Écrit le 16 octobre 2019
Ou quand ma tête tilte !
Éloge de la biodiversité
Fini le temps où les coquelicots et autres bleuets et marguerites piquetaient de couleurs des champs à taille humaine et permettaient de si jolis bouquets offerts à Maman.
Envolées ou disparues les meutes d’oiseaux piaillant à qui mieux-mieux qui nichaient dans des haies arrachées.
Devenus invisibles les truites, saumons et autres brochets qui se prélassaient et frayaient dans les eaux pures des rivières et torrents.
Où sont passés tous ces jolis papillons aux ailes si colorées et ces agaçantes abeilles qui, inlassablement, butinent et fertilisent légumes et arbres fruitiers ?
La plupart des insectes, si utiles, a succombé à un air toxique.
Sous la terre agricole, les vers de terre et bactéries en symbiose comptent leurs abatis.
Mers et océans, ultimes poubelles, contiennent autant de déchets (dont plastique) que de poissons rares et malades ou contaminés.
Cet environnement sain sans doute à jamais perdu, j’ai eu la joie de le connaître…
Mais sans savourer sa vraie valeur ni être capable de peser la menace planante à venir.
J’étais enfant, et un enfant vit dans l’instant, pas dans le passé ni l’avenir parce qu’il possède l’innocence.
Et j’ai une pensée émue et de soutien pour nos enfants qui font la grève de l’école et nous demandent des comptes sur nos actes.
Le passé est passé.
Le climat se modifie, les glaciers fondent, eau et air deviennent impurs, la migration d’humains s’envole (vers quel ailleurs meilleur ?), des espèces végétales ou animales s’éteignent chaque jour, des forêts millénaires sont détruites par le feu ou le bulldozer, des populations indigènes et respectueuses de la nature sont soumises et parquées, le marché bio crée sa petite niche, l’économie mondialisée n’a ni remords ni pitié.
La pollution d’origine humaine infiltre toutes les fissures.
Et l’individu humain adulte, qui continue à creuser sa tombe sans désemparer, a le culot de se plaindre de toute cette dégradation devant ses représentants et ses institutions.
Pas de soucis pour la pérennité de notre planète Terre.
Elle continuera sa course, avec ou sans nous.
Elle se guérira, simplement allégée de ressources inestimables.
Si l’on réunissait dans une même cour d’école tous les dirigeants et chefs qui gouvernent notre Monde, on s’attendrait à des échanges empreints d’intelligence, de pragmatisme, de clarté, de lucidité, de prévoyance, de traits visionnaires.
La réalité montrerait une bande de gamins incapables de s’écouter, jouant le croche-patte aux voisins avec un grand sourire.
Tristesse.
Pascal, de Blain

