Ecrit le 1 septembre 2021
Respect et Protection du Patrimoine
Religieux du Pays de Ch ?teaubriant
Gilbert Massard- sacrea1819@gmail.com
Dans l’ancienne chapelle de l’h ?pital de Ch ?teaubriant, le mus ?e num ?rique Micro-Folie ouvrira, en septembre 2021, pour les journ ?es du patrimoine. Gilbert Massard a souhait ? s’exprimer ? ce sujet qui lui tient ? cœur depuis tr ?s longtemps. Laissons-lui la parole ? :
Les heures heureuses
Depuis l’origine de l’ordre en 1690 et jusqu’en 1957 sans discontinuer, la communaut ? des soeurs de St Thomas de Villeneuve a accompli sa mission aupr ?s des malades. Puis, ? partir des ann ?es 1990 et jusqu’en 2009, une association de sauvegarde du patrimoine religieux a organis ? diverses manifestations : concerts spirituels (harpe celtique, piano-chant, musiques et po ?mes ? la Vierge, r ?cital percussions-carillon ambulant) ; conf ?rences campanaires et assembl ?e g ?n ?rale de la Soci ?t ? Fran ?aise de Campanologie et causeries-d ?bats : les grands calvaires de Bretagne (Y. P. Castel), le langage des tailleurs de pierre (A. Coudray), les croix patt ?es de la r ?gion (Gw. Le Scouezec).
Les heures sombres
2009 qui aurait d ? ?tre une ann ?e heureuse, avec l’achat de la chapelle par la ville, s’est rapidement r ?v ?l ?e ?tre une ann ?e ?prouvante. Il ?tait pr ?vu de comm ?morer les 200 ans de la fondation de cette chapelle (9 octobre 1819), les 100 ans de la naissance du sculpteur Jean Fr ?our, avec le pr ?t d’œuvres dans le cadre de la grande exposition programm ?e en 2009 sur le th ?me des p ?lerinages.
Finalement cela n’aura pas lieu pour de mesquines raisons, ruinant les efforts de quatre mois de pr ?parations et de contacts avanc ?s. Le 16 mars 2009 la direction de l’h ?pital « regrettait de ne pouvoir donner une suite favorable ? notre demande ». Le 31 mars la ville signe l’acte d’achat ! et avance une date de construction : 1686 ! qui suscite une pol ?mique bien regrettable.
Les heures noires
c’est alors le d ?but des ann ?es noires, et pour moi une grande tristesse de constater le peu d’int ?r ?t pour l’avenir de la chapelle. En d ?but d’ann ?e 2011 le clerg ? proc ?de ? la d ?sacralisation, la chapelle devenant alors un b ?timent profane. A noter qu’il n’a ?t ? fait aucun inventaire, d ?montrant ainsi un d ?sint ?r ?t coupable.
Depuis j’ai assist ? impuissant au long abandon du b ?timent et ? son d ?pouillement : objets et v ?tements liturgiques dont on ne sait
trop ce qu’ils sont devenus, puis le mobilier dont le meuble de sacristie, statue de la Vierge d’accueil, grande croix, le chemin de croix moderne en fonte arrach ?, et sur un ordre venu dont on ne sait d’o ? la destruction de l’autel privil ?gi ? et son tabernacle.
Un lieu inappropri ?
Ne pouvait-on pas trouver ou cr ?er un lieu plus ad ?quat que ce b ?timent religieux ? Les lieux d’implantation choisis pour la cr ?ation de ces mus ?es num ?riques depuis 2017 ? Sevran se trouvent dans des m ?diath ?ques, ?coles de musique, espace culturel, MJC et ? Morlaix dans ...une ancienne quincaillerie ! Ch ?teaubriant se singularisera donc dans tout l’ouest de la France par le fait d’avoir investi un lieu volontairement d ?sacralis ? et d ?pouill ? de ce qui en faisait sa particularit ?.
De plus dire que l’on avait toujours voulu en faire un lieu culturel et artistique est tout ? fait inexact : la ville s’ ?tait engag ?e ? le destiner ? un usage associatif, ce n’est que le 19 d ?cembre 2019 que la d ?cision a ?t ? prise d’y ?tablir cette micro folie pour y pr ?senter les œuvres de 94 mus ?es nationaux (presse locale). Le bulletin municipal (f ?vrier 2020) est quant ? lui beaucoup plus modeste, il annonce seulement 12 mus ?es ! En tout cas on se rend bien compte de cet « ?attentisme ? » pendant 10 ann ?es sans prise de d ?cision ; preuve que cette « micro folie » n’ ?tait pas ? l’ordre du jour.
Peut-on pr ?tendre garder l’esprit de la chapelle lorsque tout ce qui la caract ?risait a ?t ? d ?truit sans m ?nagement, ni respect. Que signifie d ?sormais dans un ?difice devenu profane les seuls t ?moins religieux en place ??
La fa ?ade portera pour longtemps encore trois marques insignes de sa fonction : la grande croix de type celtique ? redents pos ?e sur console ; au milieu du clocheton, une croix de cons ?cration patt ?e en « ?in taille ? » ; et enfin la croix sommitale latine simple.
La cloche Marie-Jos ?phe de 1892 fondue ? Villedieu les Po ?les, n’appellera plus les fid ?les...
A l’int ?rieur de l’ ?difice deux b ?nitiers sont rest ?s en place, pour quel usage d ?sormais ? Tout comme les treize vitraux de 1880 (magnifiquement restaur ?s) dont cinq sont totalement d’inspiration religieuse. Au dessus du vitrail central repr ?sentant la nativit ?, dans un phylact ?re, cette inscription est grav ?e « autel privil ?gi ? », oubli ou provocation ? cette mention ne manque pas de choquer quand on sait que l’autel a ?t ? d ?truit d’une fa ?on indigne ? la masse !...
Il reste, heureusement conserv ?e, la plaque de fondation de la premi ?re pierre pos ?e le 9 octobre 1819, portant grav ?es de pr ?cieuses et indiscutables informations ! Ce t ?moin de pierre restera comme une trace ind ?l ?bile de ce pass ? hospitalier h ?las condamn ? ? un sort peu enviable.
Adieu chapelle ! G.M.

