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Grève chez Kuhn Huard

Ecrit le 24 juin 2015

 Travailler en tournante

Les salariés de Kuhn Huard se sont mis en grève. Pourquoi un conflit dans une entreprise qui « marche » et fait la renommée de Châteaubriant ? ’’Depuis des années, à l’atelier de fabrication, chaque ouvrier travaille soit le matin (5h40), soit l’après-midi (13h). La direction souhaite que l’on travaille en tournante, c’est à dire des fois le matin, des fois le soir’’. En compensation, les salariés demandent une prime d’équipe.

« Il faudrait écouter des salariés et non les ministres Macron ou Rebsamen » dit l’union locale CGT « qui mettra tout .en œuvre pour obtenir la satisfaction des revendications des salariés » .


Ecrit le 01 juillet 2015

On parle depuis peu d’une petite reprise en matière de situation économique, mais le chômage poursuit sa progression. La colère des salariés progresse aussi ...

Kuhn un malaise et 55 €

Jeudi 18 juin, un bon nombre de salariés se sont mis en grève à l’usine Kuhn-Huard de Châteaubriant, en raison des modifi-cations des horaires de travail. Le vendredi matin la direction a convoqué les organisations syndicales CGT et CFDT proposant une prime de 45€ brut, refusée par les salariés. Lundi 22 juin, à 8 h le matin, ils ont poursuivi la grève. Le WE aurait-il permis de réfléchir ? La direction a proposé une prime de panier de 7.01 € soit une prime de 55 € nets. Un vote à bulletins secrets a donné 127 voix pour et 47 contre. Donc reprise du travail dans l’après midi. La CGT a signalé aussi un ras le bol des salariés suite à des pressions et plus de productivité. « La direction nous a écoutés et a reconnu que, si 170 salariés se mettent en grève, c’est qu’il y a un malaise. Les salariés nous ont remerciés de cette démarche et la CGT sera toujours à l’écoute des salariés » (communiqué CGT).

 C’est quoi ce malaise ?

Pourquoi les salariés de production se sont-ils fâchés et mis en grève ? La question des horaires a été un détonateur. Il faut savoir que la majorité des ouvriers de production sont en équipe soit du matin, soit d’après-midi et quelques postes de nuit. Depuis toujours, contraire-ment à la plupart des entreprises, les équipes ne tournent pas en 2x7 ou 3x7 h. Les salariés choisissent leur équipe suivant leur préférence ou en fonction de leur vie familiale. Cela a été rompu il y a quelques années quand le montage a été amené à faire équipe. Une partie des salariés ne pouvaient choisir l’équipe qu’ils souhaitaient parce qu’elles n’auraient pas été équilibrées et certains nouveaux embauchés ne voulaient pas d’une équipe fixe. La direction a donc imposé de tourner tout en laissant les autres ateliers en postes fixes.

Aujourd’hui elle a voulu l’imposer à toute l’entreprise. Ceux qui ont toujours fait le même horaire et organisé leur vie en fonction sont mécontents, ce qui se comprend. D’autant que c’est meilleur pour la santé de ne pas changer de rythme constamment.

Derrière ça, il y a un malaise dû au « management » qui n’est pas du tout participatif ! Avant, comme dans pas mal d’entreprises, les responsables d’ateliers étaient issus du « sérail ». Ils avaient gravi les échelons (même si certains étaient parfois pistonnés…) et connaissaient l’entreprise, le produit et les hommes. Depuis ces dernières années, on a remplacé ces encadrants, partis à la retraite, par des jeunes ou moins jeunes sortis du même moule et surtout formatés à la gestion avec tableurs, graphiques et courbes mais qui ne connaissent rien au produit et à la gestion des relations humaines. Ils seraient bien incapables de faire ce que font les ouvriers et de leur montrer comment travailler ! Quand on ajoute à ça des méthodes d’organisation souvent calquées sur celles des Japonais et plaquées sur la culture française, on arrive à des dégradations des conditions de travail et le sentiment qu’on se fout de votre gueule !

Le conflit a été réglé par une prime : cela ne change rien sur la question de départ et les rancœurs existent. Mais les salariés ont prouvé que, quand on se fâche collectivement, on peut obtenir quelque chose. ……………………...GYL