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Une larme pour nos enfants

Ecrit le 26 septembre 2007

Notre-Président-bien-aimé a facilement les larmes aux yeux, quand il lit la lettre de Guy Môquet, quand il entend parler d’un enfant victime d’un pédophile, quand il voit des malades atteints de la maladie d’Alzheimer   ... Emotion fugitive qui jette un voile de larmes sur des réalités.

La France actuellement connaît une recrudescence de suicides. De jeunes qui ne peuvent s’insérer. De salariés soumis à trop fortes pressions. De personnes âgées trop solitaires. Mais aussi, et c’est nouveau, de « sans-papiers » qui se jettent par la fenêtre pour échapper à la crainte des arrestations. Ce fut le cas du jeune congolais, Sébastien, le 4 août. Et le lendemain Yvan, 12 ans, Tchétchène. Et un Tunisien le 12 septembre. Et une Chinoise de 51 ans, le 20 septembre... et tous ceux dont on n’entend pas parler. En France, comme dans de nombreux pays, le désespoir des hommes défavorisés, est un drame. En France les arrestations, rafles, enfants menottés se multiplient de façon effarante tandis que les maires sont menacés et que les Préfets sont tancés s’ils n’ont pas de « bons » chiffres d’expulsions.

Mais qu’on le sache bien, tôt ou tard la digue qui contient le flot des déshérités de la Terre, cèdera ! Et il sera trop tard pour régler le problème des inégalités dans le monde.

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A Châteaubriant le collectif d’associations de soutien aux Sans-Papiers a écrit au Président de la République :

« A l’heure où vous venez commémorer la mémoire des résistants fusillés à Châteaubriant, vous vous souvenez que parmi les résistants, qui se sont battus pour la France, certains étaient étrangers et réfugiés. Aujourd’hui encore à Châteaubriant, des personnes ayant fui leur pays contre la répression soit d’un Etat, soit d’un mari violent, sont actuellement réfugiées dans notre commune où elles vivent grâce au soutien de nombreux citoyens .

Toutes ces familles sont bien intégrées à Châteaubriant et sont soutenues par des élus : député, maires, conseillers municipaux, généraux et régionaux, de nombreux citoyens et associations qui mettent la solidarité au centre de leur vie.

La situation de ces réfugiés, dont la plupart sont parrainés, choque un grand nombre de personnes dans la population castelbriantaise. Le collectif a mené de très nombreuses actions pour soutenir ces familles afin qu’elles soient régularisées, et restera mobilisé jusqu’à leur régularisation.

Aussi nous nous permettons de solliciter de votre haute bienveillance, une entrevue dans le but de vous présenter ces familes . Une étude de leur cas nous semble nécessaire afin de trouver des solutions justes et humaines en vue de leur régularisation.

En espérant que vos services porteront une attention bienveillante à ces nombreux cas de souffrance humaine ».

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Ecrit le 26 septembre 2007

Lettre ouverte sur le sort des Etrangers en France

Nous représentons des organisations de sensibilités diverses qui partagent, néanmoins, les mêmes préoccupations quant au sort des étrangers en situation irrégulière qui vivent dans notre pays.

Nous constatons avec inquiétude des drames humains inacceptables dont le nombre ne cesse de grandir. Cela concerne des enfants ou des jeunes adultes et leurs parents ou des personnes installées parfois depuis plusieurs années sur notre sol ; cela concerne aussi des réfugiés venus de pays où leur sécurité n’est pas assurée et qui ont cherché asile sur le territoire de la République.

Nous n’ignorons pas que le Parlement a voté, à votre initiative  , de nombreuses lois sur ce sujet et s’apprête à en voter une nouvelle. Vous savez que nous n’approuvons pas ces textes qui se sont succédé et qui ne nous paraissent pas apporter une réponse pertinente aux questions que peuvent poser l’immigration ou le droit d’asile. Mais ceci relève, au fond des choses, du débat public que nous appelons de nos vœux et qu’il appartient aux responsables politiques et aux citoyens d’engager sans démagogie et en ayant toujours présents à l’esprit les principes de la République.

Ce sont ces principes qui nous imposent de venir vous dire qu’aucune politique ne peut conduire à bannir des enfants, à les détenir dans des lieux nécessairement inadéquats ou à les séparer de leurs parents, qu’aucune politique ne peut conduire à pousser des personnes au suicide ou à mettre en danger leur vie par des grèves de la faim qui sont la marque de leur désespoir.

A la vérité, c’est l’ensemble de la vie sociale qui est menacé par les pratiques actuelles. Nous voyons s’installer dans le pays une suspicion généralisée qui, de proche en proche, concerne tout étranger, puis fait de celui qui ressemble à un étranger un suspect. C’est l’idée même de l’accueil de l’autre qui est aujourd’hui mise en péril par la désignation de l’étranger comme un fraudeur potentiel, voire comme un danger pour notre pays.

De plus en plus de femmes et d’hommes, souvent même parmi celles et ceux qui peuvent approuver votre politique, se révoltent contre le sort infligé à des personnes qui n’ont commis aucun crime. Les membres des forces de l’ordre commencent eux-mêmes à ressentir un profond malaise face à des considérations humaines auxquelles ils ne peuvent rester insensibles.

Cette situation provoque l’incompréhension, quand elle n’engendre pas des conflits qui voient des hommes et des femmes se rebeller contre ce qu’ils estiment, en conscience, relever de la force injuste de la loi, voire de l’arbitraire qui l’accompagne.

Avec eux, parce que ce que nous voyons se dérouler tous les jours sous nos yeux heurte nos valeurs, nous continuerons à être aux côtés de ceux et de celles qui souffrent ou qui paient le prix de leur solidarité.

Nous voudrions vous entretenir de cette situation et de notre souhait, qui est pour nous un impératif moral, de voir respecter la dignité et les droits élémentaires de toute personne vivant sur le territoire de la République.

Compte tenu des circonstances, vous comprendrez que nous rendions cette lettre publique.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Jean-Pierre DUBOIS, LDH
Laurent GIOVANNONI, Cimade
Stéph. JOULIAN, Pastorale des migrants
Richard MOYON, RESF