écrit en juin 2008
Tout est bon dans le cochon
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Dans le cochon élevé bio, évidemment, car pour le reste… Le Canard Enchaîné cite un rapport de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) dont les experts ont inspecté les abattoirs de l’Union européenne pour compter le nombre de porcs contaminés à la salmonelle (bactérie responsable de diarrhées chez 160 000 Européens chaque année). Après avoir analysé sang, viandes, glandes lymphatiques, etc., de 19 159 cochons, l’EFSA a découvert qu’un porc sur dix était porteur de salmonelles. La France, avec presque le double de la moyenne européenne, fait figure de « bonne » élève.
Si l’on n’examine que les carcasses, il y en a chez nous deux fois plus contaminées que dans le reste de l’Europe. Et si tout cela était dû au manque d’hygiène lors de l’abattage ? C’est du moins ce que dit l’EFSA.
Mauvaise langue !
En novembre dernier, en effet, la Direction générale de l’alimentation reconnaissait, dans une note confidentielle, que 42 % des abattoirs sont hors normes ! Selon le journal Le Point, « de l’aveu même de la DGAl, ce sont ainsi plus de 700 000 tonnes de viandes de bœuf, veau, mouton… et environ 500 000 tonnes de poulets qui, chaque année, sortent d’abattoirs non conformes ». « Ces classements sont à usage interne à l’administration, insiste-t-on à la DGAl. Ils ne permettent pas directement de conclure qu’il y a un risque pour le consommateur. » Il n’empêche que la viande abattue dans ces établissements est interdite à l’exportation en dehors de l’Union européenne…
San-thé
Décidément, on ne sait plus ce qu’on nous fait manger, et on s’étonne de voir les cancers se développer.
Des chercheurs de l’université McGill (Canada) se sont intéressés aux sachets de thé. Ils ont acheté quatre thés commerciaux emballés dans des sachets en plastique. Ils ont ouvert les sachets pour retirer les feuilles de thé afin qu’elles n’influencent pas leur analyse. Ils ont ensuite fait tremper les sachets vides dans de l’eau chaude pour simuler l’infusion. Au moyen de la microscopie électronique, ils ont constaté qu’un seul sachet de plastique, soumis à la température d’infusion, libérait quelque 11,6 milliards de microplastiques et 3,1 milliards de nanoplastiques dans l’eau. Ces niveaux sont des milliers de fois supérieurs à ceux auparavant détectés dans d’autres aliments.
L’équipe s’est aussi intéressée aux effets des particules libérées sur Daphnia magna, une puce d’eau servant souvent de modèle dans les études environnementales. Les chercheurs l’ont exposée à diverses concentrations de micro- et nanoplastiques provenant des sachets de thé. Les puces d’eau ont survécu, mais ont présenté des anomalies anatomiques et comportementales. Il faut maintenant poursuivre les recherches pour établir si ces particules de plastique ont des effets plus subtils ou chroniques chez l’humain.

