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Ni pauvres, ni soumis, témoignages

Ecrit le 26 mars 2008

 Vivre, pas survivre, des personnes témoignent

Témoignages, dans le cadre du mouvement « Ni pauvre, ni soumis »

NPNS-3

 La misère depuis mon accident

Michèle, 57 ans, veuve,
hémiplégie, Rezé
Ressources : pension d’invalidité = 500 €

« Je n’aurais jamais cru en être réduite un jour à une telle misère. Depuis que j’ai été victime d’un accident vasculo-cérébral, en 2002, je vis avec 500 € par mois. Les séquelles que j’en ai gardées - j’ai des difficultés d’élocution et j’ai perdu la motricité d’une jambe et d’un bras – m’ont empêchée de reprendre mon travail d’éducatrice. Je perçois donc une pension d’invalidité de 500 € par mois. 500 €, vous vous rendez compte ? Cela ne devrait même pas exister !

J’avais pourtant travaillé pendant une vingtaine d’années avant d’avoir mon accident. Mais il faut croire que cela ne suffit pas pour me donner le droit à une vie décente maintenant que je ne suis plus capable d’exercer mon métier. En plus, je dois 2 000 € à l’association qui emploie les auxiliaires de vie qui interviennent à mon domicile car j’ai besoin de plus d’heures d’aide que ce que mon allocation compensatrice pour tierce personne me permet de payer. »

Il m’arrive de faire la manche

 Jean, 41 ans, divorcé, personne de petite taille

Ressources : AAH + majoration pour la vie autonome = 732 €

« Si on me nomme ministre des finances, il ne me faudra pas longtemps pour résorber le déficit. Car gérer un budget serré, je sais faire. Une fois payées mes charges fixes, il ne me reste plus rien pour vivre.

Heureusement, mon père m’aide à payer le loyer même si cela m’embête, à mon âge. Et puis, je me fais un peu d’argent en gardant des animaux à domicile… Chaque lundi, je retire 50 € à la banque, pour acheter à manger – beaucoup de pâtes et de la purée !, du tabac à rouler ‘’de contrebande’’, et de l’essence pour ma voiture – une vieille 405 diesel que m’a acheté mon père et qui a 300 000 kilomètres. Des vêtements aussi de temps en temps : je dois faire faire des pantalons sur mesure à cause de mon handicap, cela me coûte trois fois plus cher. Un week-end sur deux, je m’accorde un petit ‘’extra’’ lorsque j’accueille ma fille. Mais c’est sûr qu’elle mange mieux quand elle est à l’école ou chez sa mère. Alors, quand il ne me reste vraiment plus rien, je fais la manche. Sans aucun scrupule : avant, j’étais à découvert le 25 ou 26 du mois ; maintenant, c’est le 17, 18. Trouver du travail ? Je n’y pense même plus. Là où j’habite, mes chances de décrocher un boulot adapté à mon handicap sont aussi faibles que celles de voir la Vierge à Lourdes.”
Je suis obligé de frauder »

 Anonyme, 45 ans, célibataire

myopathe. Ressources : AAH + complément = 807 €

« Voilà les données du problème.

1) mes ressources sont limitées à 807 € par mois, ce qui est totalement insuffisant pour assurer le quotidien. Entre mon loyer de 400 €, APL (aide personnalisée au logement) déduite, et les autres charges fixes, il me reste 100 € par mois pour tout le reste (alimentation, loisirs, etc.).

2) le montant de l’ACTP que je touche me permet tout juste de faire face à mes besoins d’assistance. Je dois absolument être aidé pour m’habiller, préparer à manger, faire le ménage, sortir de la maison. Impossible de restreindre ce nombre d’heures. Conclusion : je n’ai pas trouvé d’autre solution que d’employer des auxiliaires de vie au black. Comme ça, je peux économiser de quoi remplir mon chariot et payer les deux-trois bricoles indispensables (mon abonnement Internet, etc.) sans être obligé de passer mes journées au lit faute d’être suffisamment aidé ! Je ne suis pas fier de moi, car je ne supporte pas d’en être réduit à ça, mais je ne vois pas comment faire autrement.

Dès que mes ressources me permettront de faire face à mes besoins vitaux, je régulariserai la situation. Je passerai même de l’ACTP à la prestation de compensation du handicap, qui devrait m’assurer une meilleure prise en compte de mes besoins d’assistance et d’aide technique. En attendant, je suis obligé de continuer à frauder. A mon grand regret.

Difficile d’être pauvre et malade »

 Suzanne, 62 ans, célibataire, paraplégie et paralysie d’un bras,

Châteauroux. Ressources : minimum vieillesse = 628 €

« Moins la Sécurité sociale rembourse, plus je m’appauvris. Avec les nouvelles franchises médicales, les fins de mois vont devenir encore un peu plus difficiles. C’est vrai que 50 € par an, c’est-à-dire 4 € par mois, cela peut sembler peu. Mais quand vous touchez 628 € par mois, vous en êtes à compter à l’euro près. Surtout que ces franchises s’ajoutent à toutes celles qui existaient déjà : le forfait hospitalier, la participation de 1 € chez le médecin, etc. Et puis il y aussi les nombreux produits qui ne sont plus remboursés, ou de plus en plus mal. La mutuelle, qui me coûte cher, est loin de tout compenser. Ce sont des médicaments de confort, paraît-il. Ils me sont pourtant indispensables et prescrits par mon médecin. Un seul exemple : je dois prendre 4 gélules d’ultra-levure par jour. A 6 € la boîte de 50, cela me revient à 15 € par mois… non remboursés, ni par la Sécu, ni par ma mutuelle. Ce n’est quand même pas ma faute si, en plus de mon handicap – ou plutôt à cause de lui - j’ai des ennuis de santé.

En tant que personne atteinte d’affection longue durée, cela me semblerait juste que tous mes soins et médicaments soient pris en charge à 100 %. Que la Sécu rembourse moins bien, ce n’est pas un souci pour ceux qui sont en bonne santé ou qui ont les moyens. Mais quand on est pauvre et malade, cela devient un gros problème ».

 Discount

Monsieur Sales est âgé de 57 ans et habite près de Toulouse. Il a un taux d’incapacité de 95 % et bénéficie de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Il n’a jamais pu travailler. À l’âge de 9 mois, il a été touché par la poliomyélite. Il a besoin de l’aide de son épouse qui se consacre à lui. Dès que la nouvelle loi a été mise en place, il a demandé à bénéficier du nouveau complément de ressources. On lui a répondu que sa capacité de travail était supérieure à 5 % ! La FNATH de la Haute-Garonne l’a soutenu dans son recours auprès du tribunal du contentieux de l’incapacité. Il a obtenu gain de cause. À eux deux, ils touchent un peu plus de 800 euros nets par mois. Ils perçoivent aussi l’allocation tierce personne et bénéficient de la CMU. Ce qui les met à l’abri des nouvelles franchises. Mais tout cela ne fait pas d’eux des privilégiés.

On fait nos commissions dans des magasins discount, explique Madame Sales. On mange très peu de viande et surtout pas de poisson. Des plats simples comme le pot au feu qu’on faisait avant ? On a abandonné ! Pas de poule au pot non plus. Pour ce qui est des recommandations sur les 5 fruits et légumes, on fait l’impasse... Et, bien sûr, on ne sort pas !”

 Il va falloir se serrer la ceinture

Madame Delors qui habite Thouars (79) est âgée de 61 ans et souffre d’une luxation de hanche avec arthrose. Aujourd’hui, elle a du mal à marcher et se trouve allongée. Elle a commencé à percevoir l’AAH, il y a cinq ans, avec le complément de ressources. En juillet 2006, elle a fait valoir sa retraite au titre de l’inaptitude. Sa retraite de base ajoutée à sa complémentaire, s’élève à environ 680 euros par mois. Par rapport à ce qu’elle percevait avant, elle perd environ 100 euros, soit une baisse de 13 %.

Mme Delors vit avec son mari qui perçoit le SMIC et sera à la retraite en juin prochain. « Mon mari et moi, on n’est pas dépensiers. Si on va au cinéma, c’est avec les remises de son comité d’entreprise. On bénéficie aussi de bons vacances. Il a une complémentaire qui nous couvre tous les trois. Mais comment va-t-on faire en juin ? On va perdre tout cela. Il va falloir se serrer encore plus la ceinture. Moi, j’ai peur de devoir être opérée. Cela m’inquiète aussi ces nouvelles franchises ! »

 200 euros pour une mère et son fils

Madame Charpentier, 48 ans, souffre d’une déficience visuelle évolutive. Elle a travaillé jusqu’en 1996 où elle a été licenciée pour inaptitude. Elle a été présidente de la section FNATH de Chaumont (Haute-Marne). Elle touche une pension d’invalidité de 2e catégorie équivalente à 457 euros nets par mois. Elle ne peut prétendre au complément de ressources et conserve l’ACTP qu’elle estime plus avantageuse pour elle. Cela couvre notamment ses dépenses pour son chien guide. Elle touche un complément de 76 euros du Fonds spécial invalidité (FSI) et perçoit, dit-elle, une pension alimentaire de 76,22 euros ( ! ) pour son fils de 15 ans de la part de son ex-mari.

« La Sécurité sociale se fie au jugement prononcé par le juge aux affaires familiales, même s’il y a manifestement défaut de paiement, elle n’en tient pas compte », constate-t-elle amèrement. Grâce à l’APL, elle a pu obtenir un logement « plus ou moins » adapté qui lui coûte au final 200 euros par mois. « Il nous reste donc environ 200 euros pour moi et pour mon fils pour les dépenses du mois. »

 Je ne prends qu’un vrai repas par jour

Giovanni, 47 ans, célibataire, Paris
Séropositif depuis 1993 – pension d’invalidité d’environ 630 € par mois

« Les franchises vont rendre plus difficile encore ma situation qui l’est déjà beaucoup. Je perçois une pension d’invalidité de 630 euros par mois et une allocation logement de 200 euros. Une fois que j’ai payé mon loyer, ma mutuelle et les charges, il me reste moins de deux cents euros pour boucler mon mois. Cela devient de plus en plus difficile.

Avec mes quinze boîtes de médicaments, mes consultations, les séances de kiné dont j’ai besoin pour mes jambes qui me font souffrir, les 50 euros de franchise seront vite atteints.

Je sais que je vais désormais réfléchir à deux fois avant de faire certains soins. Il est faux de croire que toutes mes dépenses de santé sont remboursées parce que je suis pris en charge à 100 % pour le VIH. Par exemple, j’ai des problèmes de gencives du fait de ma maladie. Mais pour cela, je paie plein pot comme tout le monde. Je suis parfois obligé de prendre d’autres médicaments qui ne me sont pas prescrits pour le VIH, ce qui fait des frais supplémentaires puisqu’ils ne sont pas couverts par le 100 %.

Faute de moyens financiers, je ne prends qu’un vrai repas par jour.
C’est évident que Roselyne Bachelot ne connaît pas des gens qui sont dans ma situation ou alors c’est qu’elle n’a pas réfléchi aux conséquences d’une telle mesure pour les gens comme moi. »

 La peur, la honte, la culpabilité

Hervé, 48 ans, divorcé et grand-père, Dunkerque.
Séropositif – 723 € de pension invalidité + assurance rente incapacité 950€ par trimestre (imposables ce qui lui a fait perdre l’APL + lui fait payer redevance télé et taxe habitation)

« Une fois les dépenses indispensables (loyer, EDF/GDF/eau, taxe ordures ménagères, mutuelle, assurance habitation, téléphone/Internet/TV, contrat obsèques, aide-ménagère…) enlevées à mes ressources, il me reste 360 € par mois pour survivre. Et je ne déduis pas encore tous les petits prélèvements comme les 1€ par acte médical et maintenant les 0,50€ par boîte de médicament, les frais de soins non-remboursés par la Sécurité Sociale, les frais postaux, les frais bancaires…
Je n’ai aucun loisir, je n’ai pas de vie sociale, la peur, la honte, la culpabilité, je reste chez moi me forçant à réduire la moindre dépense !

Je me sens culpabilisé au quotidien, obligé de raquer sans arrêt pour des choses essentielles à la vie. Je vis l’angoisse permanente des factures, des soucis médicaux, de l’avenir. J’ai peur d’arriver à 60 ans, au moment où je percevrai la retraite vieillesse qui sera encore inférieure à ce que je perçois actuellement mais aussi au moment où ma rente me sera supprimée ! Je n’ai pas envie de finir sous les ponts, SDF.

Je vis en dessous du seuil de pauvreté, en plus de me battre contre la maladie, je dois me battre pour mon autonomie »

 Thomas, 28 ans, célibataire

Mucoviscidose, Arras Ressources : AAH 628€ + MVA (Majoration Vie Autonome) 104€ = 732 €

« Avec des dépenses de 420 € par mois (loyer hors aide au logement, charges et facture d’électricité conséquente, la mucoviscidose m’obligeant à vivre dans un milieu bien chauffé), il ne me reste que très peu pour vivre. Pour éviter une aggravation de mon état je dois faire attention aux infections, ainsi je ne peux pas prendre les transports en commun. Je suis obligé de me déplacer en voiture, ce qui est onéreux : 180 € par mois (assurance et essence).

A ces frais, s’ajoutent le plus essentiel, les soins. Je suis exclu de la CMU à cause du montant considéré « trop élevé » de mon AAH. Malgré une mutuelle de 27 € par mois, le reste à charge est de plus en plus important. J’ai des rendez-vous réguliers chez les médecins, je dois effectuer des actes biologiques, j’ai des séances de kiné et à chaque fois c’est un euro qui est prélevé. J’ai une cinquantaine de boîtes de médicaments par mois et je dois aussi supporter le coût de la franchise médicale.

Ma nourriture doit m’apporter plus de 5000 kcal par jour afin de maintenir mon poids, heureusement mes parents sont là : je mange chez eux tous les jours ou presque. La nourriture et même les soins, tout cela a un coût et il ne me reste que 105 € par mois pour y faire face ! L’association Vaincre la Mucoviscidose m’a déjà soutenu avec des aides financières, malgré tout, j’ai la hantise de devoir tout abandonner et revenir vivre chez mes parents, ce qui me priverait de l’autonomie à laquelle je tiens. J’ai fait des études et je veux travailler à temps partiel (un temps plein est incompatible avec mon état de santé). Mais aujourd’hui, si je travaille, même à temps partiel, je perds une partie du bénéfice de mon allocation. Pour enfin vivre convenablement, je souhaiterais travailler à temps partiel tout en conservant un montant plus important de mon allocation. »

 J’ai peur que ma fille doive arrêter ses études

Yvette, 58 ans, célibataire, 1 enfant, maladie des os, Raimbeaucourt
Ressources : AAH + allocation de soutien familial = 712 €

« C’est pour ma fille de 18 ans que notre situation me désole le plus. Je ne peux lui offrir aucun des loisirs qu’ont les copains et les copines de son âge. Pas de ciné, pas de Mac Do, rien. En plus, elle doit s’occuper de beaucoup de choses à la maison, vu que mon état de santé ne me permet même pas de rester debout pour faire à manger. Je reste chez moi, passant du lit au fauteuil, avec vue sur le mur gris qui fait face à la petite maison que je loue. Comme je marche avec un déambulateur, je ne peux aller bien loin. Et vu que je n’ai pas les moyens d’avoir de voiture…

Le pire, c’est que ma fille va peut-être devoir arrêter ses études. Elle va passer son bac cette année. C’est une bonne élève, mais comment voulez-vous qu’on fasse si elle doit rentrer à l’université ou dans une école ? Et encore, on a la chance que ma mère nous donne un coup de pouce financier. Sinon, cela serait bien pire. »

 Je vis à crédit

Jean-Pierre 41 ans, divorcé, 2 enfants, infirme moteur cérébral, Nantes
Ressources : AAH + complément = 807 €

« Il y a quelques semaines, j’ai dû acheter des batteries neuves à 900 € pour mon scooter électrique. Une sacrée note pour moi qui ne touche que 807 € par mois, sur lesquels je dois payer une pension alimentaire de 160 €. Je n’ai pas trouvé d’autre solution que d’emprunter de l’argent à des amis, bien que cela soit très gênant. Ce scooter électrique m’est indispensable pour me déplacer, car je ne suis pas capable d’effectuer de longues distances en fauteuil manuel à cause de problèmes musculaires. J’ai d’ailleurs eu la chance que l’APF m’en fasse don. Son achat n’est en effet pas remboursé par la Sécurité sociale. Pas plus que l’achat des batteries.

Dès que je dois faire face à un gros imprévu, c’est pareil : il faut que j’emprunte vu que je n’ai pas les moyens de me constituer une petite épargne de prévoyance. Quand j’ai dû acheter une nouvelle télé, j’ai été obligé de faire un crédit. Revolving bien sûr : c’est le seul que les établissements de crédit qui ne sont pas trop regardants consentent à nous faire ; mais c’est le plus cher, entre 15 et 20 % de taux d’emprunt ! Hors de question par contre d’espérer faire un emprunt ‘’classique’’.

Comme le montant de l’AAH est dérisoire, et qu’en plus, cette allocation n’est pas saisissable, notre dossier est systématiquement rejeté. On ne peut donc faire aucun projet de long terme faute de pouvoir les financer. »

 Revendications

Solidaires : 90 % des Français se déclarent favorables à la mise en place d’un « revenu d’existence » correct.

Les organisations demandent : un revenu de remplacement égal au moins au montant du SMIC brut et indexé sur celui-ci, assorti de cotisations sociales et soumis à l’impôt, pour toutes les personnes incapables de travailler en raison de leur handicap ou de leur maladie invalidante, quel que soit leur âge, qu’elles aient cotisé ou non.

Ce revenu doit être indépendant des ressources du conjoint, du concubin, de la personne avec laquelle un pacte civil de solidarité a été conclu, ou encore des personnes vivant sous le même toit, et ce, quel que soit le lieu de vie (domicile propre, établissement, chez un tiers) ;

Mais sans attendre, les organisations demandent que, conformément aux promesses électorales, une revalorisation de l’allocation aux adultes handicapés d’au minimum 5 % ait lieu en 2008, ainsi qu’une revalorisation au moins équivalente pour la pension d’invalidité, l’allocation supplémentaire invalidité, le minimum vieillesse et les rentes d’accident du travail et de maladies professionnelles, au regard de l’urgence et de la précarité de la situation des personnes concernées.

5 % de 800 € cela ne fait guère que 40 € par mois. Quand la rémunération moyenne des grands patrons en France est de 300 000 € par mois, est-il concevable de laisser des handicapés à 800 € ?

Source : document du mouvement « Ni pauvre ni soumis » - voir ci-dessous

doc/CP_NPNS_J-9__vdef

Ecrit le 26 mars 2008

 En fauteuil et en lit à la manif

13 trains, 5 avions, 800 cars et minibus, 6 camions podium : ni pauvres ni soumis … à l’appel de 83 associations des milliers de personnes vont marcher sur l’Elysée le 29 mars 2008. Il y aura des manifestants en fauteuil roulant et même en lit ! Ils réclament un revenu décent, et non plus une allocation inférieure au seuil de pauvreté. N.Sarkozy leur a promis une revalorisation de 25 % en 5 ans, mais ils n’ont encore vu que 1,1 % en un an.

Un départ est organisé pour 27 personnes, à 6 h le matin le samedi 29 mars de Châteaubriant. Rens. au 02 40 28 42 28


 AAH : seuls, vieillissants et sans emploi

AAH : allocation aux adultes handicapés

Premier constat : la progression constante du nombre de bénéficiaires qui s’est accru de 28 %, en raison des nouvelles entrées dans le dispositif mais aussi de la faiblesse des sorties, entre 1994 et 2004.

Portrait type : une personne seule, sans enfant (dans 70 % des cas), qui vieillit (en 10 ans, la part des 50-59 ans est passée de 17 à 27 %, tandis que celle des 30 ans a baissé de 24 à 16 %) et sans activité professionnelle.

Ainsi, en 2004, moins d’un quart des allocataires (23,2 %) a perçu des traitements et salaires au cours de l’année précédente, 60 % ne vivant que de prestations sociales.

Autre donnée : les fortes disparités de répartition sur le territoire. C’est la Lozère qui affiche le taux maximum de personnes touchant cette prestation (20 %), suivie par la Creuse, à égalité avec la Nièvre (15 %). Une répartition géographique à relier, selon la Cnaf, aux disparités existantes au niveau des établissements pour adultes handicapés. Les départements les mieux équipés sont aussi ceux qui comptent les taux de bénéficiaires de l’AAH les plus élevés.

Source : lettre électronique « L’essentiel » de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), février 2008


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Mercredi 12 mars 2008, deux jeunes filles du Lycée Guy Môquet, Morgane Geslin et Chloé Bommé ont organisé un après-midi « Découverte du fauteuil roulant » et réalisé un dossier très complet sur la situation des personnes handicapées : les discriminations (travail, école), les difficultés quotidiennes (chaussées et trottoirs inadaptés, transports, toilettes publiques etc). Le dossier s’appuie sur la loi du 11 février 2005 et aborde un aspect peu étudié : handicap et prison.


NOTES:

– AAH : allocation adulte handicapé
– FNATH : Fédération nationale des accidentés de la vie.
– ACTP : allocation compensatrice