cr ?dit-revolving qui pr ?cipite les gens dans le surendettement ?". Avec une satisfaction : les pr ?ts sont rembours ?s !
Contact : Comptoir de vie 02 40 77 51 76, asso.comptoirdevie@orange.fr
Le Conseil G ?n ?ral 44 et la Caisse des d ?p ?ts et Consignations participent au comit ? de pilotage.

