Écrit le 1er novembre 2006
Le SCOT de Nantes–Saint-Nazaire
Développer la construction d’appartements ou de maisons ?
Faciliter la circulation en voiture, en car, à pied, à vélo ?
Favoriser l’implantation d’entreprises, de commerces, de jeunes agriculteurs ?
Autant de choix qui conditionnent l’avenir d’une ville, d’une région.
Tout cela se réfléchit dans un SCOT : Schéma de Cohérence Territoriale.
Les élus de la métropole nantaise auraient pu l’élaborer uniquement à l’échelle de Nantes.
Ils ont choisi de le proposer à l’ensemble de la Basse-Loire (Nantes + Saint-Nazaire) et aux intercommunalités situées entre ces deux villes : soit 57 communes, sur un territoire de 166 000 hectares, regroupant 760 000 habitants, c’est-à-dire 67 % de la population du département de Loire-Atlantique.
La réflexion a duré trois ans. Le SCOT est maintenant communiqué aux intercommunalités voisines. C’est dans ce cadre qu’une présentation en a été faite, le 18 octobre 2006, à la Communauté de Communes de la Région de Nozay.
Le SCOT , document d’urbanisme, orientera le développement de la métropole à l’horizon 2020.
Dans une logique de développement durable, il fixera les grandes orientations de la métropole : localisation des logements, développement économique, politique des transports, protection de l’environnement...
Localement, il sera décliné par des schémas de secteurs et devra être coordonné avec les PLU (Plans Locaux d’Urbanisme), les programmes locaux de l’habitat, et les schémas de déplacement.
« Ce SCOT évitera les développements anarchiques », a expliqué Patrick Rimbert.
« Nous attendons entre 125 000 et 150 000 habitants supplémentaires d’ici 2015. Il faut nous préparer à les accueillir correctement. »
« C’est pourquoi un schéma de développement de l’habitat a été prévu, fixant un nombre minimum de constructions nouvelles par commune, et définissant des espaces de renouvellement urbain adaptés aux revenus des habitants. »
Exemple : le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes
« Le schéma interdira le développement d’habitations et d’entreprises à proximité immédiate. Le développement devra se faire dans les pôles urbains environnants. »
Le SCOT prévoit également, à l’échelle de son territoire, la préservation des zones humides et des zones de captage des eaux, ainsi que l’implantation des zones industrielles :
« Nous avons souhaité concentrer ces dernières à proximité des échangeurs. Nous avons également prévu des coupures vertes le long des grands axes, pour éviter de créer un ‘boulevard industriel’ continu entre Nantes et Saint-Nazaire. »
Autre exemple :
« Nous avons un certain nombre de voies ferrées actuellement inutilisées. Le SCOT interdit de casser les continuités ou de construire à proximité. C’est une mesure conservatoire , au cas où la réouverture de ces lignes serait envisageable. »
Agriculture et commerce
Le SCOT réserve 60 % de son territoire à des espaces naturels (la Brière, le marais de Mazerolles, etc.) et prévoit la recréation de forêts urbaines :
« Si nous souhaitons favoriser l’installation de jeunes agriculteurs, il faut les rassurer sur la pérennité de la destination agricole des terres. »
Par ailleurs, le SCOT prévoit un développement commercial réfléchi :
« Pour éviter la concentration excessive de zones commerciales et empêcher que certaines communes ne deviennent de simples cités-dortoirs. »
En résumé
Actuellement, le Pays de Châteaubriant est le seul territoire à ne pas avoir engagé de réflexion SCOT . Chaque commune en est restée à son PLU (Plan Local d’Urbanisme), sans engagement collectif.
Or, le SCOT est normalement un lieu de dialogue entre les porteurs de grands projets. Il permet de construire un consensus politique autour de l’identité locale à affirmer, et d’élargir la vision des élus des petites communes.
C’est cette opportunité de dialogue à grande échelle qui a été manquée dans le Pays de Châteaubriant . Sans doute volontairement : une personne décide, et les autres se taisent...

