(?crit le 17 octobre 2001)
Qu’ ?voque la couleur noire pour un enfant ?
Les ?l ?ves du Coll ?ge de la Ville aux Roses, dans le cadre d’un travail d’arts plastiques, ont r ?alis ? des œuvres ?tonnantes, tout en noir, en expliquant ce qu’ils ressentent :
La pyramide solaire.
" J’imagine mon œuvre dans un univers futuriste, ou la plan ?te a ?t ? ravag ?e par un ast ?ro ?de. Plus personne ne survit... l’atmosph ?re est irrespirable... Le noir capte la chaleur et la convertit en ?lectricit ? ce qui permet ? la vingtaine d’hommes et de femmes de survivre : elle permet de survivre en autarcie
A cause de cela, la pyramide est calcin ?e par la chaleur qui br ?le dehors. Chaque bande qui est sur la pyramide refl ?te et signifie le deuil. Le cataclysme est arriv ?... Plus personne ne sort.... les hommes sont terroris ?s et se blottissent dans le noir « Le m ?me jeune fait remarquer que le noir lui fait penser » au smoking qui peut se porter dans un endroit chic (r ?ception, entretien), ou lors d’un deuil. Le noir sert aussi ? exprimer le racisme comme moi dans la classe et dans l’ ?cole, on m’appelle Nesquick. Des fois, je le prends mal ou des fois, je le prends bien. Le noir me rappelle aussi mon enfance quand j’ ?tais petit, j’avais peur de traverser le couloir.. donc, j’allumais la lumi ?re et je courais vite, vite, vite... puis ?a me faisait l’impression qu’un spectre me poursuivait........ Ca me fait penser ? mon enfance quand mes parents ?taient encore ensemble. "
C’est l’histoire d’un oiseau
Pour un autre, « C’est l’histoire d’un oiseau, dans la nuit. Il faisait noir et il est tomb ? dans l’eau. Quand il est ressorti de l’eau, il ?tait tout enduit de p ?trole. Le lendemain des gens l’ont ramass ? et l’ont soign ?. Mon oiseau a un bec tr ?s dr ?le, il vient de se prendre dans la mar ?e noire. Cet oiseau, je l’ai appel ? l’oiseau des mazouts »
Les officiels
Voici d’autres opinions des enfants sur le noir :
« Les gens qui mettent du noir dans la vie de tous les jours veulent qu’on les remarque. Ou ils aiment le noir tout simplement. Les Officiels sont souvent habill ?s en noir »
« Le noir c’est l’absence de couleur, cela veut dire que l’on ne veut pas rire, que l’on n’est pas joyeux. On le porte assez facilement, il est plus discret que le jaune, le rouge, le vert. »
« Le noir repr ?sente l’ancienne ?poque et le combat. Le noir est une couleur qui fait un peu peur. Certaines personnes portent du noir pour passer discr ?tement. Pour moi, si j’ ?tais dans une pi ?ce toute noire, sans lumi ?re, j’aurais l’impression qu’il y a une pr ?sence mal ?fique. Mais je n’ai pas peur de cette couleur m ?me si elle est effrayante »
« Il y a diff ?rents noirs. Ceux qui brillent, ceux dans lequel on peut se voir. Je pense que le noir est le symbole de la peur, du deuil, de la tristesse. On peut penser que le noir c’est la tristesse, mais on peut toujours ?tre gai en ?tant en noir »
Le cachot aussi
« Le noir repr ?sente la salet ?. Dans le noir, si on ferme les yeux, on voit noir. La nuit est noire, le cachot aussi »
« Le noir est la couleur de la nuit, de la guerre et de la peur »
« Noire est aussi la couleur de la peau, ce qui est un peu emb ?tant c’est qu’alors on se fait traiter » [NDLR : dans le langage des enfants d’ici, « se faire traiter » c’est se faire traiter de tous les noms, c’est subir des tracasseries]
Noir et blanc
" Le noir ?voque la tristesse, l’obscurit ?, la peur, la solitude, mais aussi la sobri ?t ?, l’immensit ?. C’est la couleur du fond du th ??tre par exemple. Le noir permet aux autres couleurs d’ ?tre mises en valeur. Dans mon travail, j’ai voulu faire penser ? un bouquet musical car en musique la partition est noire : la port ?e et les notes (sauf les blanches). Le disque vinyl est noir aussi
Ce qui m’a sembl ? amusant, c’est l’opposition entre la tristesse (le noir) d’une partition, d’un disque vinyl, et la gaiet ? de ce qu’ ?voque en g ?n ?ral la musique. C’est pourquoi j’ai voulu faire un bouquet (symbole de gaiet ?) car il n’existe pas de fleur noire "
Ecrit le 20 avril 2005 :
Travail au noir
Ils sont bien Fran ?ais mais ils travaillent « au noir » et dans les Palais de Justice encore : ce sont les « auxiliaires de justice », un millier en France : pas de d ?claration, pas de cotisation aux Urssaf, pas de couverture sociale, pas d’imp ?ts. Le grand patron qui « couvre » ?a est Dominique Perben, alias Ministre de la Justice.
Ces auxiliaires de justice sont charg ?s de proc ?der aux expertises, de remplir des missions de tutelle ou curatelle, ou de m ?diation p ?nale. La plupart d’entre eux se recrutent chez d’anciens policiers ou gendarmes, ou d’anciens travailleurs sociaux. Leur « salaire » est codifi ? (58,87 ? la mission de m ?diation) et vers ? comme « frais de justice », sans feuille de paie ni cotisations sociales.
En janvier 2000, Martine Aubry, ministre de l’emploi, a sign ? un d ?cret pour r ?gulariser ces petits boulots. Le d ?cret d’application a ?t ? pris en juillet 2000. Depuis, plus rien. Les services de la Justice sont d ?bord ?s.
Ah, si un petit patron en faisait autant ... il serait poursuivi par la Justice !

