Ecrit le 3 octobre 2007
Ils ?taients 25, que sont-ils devenus ?
Ils ?taient 25 ?tudiants-infirmiers, en formation ensemble ? Ch ?teaubriant dans les ann ?es 1979-1982. Dix-neuf d’entre eux ont r ?pondu ? l’invitation de quatre des leurs. Certains sont m ?me venus de la r ?gion parisienne ! Le but : se retrouver, ?changer sur leur formation, rencontrer des ?tudiants actuellement ? l’IFSI de Ch ?teaubriant (IFSI = Institut de formation en soins infirmiers).
IFSI1
|
IFSI2
|
Les 19 pr ?sents sont toujours en poste, ce qui est assez exceptionnel puisque la dur ?e d’exercice d’une infirmi ?re tourne autour de 15-16 ans. Ils ont ?t ? les cobayes d’un nouveau programme en 1979, avec un nouveu contenu et une dur ?e plus longue (33 mois au lieu de 28) . La premi ?re ann ?e, par exemple, a ?t ? consacr ?e ? l’ ?tude de l’homme sain, le reste du temps a ?t ? consacr ? ? l’apprentissage de techniques.
En r ?alit ? ce fut un enseignement global, avec une coh ?sion et une dynamique de groupe « qui nous a aid ?s ? faire une r ?flexion sur nous-m ?mes », et avec une polyvalence « qui nous a rendus autonomes, nous permettant de changer facilement de poste ».
Les conditions de travail du m ?tier d’infirmier ont bien entendu ?t ? ?voqu ?es : la possible pr ?sence 24 h/24, 7 jours sur 7 ; l’importance de la relation avec le malade ; l’accompagnement dans ses soins ; les relations avec les m ?decins et avec les aide-soignantes et agents hospitaliers. Un travail tout en contraintes et en fatigue, mais que chacun des pr ?sents accepte volontiers. « C’est vrai que nous sommes h ?ritiers d’une culture religieuse du d ?vouement, ? laquelle il faut r ?sister pour prot ?ger notre vie priv ?e et notre vie de famille, c’est vrai que nous ne sommes pas pr ?sents ? la maison de fa ?on r ?guli ?re, mais les enfants nous disent qu’il n’en ont pas souffert ». Il y a m ?me des enfants qui ont choisi ce m ?tier ? la suite de leurs parents.
Cette culture du d ?vouement est battue en br ?che actuellement par une logique de rentabilit ? ?conomique. C’est grave ! « Autrefois on trouvait son ?panouissement dans le travail, maintenant on le trouve en dehors ».
Formation : merci
De fa ?on unanime les 19 pr ?sents se sont accord ?s sur la qualit ? de la formation qu’ils ont eue il y a 25 ans. « Nous avons une solidit ? psychologique et technique qu’il n’y a pas dans d’autres professions para-m ?dicales. On nous a appris ? ne pas faire m ?caniquement un acte de soins, mais ? r ?fl ?chir avant, ? prendre la personne dans sa globalit ?, ? nous adapter ? la situation de chaque malade ». Une caract ?ristique a ?t ? signal ?e : les ?tudiants de Ch ?teaubriant sont toujours bien consid ?r ?s dans les stages qu’ils font ? Nantes, Rennes ou ailleurs. Ils sont reconnus ? la fois pour leur attention aux autres et pour la qualit ? de leurs actes techniques. C’est sans doute d ? au petit nombre d’ ?tudiants dans les promotions. Et ? la volont ? de l’ ?quipe de formateurs.
Une autre caract ?ristique : les anciens ?tidiants de Ch ?teaubriant ne se croient pas « au-dessus » des autres. Ils ont dit et redit toute la consid ?ration qu’ils ont pour le personnel qui travaille avec eux, sp ?cialement les aide-soignantes.
Cette satisfaction n’emp ?che pas de se d ?soler de ce qui se passe maintenant. « Nous sommes dans un syst ?me o ? il faut faire de plus en plus vite pour rentabiliser les actes m ?dicaux. Ajout ? au manque de postes, cela entra ?ne une moindre attention aux malades ».
Abattage et ordre
Une infirmi ?re a parl ? du v ?ritable « abattage » qu’elle conna ?t dans une clinique de la r ?gion parisienne. « Tous les malades arrivent en m ?me temps ? la porte de la salle d’op ?ration, et ils attendent, sans que nous ayons le temps de les ?couter, de r ?pondre ? leurs angoisses. Et qui entre stress ? sortira mal cicatris ? ! ».
Entre autres discussions il a ?t ? question du futur « ordre » du personnel infirmier. « Nous n’avons pas ?t ? consult ?s. Il nous est impos ?. L’exemple de l’ordre des m ?decins ne nous incite pas ? donner un avis positif ».
Les participants ? cette rencontre ont ?t ? ravis de leurs ?changes, qui continuaient en quelque sorte une amiti ? de 25 ans. La spontan ?it ?, l’ ?nergie des personnes, la libert ? des d ?bats, en pr ?sence d’ ?tudiants infirmiers, n’a pu que renforcer ceux-ci dans leur certitude d’avoir choisi un beau m ?tier.

