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Accueil > Thèmes généraux > Libertés, justice, Droits Homme > Justice > Justice : tendre pour les grands, impitoyable pour les petits

Justice : tendre pour les grands, impitoyable pour les petits

Ecrit le 24 décembre 2003 :

 COUP DE GUEULE

Justice ? Que d’erreurs on commet en ton nom !

Les syndicats de magistrats le dénoncent de plus en plus : la police prend le pas sur la justice, la suspicion se généralise. Tremblez citoyens, baissez la tête, reconnaissez que vous êtes coupables. Et nul ne vous en sera reconnaissant.

Le paragraphe ci-dessus n’est pas un effet de style. Il s’appuie sur des faits réels. On pourrait les raconter, on pourrait donner des noms, mais cette liberté-là on ne l’a pas, parce qu’une sanction supplémentaire risquerait de s’abattre. Il est navrant que constater que, dans notre pays, on ne peut plus parler : si tout le monde parlait, criait sa colère, cela pourrait peut-être faire quelque chose. Mais il n’y a que des individus qui parlent, les autres laissent faire.

Vous étiez 20 et 100
Vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants
Dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit
De vos ongles battants
Vous étiez des milliers
Vous étiez 20 et 100. (...)

La lune se taisait
Comme vous vous taisiez.....

La situation se dégrade de jour en jour. Les inégalités se creusent, ce sont toujours les mêmes qui sont écrasés.

Vous ne me croyez pas ? Vous voulez des noms ?

Alcoolos

Prenez deux hommes : un Sous-Préfet et un ouvrier agricole. Alcooliques tous les deux.

Le premier a un chauffeur, s’il a un retrait de permis, il s’en fout. Le second sera condamné simplement pour conduite en état d’ivresse même sans accident corporel. Il n’aurait pas dû conduire, c’est vrai. Mais il n’a pas de chauffeur, lui.

La premier a un alcoolisme « sympathique » : connu de tout le monde, tout le monde en rit, mais pas méchamment. Le second perd son emploi, encore heureux s’il n’est pas condamné à de la prison ferme

Vous ne me croyez pas ? Vous voulez des noms ? Si le Sous-Préfet vous gêne, je peux vous indiquer un Conseiller Général, ou un maire, ou un adjoint au maire, ou une autre « autorité », ou un acteur célèbre, etc.

Humiliez-vous
Sinon on le fera pour vous

Prenez deux hommes, convoqués par la justice. Un homme politique, ou un promoteur immobilier, qui ont détourné des millions. L’autre, ouvrier agricole, n’a commis qu’un petit délit.

Le premier se présente devant la justice, accompagné d’une nuée d’avocats et d’experts. On le respecte. Peut-être sera-t-il condamné. De toutes façons il sera réélu et percevra de confortables indemnités de fonction.

Le second n’a pas les moyens de se payer un avocat. Il se présente seul sans avoir le droit d’être accompagné. Le procureur n’a pas de mots assez durs pour le stigmatiser. L’homme s’est racheté depuis près de deux ans, mais on met encore en doute sa bonne foi. Taisez-vous ! Vous êtes coupable ! Et si vous vous dites trop lourdement condamné, c’est que vous n’avez pas compris la condamnation. Pas de pitié, pas de cadeau. Pas d’aménagement de peine. Humiliez-vous. Et si vous ne vous humiliez pas, on le fera pour vous !

Vous ne me croyez pas ? Vous voulez des noms ?

Sur dossier

Prenez deux hommes qui se présentent devant la justice. Aucun d’eux n’a commis ni meurtre, ni coups ; ni blessures.

Le premier est un homme public, un dossier important l’accompagne. Les lettres venant d’un député, d’un président de chambre de commerce, etc, impressionnent favorablement. Une discussion « entre hommes raisonnables ». Une admonestation « vous avez manqué de discernement et de prudence » . On en restera là.

Le second est un « petit ». Il a retrouvé du travail. Un certain nombre de personnes font des attestations en sa faveur, montrant que, désormais, il a remonté la pente. Mais ce « bon » dossier ne vaut rien. « Il est trop bon, votre dossier », lui disent l’assistante sociale, le juge, le procureur. On met en doute sa remontée, et la bonne foi de ceux qui l’entourent. « Vous avez besoin de tant de monde autour de vous ? ».

Vous ne me croyez pas ? Vous voulez des noms ?

J’accuse

Alors je vais vous dire. Celui qui a fait une faute, un jour, et qui se fait traiter de cette façon, en conçoit une légitime haine de la société.

Mais il n’est pas le seul. Ceux qui, autour de lui, sont juges du peu de gravité de sa « faute », de la lourdeur et de l’inhumanité de la justice, en conçoivent aussi une haine de cette prétendue justice, qui protège les forts et écrase les humbles.

Je voudrais, comme ZOLA, crier « J’ACCUSE », crier ma colère aux oreilles des policiers et des magistrats, des députés et des sous-préfets, de ceux qui sont bien à l’aise dans leurs fauteuils, bien sûrs de leur bon droit, bien sûrs d’être des gens « bien ». Je voudrais le leur dire de vive voix, face à face.

Mais ce n’est pas possible parce que quelqu’un en pâtira. Pas moi. Mais les « petits » qui sont autour de moi.

« Petits » ? oui, par leur situation, par leurs revenus, par la malchance qui les poursuit. Mais qui ne sont pas petits en humanité.

 

B.Poiraud

 


(cette lettre a été envoyée au Sous-Préfet de Châteaubriant. Aura-t-elle une réponse ?) (note du 1er juillet 208 - aucune réponse. Pas même un accusé de réception)

Comme le scorpion (extraits)

Comme le scorpion, mon frère
Tu es comme le scorpion
Dans une nuit d’épouvante ...

Comme le moineau, mon frère
Tu es comme le moineau
Dans ses menues inquiétudes...

Comme la moule, mon frère
Tu es comme la moule
Enfermé et tranquille ...

Tu es terrible mon frère
Comme la bouche d’un volcan éteint (...)

Quand le bourreau habillé de ta peau
Quand le bourreau lève son bâton
Tu te hâtes de rentrer dans le troupeau
Et tu vas à l’abattoir en courant presque fier .... (...)

Et s’il y a tant de misères sur terre
Irais-je jusqu’à dire que c’est de ta faute ?
Non, mais tu y es pour beaucoup,
Mon frère

(chanté par Yves Montand)


Ecrit le 3 mars 2004 :

  Justice ? Justice ? Vous voulez quoi encore ?

Egalité devant la loi ?

Chacun a entendu parler du jugement condamnant Alain Juppé.

Dans le numéro 18357 du Monde (daté Dimanche-Lundi 1-2 février 2004) on trouve la somme d’argent public « détournée » durant la période des emplois fictifs. On estime cette fraude à 1,2 millions d’euros... Dans le même numéro, on trouve la condamnation d’un internaute coupable d’avoir vendu des disques copiés, pour une somme totale de 5 511 euros... L’homme est veuf avec trois enfants à charge.

– Alain Juppé = 1 200 000 euros à la Ville de Paris = 18 mois de prison avec sursis.
– L’internaute = 5 511 euros aux maisons de disque = 6 mois fermes.

– Alain Juppé = vol de fonds publics = jugement trop sévère = intervention sur TF1.
– L’internaute = vol de sociétés privées = bon jugement = ferme ta gueule.

– Alain Juppé = « consternation » = campagne de soutien.
– L’internaute = bien fait pour sa gueule = rien.

On dira : « Alain Juppé n’a pas fait d’enrichissement personnel ». C’est sans doute exact mais en faisant la promotion de son parti il travaille à sa propre élection (ou réélection) avec honneurs et indemnités confortables.

Pour le veuf, père de trois enfants, il ne s’agit pas non plus « d’enrichissement » personnel car il n’en est sûrement qu’au stade de la survie.

Rapprochements ...instructifs. Subversifs ?

[Juppé : de moins en moins coupable. Lire plus loin]


 Cesare Battisti

Durant les années 70 et 80, l’Italie connaît un affrontement politique sans précédent lorsque des groupes d’extrême gauche décrètent la lutte armée. Après ces années de plomb, certains de ces militants s’exilent en France. En 1985, le président de la République François Mitterrand accorde l’hospitalité à ceux qui ont rompu « avec la machine infernale du terrorisme ».

Accusé de braquages et de meurtres qu’il a toujours niés, Cesare Battisti arrive en France en 1990 pour être incarcéré à la prison de Fresnes. Il y passe cinq mois pendant lesquels son dossier est examiné par la cour d’appel de Paris qui décide de ne pas l’extrader.

Ce respect de la parole donnée a été bafoué par la décision du gouvernement Raffarin d’incarcérer Battisti à la prison de la Santé depuis le 10 février 2004 dans l’attente de son extradition en Italie.

Condamné en 1987, à la prison à vie par un tribunal militaire sur la foi de témoignages de militants « repentis », Battisti ne peut pas, selon une loi italienne héritée de Mussolini, être rejugé et s’il est extradé, au mépris des lois françaises et de l’engagement pris en 1985 par le président de la république, Battisti finira sa vie dans un cachot.

Lettre à ...

Daniel Pennac, écrivain, a écrit à Cesare Battisti : « Le 10 juillet 1880, neuf ans à peine après la Commune de Paris (insurrection qui fit 30 000 morts !), les condamnés étaient graciés et amnistiés. Nous sommes en 2004, les faits qui vous sont reprochés (dont les plus graves n’ont pas été prouvés) remontent à plus de trente ans, et vous voilà de nouveau jeté en prison, trahi par le pays qui vous avait garanti le refuge, et menacé d’être livré à celui qui vous refuse le pardon.

Comment expliquer aux jeunes générations une pareille régression des mœurs politiques ? Et comment faire comprendre à ceux qui nous gouvernent qu’en agissant ainsi ils créent des conditions de désespoir qui ont jeté dans la lutte armée l’adolescent que vous étiez dans les années 1970 ?

Certes, les ministres passent et le soutien que d’innombrables voix vous proposent sera plus durable que nos gouvernements respectifs ; mais c’est une piètre consolation si l’on songe au type de société qu’engendrent des comportements où l’on peut renier la parole donnée par un chef d’Etat, et où la justice s’apparente à la vengeance - quand on ne cherche pas à la museler.

Bien entendu, je souhaite ardemment me tromper, et que, sensible aux arguments qui lui sont présentés, mon gouvernement demeurera fidèle à la garantie de protection qui vous a été accordée. »

© Le Monde

M. Battisti s’est installé en France en 1990. Titulaire d’un titre de séjour - valable jusqu’en 2007, selon ses avocats -, ce père de deux filles gagne sa vie comme gardien d’immeuble, dans le 9e arrondissement de Paris. Devenu romancier, il terminait un nouvel ouvrage quand il a été arrêté, le 10 février, puis mis sous écrou extraditionnel à la prison de la Santé, à Paris.

A propos des « terroristes » italiens et des FARC (note du 4 juillet 2008), lire ici : Du terrorisme, des terroristes, de Dieu


 Viol

Une femme à la maison
Son fils en prison
L’avocat : ami de la famille.

La mère écrit à son fils.
On retrouve la lettre au cabinet de l’avocat. Ah bon ? On a perquisitionné ? Pourtant, jusqu’ici, le cabinet d’un avocat était inviolable. La loi a-t-elle donc changé ?

Une perquisition chez la mère ne permet de trouver aucune lettre du fils à sa mère.Une perquisition dans la cellule du fils ne permet de trouver aucune lettre de la mère à son fils.

Oui mais, la lettre chez l’avocat ....

L’avocat, après une garde à vue de plus de 10 heures, est poursuivi pour transmission de courrier à un client écroué.

Rien ne prouve qu’une lettre ait été transmise. Mais, des soupçons ...

Le procureur de la République de la Sarthe invente une nouvelle notion juridique : il dit qu’il existe « des éléments de non-innocence » !

L’avocat est renvoyé devant le tribunal correctionnel où il demande à deux de ses confrères de le défendre. « S’il a deux avocats, c’est qu’il n’est peut-être pas si innocent que cela », estime le procureur qui, décidément, cherche un coupable.

Inquiétant........ Décision le 22 mars.


Serge Adry

Pour le procès en appel qui concerne Serge ADRY, secrétaire de l’Union Locale CGT de Châteaubriant (et deux militants Force Ouvrière), un car partira à 12h30 précises le mardi 2 mars de la Place Charles de Gaulle à Châteaubriant .

Dans cette affaire il s’agit de la liberté de parole d’un syndicaliste, et de la défense du droit syndical : celui de revendiquer et de s’organiser dans les entreprises.

Jugement rendu le 27 avril 2004

(ndlr : c’est encore une condamnation. Serge Adry l’a découvert ... dans la presse ! )


Ecrit le 8 décembre 2004

 Juppé : larmes et colère

C’est dit et c’est définitif puisque son avocat ne veut pas se pourvoir en cassation : Alain Juppé a été condamné, le 1er décembre 2004, par la cour d’appel de Versailles, à 14 mois de prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité d’un an. C’est un peu moins que ce que l’accusation avait requis (18 mois de prison avec sursis et 2 ans d’inéligibilité) et beaucoup moins que le verdict de la première audience (10 ans d’inéligibilité).

Reconnu coupable de prise illégale d’intérêt l’ex-secrétaire général du RPR (1988-1995) et adjoint aux finances à la mairie de Paris (1983-1995) a bien couvert la rémunération par la Ville de sixpersonnes qui travaillaient en réalité pour le parti gaulliste.
Me Jean-Pierre Mignard, avocat de la Ville de Paris, s’est dit « satisfait » du jugement. « Les responsabilités pénales sont confirmées, ce qui signifie que les créances de la Ville de Paris seront recouvrées », a-t-il dit. La Ville réclame 1 235 000 euros pour le remboursement des salaires indûment versés. Espérons que les petits voleurs d’auto-radios bénéficieront de la même mansuétude des tribunaux (on en doute !)

L’ancien Premier ministre sort meurtri de ses démêlés judiciaires, mais son avenir politique reste ouvert. On pourra par exemple compter avec lui en 2007... En attendant il a quitté la mairie de Bordeaux avec des larmes dans la voix. Emouvant.

Mais plus émouvant encore est le sort des milliers de travailleurs chassés de leur emploi ....


Ecrit le 14 septembre 2005 :

 La justice se hâte !

Cassation d’un arrêt condamnant un
militant anti-Erika pour dégradation

La cour d’appel de Rennes (voir La Mée du 7 avril 2004) avait condamné Alain Malardé, figure médiatique du combat pour les victimes de l’Erika, à payer 67 909 € au FIPOL (fonds d’indemnisation) et à la Compagnie d’assurance de l’Erika, pour des dégradations commises dans les bureaux de la société Erika à Lorient.

La Cour de Cassation a cassé cet arrêt, estimant qu’il n’y avait pas de lien direct entre les dégradations commises et l’éventuel préjudice du FIPOL ou de la compagnie d’assurances.

L’arrêt de la chambre criminelle en date du 16 novembre 2004 n’a été signifié aux parties que le 2 septembre 2005. Dix mois .... c’est mieux que rien !

Une citoyenne a porté plainte pour escroquerie et abus de faiblesse, auprès du Procureur de la République de Nancy. Elle a été entendue par la Brigade financière le 8 avril.
Et ce n’est que le 5 septembre qu’elle a reçu récépissé de cette déclaration. Cinq mois ... enfin bon ...


Ecrit le 14 septembre 2005 :

 Création d’emplois de sécurité

Ils sont « jeunes retraités » de la police, de l’armée, de la pénitentiaire. Le ministre de la Justice, Pascal Clément, leur propose de reprendre du service pour assurer la sécurité dans les Tribunaux, moyennant un complément de rémunération.

Pour le Ministre, cela coûterait 4 à 5 fois moins cher que de faire appel à des sociétés privées.

Mais pour les syndicats de greffiers et de magistrats, cette solution est inacceptable en période de chômage.

Quand Sarkozy parle de diviser par 2 le nombre de fonctionnaires, on comprend comment .......


Note du 13 décembre 2008

Suicide en prison : http://www.maitre-eolas.fr/2008/12/12/1243-la-lettre

voir libertés syndicales

Travail au noir

La justice est mal faite : http://www.maitre-eolas.fr/2008/12/18/1249-lettre-au-pere-noel