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Rémunérations, profits

Excès des uns, manque des autres

jobdumping
enchères inversées
Les patrons du SBF 120
BNP, Société générale, sodexho : profits
Pourquoi monte le prix des matières premières
Salaires en France : raisonnables

(écrit le 25 juin 2003)

Les trublions

16 parlementaires de l’UMP ont fait sensation à l’Assemblée Nationale en proposant, mercredi 18 juin, de faire passer l’impôt sur les sociétés de 33,5 % à 34,5%, ce qui rapporterait « plus d’un milliard d’euros par an » pour financer les retraites. François Fillon s’est prononcé résolument contre.

Le PS a salué ce commencement de la sagesse, ces « courageux députés de l’UMP », qui « au bout de dix jours de débat, commencent réellement à comprendre le sens ultra-libéral du projet de loi » de François Fillon.


Salaires des patrons

Un autre député UMP, M. Alain MARSAUD, ancien conseiller de Jean-Marie Messier, à Vivendi Universal, a demandé au Président de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale, de créer une mission d’information « sur les rémunérations susceptibles d’être considérées comme excessives » de certains patrons (cf Le Monde du 20 juin 2003).

Il explique que la valorisation boursière des entreprises a été divisée par 2 voire par 10 au cours des deux dernières années et que, en même temps, les rémunérations des PDG ont été multipliées par 2 voire par 6.

« ceci est capable de créer un malaise et un risque social dont le Parlement doit s’inquiéter » dit-il.

Décidément l’ultra-libéralisme commence à faire des déçus y compris dans les rangs de l’UMP dont, pourtant, Alain Juppé salue le retour à droite dans sa revue « Les débats de l’Union » de juin 2003.


Chapeau la retraite !

Selon Marianne du 2 ao 8 juin 20003 : : « Après les pluies de « stock-options » les « golden parachutes », les « golden hello »,voici le temps frileux de la RETRAITE-CHAPEAU, c’est-à-dire le versement aux P.D.G. et membres des comités exécutifs d’une pension surcomplémentaire maison, garantie à vie. Echaudés par la décrue de la Bourse, les dirigeants des grands groupes plébiscitent en effet ce dispositif parfaitement sûr, totalement indépendant des marchés, pour préserver leurs vieux jours de possibles aléas. ( ) Jean PEYRELEVADE, l’ex-président du Crédit Lyonnais, compte parmi les premiers en 2002, à avoir lancé cette mode. Le banquier, jadis proche de Pierre MAUROY, socialiste, est ainsi assuré de percevoir 75 % de la moyenne de ses deux derniers salaires fixes annuels, soit plus de 460.000 euros par an. Sur seize ans de retraite (durée moyenne de versement au niveau national), il sera donc gratifié de 7,3 millions d’euros ! ( ) François GRAPOTTE, le P.D.G. de LEGRAND, percevra également 50 % de ses deux dernières années de salaires ( ). Afin d’assurer le versement de 9 millions d’euros à ses retraités haut de gamme, le groupe RHODIA n’a pas hésité à faire virer ses comptes au rouge. (.... ) Le cimentier LAFARGE, dont le Président Bertrand COLLOMB est sur le départ, a pour sa part provisionné 24 millions d’euros pour faire face à ses futures dépenses de pensions. Chez ALCATEL, 200 dirigeants actifs et retraités bénéficient depuis de nombreuses années d’une « surcomplémentaire maison » ; de même chez TOTAL ( ). Le sujet est à l’ordre du jour chez VELIA (ex Vivendi Environnement), à la Société Générale, chez AXA. » A quand un débat à l’Assemblée Nationale sur les « retraites chapeau » ??


Ecrit le 2 juillet 2003 :

Heureux ! Selon une étude de l’institut européen de la gouvernance d’entreprise (que c’est bien dit !), les grands patrons français perçoivent une rémunération moyenne (brute, avant impôts) supérieure à celle de leurs collègues européens :

1,85 millions d’euros en France (soit 188 fois le SMIC)
1,55 millions d’euros en Angleterre
1,37 millions d’euros en Hollande
0.98 millions d’euros en Suède.


Ecrit le 6 août 2003 :

Le montant de l’indemnisation des chômeurs dépend du salaire antérieur.

1 - Exemple : un salarié qui gagnait 990 € par mois, a droit à une indemnité de 743 € par mois (cas n° 1)

2 - Un salarié qui gagnait 9728 € par mois, a droit à 5584 € par mois. (cas n°2)

« Les salariés sont trop gourmands » dit le MEDEF (patronat). Il y a pourtant des comparaisons à faire entre les salariés d’Argentan qui ont négocié une prime de départ de 12 000 € (qu’ils n’auront peut-être pas) et le PDG de Vivendi, Jean-Marie Messier, qui a obtenu

20 550 000 €

Jean-Marie Messier a demandé, mercredi 2 juillet 2003, à la justice américaine de rendre exécutoire le jugement d’arbitrage rendu en sa faveur. D’autant que la convention d’arbitrage a été signée par Jean-René Fourtou, nouveau PDG, et Jacques Espinasse, directeur financier qui se sont engagés dans l’accord à ne pas initier « d’actions judiciaires collatérales » (...) pour remettre en cause l’accord d’arbitrage.

A propos, 20,55 millions d’euros, ça fait presque 135 millions de francs. Cela représente les indemnités de 1712 salariés d’Argentan. Il y a des chômeurs qui ne sont pas malheureux. Une telle indemnité représente 27 660 mois d’indemnisation du salarié n°1 (voir ci-dessus) ou 3680 mois d’indemnité du salarié n°2. On est loin de la règle générale d’indemnisation des salariés.

Les salariés sont-ils vraiment trop gourmands ?. Le SMIC est à 7,19 euros de l’heure au 1er juillet 2003 soit 13 075 € (brut) par an. M.Messier, PDG de Vivendi, a gagné 5 600 000 € en 2002 (soit 428 fois le SMIC), en hausse de 10 % par rapport à 2001, tandis que Vivendi a perdu 80 % de sa valeur boursière et a affiché 23,3 milliards d’euros de pertes en 2002 !


Ecrit le 1er octobre 2003 :

Qu’est-ce que l’ascenseur social ?

Réponse :

C’est la possibilité, pour quelqu’un de partir « du bas de l’échelle » et de gravir quelques échelons grâce à son travail. C’est ainsi que Dick Grasso, entré à la Bourse de New-York en 1968, sans diplôme, avec un salaire de 355 dollars par mois, arrive, en 2003 à un salaire (scandaleux) de 1 1625 000 dollars par mois. Malheureusement l’ascenseur social a un nombre de places de plus en plus limité.


Ecrit le 22 octobre 2003

Merci qui ?
Merci Monsieur Pébereau

Le plus beau, c’est Pébereau (Michel, de son prénom, PDG de BNP-PARIBAS). Dans une chronique au journal Le Monde du 5 octobre 2003 il a supplié chaque Français de « troquer une demi-heure quotidienne de télévision contre une demi-heure de travail supplémentaire ». (ce qui peut faire 3 heures de plus par semaine, 13 heures par mois)

Le Canard Enchaîné du 8 octobre 2003 se livre à un petit calcul : « En 2002, la rémunération de M. Pébereau s’est élevée à 1 979 906 euros, ce qui le met au rang de 10e des patrons les mieux payés dans l’Hexagone. Mais à ce chiffre il convient d’ajouter 476 511 euros de jetons de présence, sans oublier la plus value de 5 824 400 euros réalisée sur les stock-options qu’il a accumulées depuis des années.

Ainsi pour la seule année 2002, c’est 8 280 817 euros qu’il a encaissés soit en francs de jadis : 54 318 598,00 francs soit plus de 700 ans de travail pour un smicard. »

En supposant que M. Pébereau travaille le double de temps des Français moyens, soit 3200 heures par an, sa rémunération représente 2588 € de l’heure.

Levez le doigt !

A ce tarif-là, il y aurait effectivement beaucoup de Français prêts à « troquer une demi-heure de télévision pour une demi-heure de travail supplémentaire » : les 13 heures supplémentaires par mois représenteraient 33 644 € par mois, soit 220 700,00 Francs par mois. Que les Castelbriantais qui gagnent cette somme, lèvent le doigt !


Ecrit le 28 avril 2004 :

Pas de prime pour les patrons

Les actionnaires d’Air France ont voté à 99,8 % la fusion avec le néerlandais KLM, ce qui devrait se traduire par des suppressions d’emplois.

Déjà, avant cette fusion, KLM a supprimé quelque 4500 emplois. Pour se récompenser de cette douloureuse décision, les dirigeants de KLM avaient prévu une petite consolation sous forme de primes atteignant environ 6 mois de salaire. Les syndicats néerlandais ont manifesté leur colère, craignant que ce système de prime ne favorise d’autres débauches ! Le gouvernement des Pays- Bas s’est aussi ému. Le Conseil d’Administration de KLM a renoncé aux primes qui fâchent.

Il aurait pu aussi renoncer aux licenciements qui fâchent !


Ecrit le 28 avril 2004 :

Le bon temps

Une certaine presse culpabiliserait facilement les salariés du bas de l’échelle en leur reprochant de gagner trop cher et de ne pas travailler assez. Heureusement que ces salariés n’ont pas le temps de lire. Ils découvriraient, dans Le Monde du 16 avril 2004, qu’il y a des petits malins qui prennent du bon temps

Tenez, prenez un certain Luc Vandevelde, président de la société britannique Marks & Spencer. Les analystes financiers lui reprochent de passe beaucoup trop de temps à « frapper des drives sur les terrains de golf ». C’est injuste : il a quand même bien le droit de jouer.

Le brave homme a perçu 2 600 000 euros en 2003 (soit 217 000 € par mois) du côté de Marks & Spencer.

Mais comme il est aussi directeur non exécutif de Carrefour et de l’opérateur Vodafone, comme il préside une société de capital-risque spécialisée dans les investissements dans la grande distribution, il a perçu d’autres rémunérations donc on ne connaît pas le montant.

Ces gens-là, quand ils « travaillent », ils savent se faire verser des jetons de présence, jetons juteux, tandis que, dans la France d’en-bas, les dirigeants d’association se contentent de compter leurs soucis sans compter leur temps ! Y a pas de morale en affaires !


Ecrit le 11 août 2004 :

Chers patrons

Selon le Monde du 20 juillet 2004, la Direction de DaimlerChrysler envisage un plan d’économies de 500 millions d’euros sur son usine de Sindelfingen (près de Stuttgart). Si les salariés acceptent la suppression de certaines primes, et des temps de pause rémunérés, la Direction, elle, acceptera une réduction de ses propres salaires.

A vos calculettes : en 2003, les 13 membres du Directoire de DaimlerChrysler ont reçu une rémunération totale de 40 600 000 €, soit une moyenne de 3 123 077 € par an : 260 256 € par mois pour chacun.

Si les membres du Directoire acceptent ... disons 10 % de baisse de salaire, il leur restera encore 234 231 € par mois, soit le salaire de 204 SMICards.

Pourtant, selon Ernest Antoine Seillière, le SMIC est encore trop élevé ! (a-t-il déclaré sur RTL le mardi 3 août)

 

Glouton

Bouygues rémunère ses actionnaires ... à vrai dire il se rémunère lui-même puisqu’il possède 14,1 % du capital de groupe. A ce titre, il va recevoir, en « dividendes exceptionnels » la somme de
233 000 000 €

Soit 16084 années de SMIC (brut). Qui dit mieux ?

 

MER amer

Francis Mer est amer : lui qui a quitté le gouvernement le 4 février 2004, espérait bien prendre la présidence (et la rémunération) du groupe EDF-GDF. Hélas, il a eu 65 ans en mai et la loi fixe à 65 ans la limite d’âge des dirigeants des établissements publics.

Qu’à cela ne tienne ! Le gouvernement a fait passer un amendement supprimant cette limite d’âge. Mais le Conseil constitutionnel, qui avait été saisi par plus de 60 députés et plus de 60 sénateurs, a rejeté cet amendement en considérant qu’il est en « dépourvu de tout lien avec le projet dont était issue la loi déférée », donc que c’était un amendement de circonstance

Pauvre Francis Mer ! Un salaire va lui passer sous le nez !

(note du 29 août 2004 : Françis Mer présidera le Comité d’évaluation des stratégies ministérielles, chargé de faire le tri entre les propositions d eréforme de l’Administration !)


Ecrit le 8 décembre 2004 :

Il a raison Nicolas

« Si nous pensons que les 35 heures ne sont pas la solution aux problèmes de la France, alors n’hésitons pas à en présenter une réforme profonde », a lancé Nicolas Sarkozy lors de son discours d’intronisation comme Président de l’UMP, en axant son discours sur trois thèmes :
« Travail, respect, patrie »

Le travail est pour lui une « valeur essentielle » : « l’ambition ultime semble être de s’en débarrasser pour en faire le moins possible. Comme s’il suffisait au bonheur des hommes de travailler 35 heures au lieu de 39. Comme s’il ne fallait se préoccuper que de la quantité et si rarement de la qualité du travail ».

Il a raison Nicolas, et il ne va même pas assez loin. Quand il y a en France quatre millions de personnes qui voudraient travailler ou travailler davantage, il faut leur en donner la possibilité. En fournissant à tous « la qualité du travail » et une rémunération correcte.

On sait que les députés ont 6735 € d’indemnité de base + 6082 € d’indemnité de frais de mandat + 8511 € pour rémunérer du personnel : proposons donc à Nicolas Sarkozy de faire pression sur le gouvernement pour accorder aux salariés « ordinaires », en échange d’heures supplémentaires, un salaire de 3350 € par mois. Sûr qu’à ce tarif-là il y aurait des tas de volontaires pour faire des heures supplémentaires.

Raisonnables

Allons, allons, soyez raisonnables ! un salaire à cette hauteur-là n’est pas concevable ! Soyez raisonnables !

Pourtant, dans le rapport publié le 1er décembre par Hewitt Associates, on découvre que les patrons du CAC 40 (Bourse) ont eu droit à une augmentation de revenus de 10,3 % et qu’un patron comme Jean René Fourtou a gagné 22 765 000 € en 2003 soit 1 897 000 € par mois. Et que Arnaud Lagardère a gagné 9 540 000 € en 2003, soit 795 000 € par mois.

Alors, en réclamant 3350 € par mois, les salariés sont encore des gagne-petit !

Patrons :
Par ici les sous !

La société Hewitt Associates, conseil en rémunérations et gestion des Ressources Humaines, a publié son rapport 2004 sur la rémunération des dirigeants des sociétés cotées

L’année 2003 révèle en effet une progression de 6 % de la rémunération globale des présidents de sociétés cotées selon l’indice boursier SBF 120.

« L¹indice SBF 120 est composé des 120 valeurs les plus actives cotées en Bourse. Il comprend les 40 valeurs du CAC 40 auxquelles s¹ajoutent 80 inscrites au Premier Marché et au Second Marché »

Les présidents du CAC 40 voient leur rémunération totale (options incluses) progresser plus rapidement (+10,3 %)
Par contraste, les membres des équipes dirigeantes du SBF 120 et du CAC 40 ont vu leur rémunération globale individuelle baisser respectivement de 7,6% et 8,6%.

Le mode de calcul des rémunérations des dirigeants a changé :
– progression de la part fixe
– diminution de la part optionnelle

Il semble donc que les présidents augmentent leur rémunération
–  tout en modérant celle de leurs collaborateurs,
–  et qu’ils préfèrent les modes de rémunérations tangibles (éléments salariaux)
–  aux modes de rémunérations conditionnels à caractère plus fluctuant.

Ce comportement traduit un certain pessimisme, corroboré par le recul de 1,5 % de l’investissement des entreprises françaises et la faible croissance du PIB (+0,5 %) en 2003.

Même le quart

Juste un chiffre : Jean-René Fourtou, président de Vivendi Universal, a reçu en 2003, un salaire de 2 257 000 € et, en plus, 20 508 000 € de rémunération optionnelle.

Si l’on suppose que, comme la moyenne des autres, il a bénéficié d’une augmentation de 6 % dans l’année, cette augmentation a donc correspondu à 127 754 € dans l’année soit à 10 646 € par mois. Il y a beaucoup, beaucoup, de salariés qui accepteraient de travailler davantage s’ils gagnaient cette somme, et même la moitié de cette somme et même le quart de cette somme !

Les augmentations pour les patrons...
... Les sanctions pour les chômeurs

En même temps qu’on apprend ces augmentations de salaire absolument scandaleuses, on apprend que les Députés (qui gagnent au minimum 6735 .€ par mois), ont voté des sanctions pour les chômeurs récalcitrants.

Ainsi donc, les chômeurs, qui n’ont pas demandé à être mis au chômage, seront sanctionnés s’ils ne retrouvent pas assez vite du boulot ! « Les députés durcissent le ton » peut-on lire dans la presse. Bizarrement, ils ne durcissent pas le ton contre les patrons.

Le mardi 30 novembre 2004, au cours du débat sur la graduation des sanctions, Maxime Gremetz (PCF) a suggéré, pour « montrer l’exemple », que les députés « réduisent progressivement leurs indemnités de parlementaires » en fonction de leur « présence ou de leur absence en commission et dans l’hémicycle ». « Il y a des tas de députés qui empochent 12 millions d’anciens francs par mois et qui ne viennent jamais à l’Assemblée », a-t-il affirmé.

Sa proposition n’a pas été relevée dans un hémicycle plutôt ... clairsemé.


Ecrit le 22 décembre 2004 :

Richissim ....o

Vous êtes fatigué, stressé, pas en forme, le patron vous harcèle ? Ecoutez les conseils de « Madame Figaro » (dans son numéro du 11 décembre 2004). « Faites comme les “very rich people” qui disposent d’adresses "topissimes” pour résoudre leurs petits problèmes de santé. À essayer sans hésiter et, surtout, sans compter... »

Allez donc au Brenner’s Park à Baden-Baden (Allemagne) ou à La Prairie à Clarens-Montreux (Suisse), en compagnie des élites financières du monde, vous pourrez subir tous les examens cardio-vasculaire, pulmonaire, digestif, endocrinien, oculaire, auditif et profiter des SPA (sanete per aqua, la santé par l’eau) avec bain japonais, bain de vapeur, cabine de soins, salle de repos, dans une hôtellerie raffinée et de luxe ... Il ne vous en coûtera que 11 860 € les 6 jours avec suppléments éventuels.

Vous pouvez aller aussi dans une « Mayo Clinic » en Amérique, comme dans celle de Rochester (Minnesota) : « Ici viennent se faire soigner les familles régnantes, les magnats de la finance et tout ce que la planète compte de bienheureux nantis ». Toutes les spécialités médicales possibles et imaginables réunies en un seul et même endroit. Et jamais de liste d’attente. (prix minimum du bilan : 4850 euros).

Si l’alcool vous tourmente, allez donc en Californie : des centres de traitement, massages, acupuncture, yoga etc, vous

sont proposés 30 000 euros par mois, avec un programme d’un mois minimum.

Un peu trop d’embonpoint ? La clinique Cal-a-Vie de San Diego (Californie) propose un programme de rêve. Lever chaque jour à 5 heures, histoire de crapahuter le plus tôt possible dans la nature, et matinées sportives. Après-midi réservés aux soins (seize par semaine). Repas délicieux à moins de 1 400 calories par jour. Cours de cuisine, consultations médicales, diététique et bilan sportif. Le tout proposé dans un cadre superbe : 4850 € par semaine.

Et si vous n’avez aucun problème de santé, allez vous aérer au Royal Palm Hotel, à l’île Maurice : à partir de 9 720 euros, la semaine.

Vous n’avez pas les moyens
de vous payer
ces séjours de luxe ? Ah bon ?
Le MEDEF dit pourtant que
les salariés sont trop payés


Ecrit le 6 avril 2005 :

 Artistes, patrons, sportifs gagnent des sommes indécentes...

Certains reprochent aux smicards de gagner trop...

Dîtes, combien « ils » gagnent ? Le sujet est facile, parfois à la limite de la démagogie. C’est vrai, mais lorsqu’on entend un Ernest-Antoine Seillière critiquer le SMIC, scandaleusement trop élevé à son goût, il est intéressant de se pencher sur le salaire mirobolant de ceux qui « font » l’opinion publique. Marianne, du 12 mars 2005, a fait une enquête :

 État des lieux

Commençons par les Patrons :

– Jean-René Fourtou, PDG de Vivendi :
185 000 € par mois
sans compter le reste qui atteint :
1 600 000 € par mois
– Patrick Ricard, celui du Pernod-Ricard
157 000 € par mois
– Jean Louis Beffa, Saint Gobain
138 000 € par mois
et une plus value de 416 000 €
par mois
– Bernard Charlès, Directeur Général de Dassault Systèmes
1 750 000 € par mois

Comme dit son patron, Serge Dassault :
« il faut quand même que l’on comprenne que nous sommes dans un monde où les concurrents travaillent pour moins cher ».
ll pensait aux ouvriers ...

Les sportifs voltigent en tête :

– Zinedine Zidane : 1 200 000 € par mois
– Lance Armstrong : 1 250 000 € par mois

Les artistes sont des valeurs sûres :

– Gérard Jugnot : 454 000 € par mois
– Michel Sardou : 308 000 € par mois
– Lorie : 150 000 € par mois-
– Patrick Sébastien : 100 000 € par mois
– Jean Marie Bigard : 450 000 € par mois

 Mais, au moins, sportifs et artistes ne trouvent pas que le SMICard (900 € par mois) est trop payé !

Les journalistes sont loin derrière :

– Serge July (Libération) : 11 000 € par mois
– Claire Chazal (TF1) : 22 000 € par mois
– Béatrice Schönberg (France 2) : 12 000 €
– J-Marie Colombani, Le Monde : 37 500 €

A côté de cela les politiques font piètre figure :

– Philippe Seguin, Président de la Cour des Comptes : 11 000 € par mois
– Renaud Denoix de Saint Marc, Président du Conseil d’Etat 11 850 € par mois
– Dominique de Villepin, ministre :
13 300 € par mois.

Les magistrats et policiers font encore moins :

– Guy Canivet, Président de la Cour de Cassation : 4 880 € par mois
– Renaud Van Ruymbeke, conseiller à la Cour d’Appel : 4 120 € par mois
– Martine Monteil, directrice de la Police Judiciaire : 5800 € par mois
– Pascal Mailhos, directeur des Renseignements Généraux : 5400 € par mois.

Quelles valeurs ?

Qu’un PDG gagne 1500 fois plus qu’un petit salarié, qu’un top-modèle vaille 100 fois plus qu’une infirmière, qu’un pied talentueux gagne 50 fois plus qu’un cerveau génial, n’y a-t-il pas là quelque chose d’indécent ?

Les salaires en France ne sont liés ni à la pénibilité, ni à l’utilité sociale.

Ils ne sont fonction que
du pouvoir et de l’image

Il ne reste alors pour les salariés de base, que des clopinettes, ... avec prime de mépris par dessus le marché ?


Ecrit le 6 avril 2005 :

 Le marché aux esclaves

Contrat d’avenir

Le ministre de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a signé le 30 mars les premiers contrats d’avenir, destinés à favoriser le retour à l’emploi des allocataires de minima sociaux.

Le ministre a défini ce dispositif d’emplois aidés comme « la clé de voûte » de la loi de cohésion sociale.

Le contrat d’avenir est destiné aux allocataires de minima sociaux (RMI et allocation spécifique de solidarité principalement, mais aussi allocation de parent isolé).

Il remplace les différents contrats aidés existant précédemment dans le secteur non marchand : CES et CEC (contrats emploi solidarité et contrats emploi consolidé).
Il est conclu pour une durée déterminée de six mois renouvelable dans la limite de trente-six mois. La durée hebdomadaire moyenne de travail est de 26 heures, rémunérée au Smic horaire. Cette durée hebdomadaire, en prenant en compte les actions de formation obligatoires, ne doit pas excéder 35 heures.

Le ministre a fixé pour objectif la signature d’un million de contrats d’avenir sur la durée du plan de cohésion sociale, soit jusqu’en 2008, à raison d’environ 250.000 par an, afin de faciliter à leurs bénéficiaires le retour vers l’emploi durable.

Dans la mesure où ils REMPLACENT les CES et CEC, les contrats d’avenir n’ont pas beaucoup de chance de réduire le chômage ! Par ailleurs la durée (26 heures mini) et le financement, posent de redoutables problèmes.

Chômage en hausse

Après une hausse de 0,7% en janvier, le chômage a augmenté de 0,5% en février avec 12.800 demandeurs d’emplois de catégorie 1 supplémentaires, selon les données corrigées des variations saisonnières publiées par le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale.

Fin février, la France comptait 2.481.100 demandeurs d’emploi de catégorie 1 (immédiatement disponibles). Le taux de chômage restait stable, à 10,1% de la population active.

Sur un an, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 a augmenté de 2,1%. La hausse de février touche davantage les hommes (+0,8 %) que les femmes (+0,2%).

Marché aux esclaves et job dumping

Internet peut tout, même faire baisser le chômage. Un site internet s’est monté en Allemagne, avec le but de faire baisser les salaires. Le principe : une annonce de job est publiée, les chômeurs proposent un salaire pour lequel ils sont prêts à faire ce job, et les enchères peuvent baisser jusqu’à 3 € de l’heure ! voir plus loin

Par exemple en ce moment, on vous propose un travail de secrétaire pour 1240 €, à vous de proposer moins si vous voulez le boulot. Dans certains secteurs en manque de main d’œuvre, les enchères vont dans l’autre sens, c’est l’employeur qui casque ; mais dans la plupart des cas, le job sera pour celui qui demandera le moins d’argent en échange : c’est moderne, transparent, sauvage : efficace !

Ainsi, en Allemagne on fera bientôt comme en Grande-Bretagne : plus besoin de chômeurs puisque la pauvreté est assurée à 100% par le travail.

Avis à ceux qui voudraient lancer un tel site internet en France. On pourrait l’appeler Ernest-Antoine.net ou Seillières.net ou bolkestein.net.

Point net !


Ecrit le 4 mai 2005 :

 La ferme !

L’ancien directeur de la danse de l’Opéra de Paris, la chanteuse et comédienne Régine, le vainqueur de la coupe Davis 1991 Henri Leconte et l’humoriste américain Django Edwards comptent parmi les quatorze « fermiers » de la "Ferme célébrités 2 avec les chanteurs Princesse Erika et Plastic Bertrand, l’ex-animateur Philippe Risoli, l’ex-présentatrice Véronika Loubry, la Miss France 1987 épouse du journaliste-vedette Jean-Pierre Pernaut, et une baronne excentrique. Tous vont découvrir l’agriculture et la vie en autarcie. Quand fera-t-on de la « télé-réalité » avec des grands patrons chargés de vivre avec 500 € par mois ?

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Ecrit le 30 novembre 2005

 Les enchères inversées
ou la dévalorisation du travail

Alors que l’Assemblée nationale est en train de voter un budget faisant un cadeau fiscal de 885 millions d’euros par an aux 100 000 personnes qui gagnent plus de 220 000 euros (soit 8 850 euros par personne en moyenne), on voit se développer sur Internet des « enchères salariales inversées ».

Michel Lamy, secrétaire national CFE-CGC, s’insurge contre cette pratique. Comment en effet admettre que des salariés puissent obtenir du travail en proposant eux-mêmes des salaires toujours plus faibles ? Non seulement c’est odieux socialement, mais c’est stupide économiquement. On s’étonnera ensuite de voir diminuer la consommation des ménages !

Comment des gens qui gagnent ... 150 000 € par mois (voire plus), peuvent-ils admettre que des salariés vivent avec 750 € ?

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Ecrit le 30 novembre 2005 :

 Tristesse au SBF

Pour la septième année, PROXINVEST présente son rapport consacré à la rémunération des dirigeants des sociétés françaises cotées, et note une baisse de 9 % des rémunérations des présidents du SBF 120 (c’est-à-dire des 120 sociétés cotées en Bourse qui constituent cet indice).

Selon ses calculs PROXINVEST estime à 5,6 millions d’euros la rémunération annuelle des 40 sociétés les plus importantes (soit 467 000 € par mois).

Et 1,85 millions d’euros la rémunération moyenne des 80 autres sociétés (soit 154 000 euros par mois)

Si tous ces grands patrons, qui font la loi en France et à Bruxelles, paient des impôts à 60 % maxi, il leur reste quand même entre 61 600 et 186 800 € par mois.
Une misère !

Source : http://www.proxinvest.fr/Proxinvest_Rem2005_communique.pdf


Ecrit le 31 mai 2006 :

 BNP PARIBAS

Le groupe enregistre un nouveau trimestre record grâce aux performances de ses activités de marché. Le bénéfice net dépasse pour la première fois les 2 mds d’€, à 2,013 mds d’€, en hausse de 17 %. Les clients de la banque sont sans doute bien contents. A propos, la banque fait-elle un effort pour prêter aux personnes ayant été malades ?

 SOCIÉTÉ GÉNÉRALE

Encore une banque qui va bien : elle enregistre un excellent premier trimestre, porté par la progression « sensible » de ses revenus dans tous ses métiers. Le bénéfice net des réseaux France progresse de ... 31,7 % (316 millions), celui des réseaux étrangers de 18,1 % (111 millions).

 SALAIRES

Selon La Tribune (quotidien économique) du 24 mai 2006, la France, est un eldorado pour les entreprises et les capitaux étrangers. « Le flux d’investissements étrangers a plus que doublé dans l’Hexagone entre 2004 et 2005, et les projets internationaux se multiplient. De fait, la France offre les coûts d’implantation les plus faibles des principaux pays européens, grâce aux factures avantageuses de l’énergie, des transports ... et des salaires ».
NDLR : Et pourtant le gouvernement, le patronat, et les grands médias, ne cessent de culpabiliser les travailleurs. Demandez-leur donc s’ils seraient capables de vivre avec 1000 € par mois ?

 SODEXHO

Le n° 2 mondial de la restauration collective affiche une forte croissance de sa profitabilité au 1er semestre 2005-2006. Le bénéfice net bondit de ... 70,9 %, à 160 millions d’€.

5000 licenciements

Face au renchérissement des matières premières, à la concurrence internationale, à la pression sur les marges et à une stagnation de l’activité, les suppressions d’effectifs se multiplient chez les équipementiers français. La liste des équipementiers touchés en 2006 est longue : Sanden, Setforge, Heuliez, Mecaplast, CF Gomma, Timken, Cadence Innovation et FAB... Jacques Monnet, le délégué général de la Fédération des industries des équipements pour véhicules, estime qu’il y aura 5000 suppressions d’emploi en 2006 et que cette décélération se poursuivra les années suivantes.

 Accaparer les matières premières

Mais pourquoi monte le prix des matières premières ?
Dans la crise économique et financière mondiale que nous connaissons actuellement, le monde de la finance cherche à se procurer des avoirs physiques, des ressources naturelles qu’il pourra commercialiser à l’avenir.

« Les puissances financières essaient donc de contrôler les marchés des matières premières. Elles font monter les prix en flèche, jusqu’à des sommets, en renchérissant les unes contre les autres, et se les échangent entre elles, jour après jour. Tout est fait par un groupe de financiers. (...) Voilà l’origine de cette inflation. Ils veulent contrôler les avoirs réels, l’immobilier, les systèmes de gestion de l’eau, l’eau elle-même. Ils accaparent les produits alimentaires. Ils veulent vous posséder et décider qui vivra ou qui mourra » dit Lyndon Larouche dans « Solidarité et progrès »

Ne nous y trompons pas. De même qu’on a vu à Châteaubriant un chef d’entreprise couler délibérément son entreprise, il y a,au niveau mondial, une volonté de couler l’ensemble de l’économie ! Lorsque les gouvernements seront en faillite et impuissants, les financiers seront propriétaires de toute la richesse. Les gens seront transformés en ESCLAVES.


Ecrit le 17 janvier 2007

 Hauts salaires : et en plus ils se foutent de nous

Laurence Parisot, présidente du Medef, et Bertrand Collomb, président de l’Association française des entreprises privées (AFEP), ont présenté, mardi 9 janvier, un document commun de « recommandations sur les rémunérations des dirigeants mandataires sociaux de sociétés cotées ».

Faut-il rappeler que, selon le cabinet Proxinvest, la rémunération moyenne des grands patrons français, représente en moyenne l’équivalent de 300 fois le SMIC ? Ce n’est qu’une moyenne ! Le PDG de L’Oréal gagnait déjà 470 fois le SMIC en 2005.

Dans leur document d’une dizaine de pages, Mme Parisot et M. Collomb se prononcent pour « une gouvernance des entreprises françaises qui soit aussi exigeante, intelligente et exemplaire que possible ». Pour la présidente du Medef, cela signifie que la rémunération des dirigeants doit être établie selon des critères « lisibles, compréhensibles et repérables » pour les actionnaires, les salariés, comme les hommes politiques. « Nous voulons que les entreprises françaises aient un mode de gouvernance reconnu mondialement. Très vertueux, notamment par rapport aux Etats-Unis », a précisé Mme Parisot en précisant tout de même que « On ne peut pas appliquer la morale à une grille de salaires »

Patrons gloutons

Les principes retenus : « la rémunération des dirigeants doit être mesurée, équilibrée, équitable et renforcer la solidarité et la motivation à l’intérieur de l’entreprise ».
[ndlr : il y a des solidarités inversées : les salariés de base renonçant chacun à un peu de leur salaire pour que le grand patron ait un grand salaire. Mais qu’est-ce qu’ils en font de ces salaires pharaoniques ?]

Mme Parisot considère qu’il est normal qu’il y ait « des rémunérations élevées, voire très élevées si elles sont liées à des critères de talent, de performances et d’efficacité ».

Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam), estime que ce document MEDEF-AFEP n’est pas suffisant pour éviter les scandales. Et elle revendique le droit, pour les actionnaires, de fixer les principes de rémunération des dirigeants, alors que, dit-elle, ces rémunérations sont fixées par « des administrateurs, choisis par les PDG ! »

Rappels : LA LOI

En 2001, la loi sur les nouvelles régulations économiques impose la publication de la rémunération des dirigeants des entreprises. En 2003, la loi de sécurité financière exclut les patrons des sociétés non cotées. Ya des exclus partout !!

LES AFFAIRES.

En 2005, Daniel Bernard, ex-président de Carrefour reçoit 29,5 millions d’indemnités de départ. En 2006, Noël Forgeard, qui a levé des stock-options avant la chute du cours d’EADS, est soupçonné de délit d’initié. Et Antoine Zacharias, PDG de Vinci, se fait octroyer près de 300 millions d’euros avant d’être limogé.

AUGMENTATIONS

Selon le journal économique Les Echos d’avril 2006, un quart des grands patrons a été augmenté de plus de 20 % en 2005.
Seulement 20 % ? Les pauvres !.

Bouclier fiscal

Le « bouclier fiscal » est entré en vigueur en 2007, sur les revenus de 2006 : ceux qui auraient payé plus de 60 % d’impôts (en comptant : impôt sur la fortune, taxe d’habitation, etc) peuvent en demander le remboursement.

Ainsi, quelqu’un qui gagne 300 fois le SMIC est sûr de conserver 40 % de ses revenus soit .... 120 fois le SMIC. Ca devrait lui suffire pour vivre !

(ndlr : Sarkozy veut ramener le bouclier fiscal à 50 %)

indemnisation du chômage - sanctions

Le SMIC : trop cher payé

 Les indemnités des députés

Voir assemblée nationale

Avril 2010 : Les hedge funds vont bien