Ecrit le 1 octobre 2014
Des crimes abominables, inhumains
Des crimes abominables, inhumains, sont commis ces derniers temps ? : la mise ? mort de personnes innocentes, kidnapp ?es pour servir d’exemple, d ?capit ?es au couteau avec mise en sc ?ne vid ?o destin ?e ? frapper les esprits. Une ’’guerre sainte’’ est lanc ?e contre l’Occident ? : La France, les USA. Pour qui ?? Pourquoi ?? On a du mal ? comprendre. Rien ne justifie de pareils actes, barbares, inhumains.
On parle de Jihad. Mais ce mot ne d ?signe pas une ’’guerre sainte’’. Le mot jihad dans le Coran prescrit ? l’ ?tre humain de lutter et de faire l’effort constant d’atteindre et de demeurer dans le droit chemin. Lutter contre le mal de n’importe quelle sorte dans la soci ?t ? est une forme de djihad. Donner de son temps dans le b ?n ?volat pour aider les gens dans le besoin est une forme de djihad.
Alors, ceux qui commettent ces actes cruels, au nom du Jihad, se trompent ?et trompent les autres, pr ?sentant l’Islam comme une religion guerri ?re, alors m ?me que le mot « ?Islam ? » vient du mot « ?paix ? ». Le but de ces terroristes est de cr ?er la terreur, de monter les peuples les uns contre les autres, au nom d’int ?r ?ts qui leur sont propres. Face ? la barbarie, ne d ?veloppons pas la haine.
Photo : Herv ? Gourdel, l’otage d ?capit ?
Face ? la barbarie
Face ? la progagande m ?diatique active orchestr ?e par le groupe terroriste, de jeunes musulmans r ?pliquent avec les m ?mes outils. Depuis deux semaines, des milliers d’internautes britanniques participent ? une campagne sur les r ?seaux sociaux baptis ?e « Not in my Name » (« Pas en mon nom »). A travers la diffusion de vid ?os et de photos, cette mobilisation entend d ?noncer les agissements du groupe djihadiste actif en Syrie et en Irak, et dont les actes de violence au cours des derni ?res semaines ont suscit ? une condamnation internationale.
Tout a commenc ? avec une vid ?o diffus ?e sur YouTube le 10 septembre : des jeunes musulmans film ?s y tiennent une pancarte avec le mot-cl ? « Not in my Name ». Cette mise en sc ?ne est reprise sur Twitter par des portraits photo de nombreux internautes qui rejettent le terrorisme et rappellent les principes de tol ?rance de l’islam. Cette campagne dirig ?e par Active Change Foundation : une fondation sise ? Londres qui lutte contre l’extr ?misme sous toutes ses formes : a ?t ? lanc ?e ? la suite de l’assassinat de l’otage britannique David Haines.
Hanif Qadir, pr ?sident de la fondation, souligne que « les jeunes musulmans britanniques en ont assez et sont fatigu ?s de cette propagande haineuse des terroristes de l’Etat islamique et de leur prolif ?ration sur les r ?seaux sociaux ». « Ils sont en col ?re de voir ces criminels utiliser ces plates-formes internet pour radicaliser les jeunes et diffuser leurs discours violents au nom de l’islam ». Le mouvement se d ?cline d ?sormais en France, avec le mot-cl ?? #PasEnMonNom.
En France, de nombreux musulmans sont en col ?re, refusant la culpabilisation syst ?matique des personnes de confession musulmane, alors que celles-ci sont les premi ?res victimes d’actes de barbarie ? travers le monde. Les recteurs ont d ?nonc ? la barbarie et « ?refusent d’ ?tre associ ?s ? » ? ces crimes odieux. Tous esp ?rent faire r ?agir les citoyens en rappelant que l’islam ’’est une religion de partage, de respect, de tol ?rance’’.
DAESH
Le groupe terroriste qui se fait appeler « ?Etat Islamique ? » n’a rien d’un Etat, et rien ? voir avec l’Islam. C’est pourquoi en France on pr ?f ?re utiliser l’expression DAESH (prononcez ? : dache). Ce groupe fait r ?gner la terreur sur les populations musulmanes. Les femmes doivent porter le voile int ?gral, les commerces doivent fermer le temps de la pri ?re, toutes les minorit ?s religieuses sont pers ?cut ?es, voire extermin ?es. Le groupe est financ ? par l’exportation du p ?trole qu’il contr ?le, par l’imp ?t ’’r ?volutionnaire’’, par le trafic d’ ?tres humains. Dans ce groupe, les hommes sont aux commandes mais une milice f ?minine a ?t ? cr ??e (Brigade Khansa), charg ?e de surveiller les femmes des zones conquises, puis de chercher des ?pouses aux djihadistes. Les femmes r ?duites ? l’esclavage sexuel sont des chr ?tiennes et des yazidites.
Une ?tude faite en Allemagne sur les 400 jeunes partis en Syrie et en Irak, montre que 74 ?% d’entre eux n’avaient pas termin ? leurs ?tudes secondaires, que 12 ?% seulement avaient un travail et qu’un tiers avaient d ?j ?? eu des probl ?mes avec la justice. Ceci, valable s ?rement aussi pour la France, souligne les causes sociales de la d ?rive de ces jeunes.
Qui peut douter de la n ?cessit ? de combattre le terrorisme islamique ?? Mais ce n’est pas sans danger, ni en politique int ?rieur, ni en politique internationale.
Ecrit le 1 octobre 2014
Courrier des lecteurs
Les religions ont toujours engendr ? des fanatiques. Paradoxalement, les peuples « ?duqu ?s » fournissent les guerriers en manque de rep ?res. Le lien vers une rebellion ?conomique me semble ?vident. Le gros des troupes constitu ? des « classes moyennes » est en grande souffrance, pris en tenaille entre les dirigeants des entreprises qui en veulent toujours plus alors que la croissance est en panne et des gens d’en bas qui ne respectent pas les autres ?puisqu’ils ne se respectent pas eux-m ?mes.
Sans faire de g ?n ?ralit ?s. o ? sont les d ?fenseurs de nos valeurs et de notre syst ?me social ? On croit avoir acc ?s aux connaissances avec les nouveaux moyens de communication. A la connaissance brute sans avoir les explications du p ?dagogue.
?La r ?forme scolaire qui visait ? ouvrir l’esprit des enfants n’est pas comprise. L’ ?ducation nationale est devenu secondaire. Il ne faut pas g ?ner les organisations de certains ?parents et de certains professeurs. Les plus nantis ont les moyens de tout faire d ?couvrir ? leurs enfants. Du moins le pensent-ils. Avec une d ?rive inqui ?tante vers l’extr ?me-droite qui montre qu’une ou au maximum deux g ?n ?rations suffisent pour faire oublier.
J’ai m ?me peur que la d ?capitation d’un de nos compatriotes par un groupe terroriste ne fasse pas r ?agir autant qu’elle le devrait.
Ecrit le 1 octobre 2014
Face au crime
La Ligue des droits de l’Homme se joint ? la douleur et ? l’ ?motion qui ont saisi la France tout enti ?re devant le meurtre abject dont Herv ? Gourdel a ?t ? la victime. Elle assure sa compagne Fran ?oise, sa famille et ses proches de ses sentiments de solidarit ?, en ces heures de deuil et de col ?re. ?
La LDH invite les citoyennes et les citoyens ? participer aux rassemblements de solidarit ? qui se tiendront dans de nombreuses villes de France, et ? le faire dans la dignit ? et la lucidit ?. Elle met en garde contre toute tentative d’instrumentalisation haineuse de ce crime, contre tout amalgame entre meurtriers et croyants, entre islam et terrorisme. De la m ?me fa ?on, elle invite les Fran ?aises et les Fran ?ais, et celles et ceux qui vivent et travaillent en France ? rester mobilis ?s et vigilants face aux tentatives visant ? ?touffer le d ?bat public au b ?n ?fice de mesures autoritaires.
Relever les d ?fis pos ?s par le terrorisme suppose une d ?fense d ?termin ?e de la d ?mocratie, une d ?mocratie riche de la raison et du d ?bat contradictoire, forte de la fraternit ? et de la solidarit ?. Face au crime, c’est autour de ces valeurs que la Ligue des droits de l’Homme appelle toutes et tous ? se rassembler.
(Communiqu ?)

